Saoudi El Amalki
La capitale du Souss s’est bien relookée par le PDU. Des artères bordées de verdure et de lumière, des parcs érigés en oripeaux de fleurs chatoyantes, des complexes ouverts à tous les goûts diversifiés, des espaces de loisirs surplombant l’océan luisant…
Un souffle ressourçant rafraichit les veines d’une ville en pleine fermentation. Tout semble s’imbriquer à merveille pour faire revêtir à la cité cette robe en dentelle de fée…
Et comme par enchantement, l’art s’entremêle afin de couronner cet embellissement, par le biais des fresques murales, amoureusement enfantées sur les façades de nombre de bâtisses saillantes à l’adresse des regards épatés. Ce n’est nullement des gravures à l’emporte-pièce qui sont proposées aux passants, mais des cartes postales qui renvoient à l’identité traditionnelle de la région, comme Tata, Chtouka ou encore Tafraout, avec des indices naturels tels l’ibis chauve, emblème de la faune littorale ou la théière et les verres, symboles de l’hospitalité locale…
C’est un beau voyage incitant à la contemplation de la splendeur des œuvres artistiques et la fierté des images du patrimoine régional suggéré avec faste sur les bâtiments de la ville. C’est également une invitation à la méditation sur les chef-d’œuvres qui s’offrent aux yeux, recherchant la dissimulation de la rusticité et la rudesse du béton pour en trouver de la véridicité et la vitalité de la sociabilité commune de la cité. Une recherche harmonieuse et raffinée entre le bon incarné par l’utilité du bâtiment et l’agréable ressenti par le ravissement des tableaux…
Une belle initiative à louer vivement puisqu’elle met en évidence la nécessité de se sentir bien dans sa peau face à des incarnations quotidiennes de notre essence et notre appartenance. Espérons que ces quatre suggestions d’une beauté saisissante seront relayées par une multitude d’images séduisantes, au lieu de se limiter à ces matraquages publicitaires qui s’emparent du champ visuel de notre quotidien…

