A la une | International

France: en conflit avec Macron, le chef d’état-major des armées démissionne

Le chef d’état-major des armées français Pierre de Villiers, en conflit avec le président Emmanuel Macron au sujet des coupes prévues dans le budget défense, a démissionné mercredi, une décision sans précédent qui marque la première crise d’ampleur du quinquennat.

« Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français », écrit le général de Villiers en annonçant son départ, dans un communiqué.

Le maintien ou non en poste du chef d’état-major des armées agitait depuis plusieurs jours les milieux militaires, alors qu’Emmanuel Macron a multiplié les rappels à l’ordre brutaux à l’égard du général 5 étoiles.

A l’origine de la colère du chef de l’État, les critiques formulées par le général sur les 850 millions d’euros d’économies réclamées cette année aux armées, dans un contexte de serrage de vis budgétaire global, avec une baisse prévue de 4,5 milliards d’euros des dépenses de l’État en 2017.

Après avoir sèchement recadré le général de Villiers la veille du 14 juillet devant un parterre militaire interloqué, en martelant « je suis votre chef » et en reprochant à son chef d’état-major, sans le nommer, d’avoir mis de façon « indigne » une polémique budgétaire « sur la place publique », le président a enfoncé le clou dimanche en n’excluant pas de lui retirer sa confiance.

« Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change », a asséné M. Macron dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Personnalité intègre et rugueuse, apprécié de ses hommes, Pierre de Villiers s’était exprimé dans un langage fleuri quelques jours auparavant devant la commission Défense à l’Assemblée à huis clos, assurant qu’il n’allait pas se « laisser baiser » et que la situation des armées françaises n’était « pas tenable ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *