Dans une décision inédite, le mouvement politique français « La République En Marche», qui a conduit le président Emmanuel Marcon à accéder à la présidence de la France, a annoncé, jeudi 08 avril 2021, la création d’un comité LREM à Dakhla dans les provinces du sud du Maroc et un autre à Agadir. Ce mouvement qui représente la majorité présidentielle et qui ne finit pas de surprendre plus d’un.
Les motivations de cette nouvelle ouverture…
Les responsables de LREM n’ont pas manqué de répondre et de forger un certain nombre de raisons qui les ont poussés à une telle présence dans les territoires marocains.
Cette démarche s’inscrit dans le souci d’ « être à l’écoute des Français de l’étranger » déclare Marie-Christine Verdier-Jouclas députée de LREM. Cette antenne du parti s’inscrit dans le cadre du renforcement de ce que la formation considère comme le “maillage”, du parti de la majorité présidentielle, dans la circonscription du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, soulignent-ils dans leur communication.
Par-dessus tout, Emmanuel Macron réserve une appréciation toute particulière au souverain marocain Mohammed VI comme jadis les présidents français issus de la « droite » au du « Centre-droit ».
Enfin, la France est consciente du rôle sérieux et déterminant du Maroc dans sa lutte contre le terrorisme dans la région du sahel et également à l’intérieur du royaume. Rappelons que La diplomatie française, en off, considère et partage la proposition du Maroc au sujet des territoires du Sahara marocain. C’est-à-dire la solution d’une large autonomie mais sous la souveraineté marocaine.
Le rôle de la France d’Emmanuel Macron dans ce dossier…
Eu égard à ce dossier du Sahara la France a toujours été, certes, proche de la position du Maroc et ce depuis très longtemps. Position qui a par ailleurs obtenu l’adhésion de toutes les formations politiques françaises exceptés les partis de Gauche et de l’extrême gauche : à titre d’exemple le parti socialiste, le parti communiste etc. D’ailleurs, les élus du parti communiste français ont très souvent dénoncé la position du Maroc et ils l’ont davantage été depuis que Donald Trump a déclaré que les États-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur les territoires du Sahara.
Le parti communiste, fidèle aux idées du communisme proche de la thèse du Polisario, a manifesté, dans un communiqué, sa contestation à l’égard de l’ouverture de cette antenne de LREM à Dakhla et Agadir.
Emmanuel Macron s’engagerait dans la voie d’une ouverture d’un consulat ce qui serait une manière d’entériner la proposition du Maroc. Cette nouvelle position demeure le continuum des efforts remarquables de la diplomatie marocaine qui a toujours pour visée d’en finir avec un conflit qui a duré plus de quarante ans considéré comme lignes Maginot.
E. Macron s’engagerait-il également dans une « tournée » européenne afin de convaincre les Européens à adopter la même position que celle des États-Unis et des autres États.
A son tour le « MoDem » un des partis de la majorité parlementaire et également membre de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale a déclaré via le député Bruno Fuchs que «La France continue de considérer le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme une solution juste, réaliste et durable pour résoudre le conflit du Sahara. Et le Maroc peut compter sur la France -qui le considère comme un partenaire extrêmement solide, fiable et de long terme – sur un grand nombre de sujets; ainsi que sur sa capacité à développer des processus d’autonomie».
Peut-être, assisterions-nous dans quelques mois à une déclaration officielle dans le même sens des États-Unis et également dans le sens de l’histoire du Maroc. Histoire d’un peuple et d’un territoire uni depuis plus de vingt siècle.
La diplomatie marocaine et la politique d’influence
Le Maroc ne cesse d’avancer sur tous les fronts pour faire pencher la balance en faveur de ce qui est devenu une affaire de tout un peuple à savoir un Maroc indivisible de Tanger à Elgouira. Ceci est conforté par le slogan Royal popularisé : « Le Maroc restera dans son Sahara, et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu’à la fin des temps »
Sans équivoque, la diplomatie marocaine a opté pour un choix stratégique avéré payant en Afrique. Cela consistait à interagir avec les États qui jusqu’ici soutiennent et reconnaissent le « Polisario ». Une manœuvre fructifiante car plusieurs volte-face, contre le Polisario, ont eu lieu non seulement en Afrique mais aussi en Amérique Latine ( sujet à développer dans un article à part) …
Certes, nombreux sont les pays qui ont eu, ces dernières années, accès à la version marocaine au sujet du Sahara mais reste encore beaucoup d’action diplomatique à mener et surtout avoir à l’esprit que toutes les conditions de la guerre froide et du communisme qui furent les alliés et le fondement idéologique du « Polisario » ne sont guère d’actualités.
Enfin, le Maroc doit maintenir un minima de pression diplomatique et de « soft power » sur l’Espagne et la France. Ces deux derniers suffisent à ébranler le Polisario aussi bien que ses soutiens régionaux.
N’est-ce pas là une nouvelle étape dans ce pseudo conflit maintenu en vie artificiellement par les généraux de l’Algérie et l’Afrique du Sud ? Emanuel Macron marchera pour une reconnaissons comme l’a fait Donald Trump ?
Brahim Charafi
Enseignant et chercheur universitaire, Paris.