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Des ministres limogés Le couperet s’abat sur les cous

Saoudi El Amalki

Au moins le remaniement ministériel survenu, il y a des jours, aura servi à jeter des « pendards » dans la poubelle de l’histoire. Nombre de ministres voient leur mandat abrégé sans nul gloire, pour avoir failli à leurs tâches. On pourra en citer bien des cas, plus particulièrement, au sein de l’enseignement supérieur. Au fait, on se soulage de l’ablation du mal qui, dès la nomination du ministre limogé à la tête du secteur, a affreusement gangréné. En plus de la chronicité désastreuse de la situation des étudiants de médecine aux dépens desquels il a perpétué l‘arrêt des études, pendant des mois, il a semé l’anarchie à pratiquement la moitié des universités du royaume, demeurées sans présidents, y compris celle de Mohammed V de Rabat pour des motifs vindicatifs. Durant son passage mitigé, il n’a fait que compromettre la dynamique de l’enceinte universitaire, en mal de gouvernance. Au temps de l’ancien ministre, il avait été entouré de tous les égards, mais se montrait par la suite, ingrat et disgracieux. Il s’est fait des contrariés, au point de retrouver ses collègues sur son dos et créer tensions et rancœurs parmi tous ses collègues de l’enseignement supérieur, exceptés certains renégats qui, en fin de compte, ont joué la carte perdante. Durant l’exercice, fort heureusement laconique, le ministre en question n’aura causé que du tort à ce secteur névralgique, à travers son comportement saumâtre et son action pour le moins que l’on puisse dire inappropriée à l’un des leviers fondateurs de la formation des cadres dont le pays aura grandement besoin. « La plus belle femme ne peut donner que ce qu’elle a, mieux vaut souvent qu’elle le garde ! », disait Paul Valéry, le philosophe français du 19ème siècle, à ce propos. A quoi pourrait-on s’attendre de soi-disant responsable auquel la gestion et la vision lui font défaut, sans qu’il ne se donne assez de peine afin de s’en remettre d’aplomb, puisqu’il n’en fait qu’à sa tête ? D’autant plus qu’il s’est lâchement dérobé du grand bien qu’on lui avait fait, avant qu’il ne jouisse de son porte-feuille. Aujourd’hui, il n’est plus qu’une réminiscence si lugubre que nul n’en garde le moindre souvenir, dans les annales de l’enseignement supérieur ! Dans les larges milieux du secteur, en particulier parmi les compagnons d’hier, on ne regrettera jamais son départ, tout en espérant beaucoup de bien en son successeur, émanant aussi de la même trempe, pour remédier à ces déficiences et redorer le blason d’un département crucial, lourdement affecté par les approximations du ministre évincé.

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