L’Espagne est en plein doute sur les diplômes de ses dirigeants. Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a dû se défendre avec virulence face aux accusations de plagiat dans sa thèse.
« Les informations apparues dans certains médias soutenant l’existence de plagiat dans la rédaction de ma thèse de doctorat sont absolument fausses », a tweeté le socialiste. « J’entreprendrai des actions en justice, pour défendre mon honneur et ma dignité si ce qui a été publié n’est pas rectifié », a poursuivi Pedro Sanchez.
Des sources non citées
Le quotidien conservateur ABC l’accuse d’avoir eu recours au plagiat dans sa thèse de doctorat en économie, soutenue en 2012 à l’université privée Camilo José Cela, non loin de Madrid, et intitulée « Innovations de la diplomatie économique espagnole : analyse du secteur public (2000-2012) ».
Alors inconnu du grand public, Pedro Sanchez aurait, selon ce journal, repris sans les citer des articles d’autres économistes, des rapports gouvernementaux et même le journal officiel espagnol. Afin de lever les soupçons, Sanchez, dont la thèse n’était pas jusqu’ici consultable en ligne contrairement à d’autres travaux universitaires, a annoncé quelques heures plus tard qu’il la rendrait « disponible dans sa totalité ».
Personnages publics déchus
Dans un communiqué, l’université dont est diplômé Pedro Sanchez a annoncé avoir examiné la procédure d’attribution de son doctorat. Elle confirme qu’elle s’est faite en respectant les « contrôles habituels en milieu universitaire ».
Le doute est entretenu par de nombreuses révélations ces derniers mois dans le pays. Des personnalités politiques, aujourd’hui déchues, auraient reçu des diplômes de complaisance. Dernière victime en date, la ministre de la Santé de Pedro Sanchez, Carmen Monton, qui a démissionné mardi. Selon des médias, elle avait obtenu un master dans des conditions douteuses et eu recours au plagiat dans son mémoire de fin d’études.
Avant elle, la présidente conservatrice de la région de Madrid, Cristina Cifuentes, avait également dû démissionner pour des accusations similaires sur son master. Et la justice enquête sur le parcours universitaire du président du Parti populaire (PP) et chef de l’opposition Pablo Casado, également parsemé de zones d’ombre.