Le discours adressé par le Roi Mohammed VI à la nation à l’occasion du 18è anniversaire de la fête du Trône, offre une radioscopie réaliste des dysfonctionnements au sein de l’administration et parmi la classe politique et trace une feuille de route pour restaurer la bonne gouvernance publique, a relevé Jamal Diwani, économiste et membre de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) Souss-Massa.
« Le discours royal a porté principalement sur le développement de la nation. SM le Roi a confirmé la solidité du modèle de développement socio-économique choisi sans pour autant nier que les réalisations sur le plan économique, tiré par un secteur privé plutôt efficace et efficient, n’ont pas de corollaire sur le plan social », analyse M. Diwani dans une déclaration à l’agence de presse MAP.
Pour ce docteur en économie et entrepreneur, qui préside également la commission du Développement social au sein du conseil de la région Souss-Massa, cette situation résulte de trois facteurs: une administration peu responsable et dépourvue de compétences, des partis politiques peu enclins à l’encadrement des citoyens et profitant de la rente politique et un système de gouvernance des institutions qui manque d’engagement et de créativité nécessaires à l’optimisation des ressources et à la mise en œuvre rapide des projets socio- économiques.
Le Souverain a établi le parallèle entre d’une part un secteur privé globalement efficace et performant, et d’autre part une administration lente, d’où l’importance, selon l’analyste, de privilégier au sein de l’administration « la compétence, le sens de la responsabilité mais aussi introduire une bonne dose de créativité ».
M. Diwani a en outre indiqué que le secteur public lui-même avance à deux vitesses, selon le diagnostic de SM le Roi qui a aussi mis en cause, entre autres, la responsabilité des centres régionaux d’investissement dont la plupart sont loin d’assumer leur mission de décentraliser l’accompagnement administratif aux entreprises.
La classe politique n’a pas été épargnée non plus dans le discours sans concessions livré par le Souverain, a-t-il, par ailleurs souligné, estimant qu’il est temps que les formations politiques assument leur pleine responsabilité dans le choix de profils capables de gérer avec efficacité, compétence et dévouement les affaires locales au service des citoyens et de la nation.
