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La revue de presse quotidienne de l’Europe occidentale

Le rétablissement des contrôles au sein de l’espace Schengen, la crise des réfugiés, la situation sanitaire en Amérique Latine et le débat autour de l’état d’urgence en France sont les principaux sujets traités lundi par la presse européenne.

En Italie, les principaux quotidiens consacrent leurs Unes à l’hypothèse de fermeture temporaire de l’espace Schengen et à la proposition qui sera présentée, à cet égard, par Rome et Berlin lors du Conseil des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, prévu lundi à Amsterdam.

‘Corriere della Sera » souligne qu’il y a une entente entre l’Italie et l’Allemagne sur la question de la suspension temporaire des accords de Schengen. Pour les deux pays, ajoute le journal, l’Etat qui envisage de réinstaurer temporairement des contrôles à ses frontières devra au préalable coordonner cette initiative avec les autres pays de l’UE.

Les deux pays estiment qu’en agissant ainsi l’Etat qui procédera à la suspension temporairement de la libre circulation permettra d’éviter de mettre les autres partenaires européens en difficulté et de faire ‘sauter tout le système », écrit le journal.

Pour sa part ‘Il Messaggero » publie, à ce sujet, une interview du Commissaire européen aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos dans laquelle il estime notamment que ‘la crise des migrants n’est pas une question qui concerne seulement les accords de Schengen. Mais, c’est l’unité de l’Europe qui est en jeu ».

‘Nous sommes à un tournant et l’unique issue est d’aller de l’avant à travers une approche européenne commune. Des identifications rapides, des rapatriements et des contrôles aux frontières externes sont nécessaires », ajoute le responsable européen.

‘La Repubblica » rapporte que l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège réclament le maintien jusqu’à 2017 des contrôles aux frontières mais note que cette position n’est pas partagée par d’autres pays de l’UE dont l’Italie.

En Allemagne, la presse focalise sur la crise des réfugiés et commente particulièrement la proposition de Julia Klockner du parti démocrate-chrétien de mettre en place ‘des centres frontaliers » le long des frontières avec l’Autriche pour organiser l’opération de refoulement des demandeurs d’asile non éligibles à la protection internationale.

Le quotidien ‘Neue Osnabrucker Zeitung » estime que la mise en place de contrôles le long des frontières ne sera pas facile à faire, notant que la solution que défend la chancelière allemande Angela Merkel reste la meilleure et la plus raisonnable car elle appréhende la crise des réfugiés en tant que défi européen que toute l’Europe doit prendre en main.

Son confrère ‘Westfalischen Nachrichten » trouve que le plan de Julia Klockner n’apporte rien de nouveau et que certains de ses mesures sont difficilement applicables sur le terrain.

Concernant la mise en place de centres d’enregistrement des réfugiés, le journal souligne que ceux-ci ont été établis depuis plusieurs semaines par la coalition au pouvoir.

Le quotidien ‘Nurnberger Nachrichten » écrit pour sa part que la chancelière allemande a reconnu tardivement que la solution à l’actuelle crise des réfugiés ne peut être qu’européenne, tout en soulignant la nécessité pour l’ensemble des pays du vieux continent de multiplier les efforts pour endiguer ce problème.

Aux Pays-Bas, la presse braque les projecteurs sur la situation sanitaire en Amérique Latine.

‘De Volkskrant », qui titre ‘Propagation rapide du virus Zika », indique que la panique continue dans les pays d’Amérique Latine à cause de ce virus qui prend une ampleur inattendue d’autant plus qu’il est désormais associé au syndrome de Guillain-Barré, une maladie rare pouvant provoquer une paralysie temporaire.

Le journal souligne que le virus est réapparu l’année dernière au Brésil et se trouve maintenant dans 20 autres pays d’Amérique latine, ajoutant que les chercheurs brésiliens estiment que le virus serait responsable de la récente épidémie de microcéphalie, une anomalie congénitale.

‘Le NRC » fait observer de son côté que dix Néerlandais ont été touchés par le virus lors de leur séjour au Suriname, ajoutant que d’autres ressortissants hollandais en vacances seraient infectés mais ne présentent pas de symptômes de la maladie.

Le journal rassure en outre que le virus n’est pas transmissible d’humain à humain mais par des moustiques qui ne vivent pas aux Pays-Bas.

‘L’AD » fait état de 46 cas de syndrome de Guillain-Barré au Salvador, un pays qui enregistre chaque année une moyenne de 169 cas alors qu’au Brésil, le virus est devenu endémique au nord-est, surtout.

Il n’y a pas de vaccin contre le virus, écrit le journal, ajoutant que le ministère néerlandais des affaires étrangères n’a pas révisé les recommandations de voyages pour L’Amérique Latine.

En Grande-Bretagne, la presse s’intéresse à la lutte contre le paludisme dans le monde et au programme de défense nucléaire britannique.

Le quotidien ‘Times » met en avant l’annonce faite par le philanthrope américain Bill Gates et le ministre britannique des Finances de consacrer plusieurs milliards d’euros pour éradiquer le paludisme.

Quatre milliards d’euros seront mobilisés sur cinq ans pour financer la recherche et soutenir les efforts de lutte contre cette maladie transmise par les moustiques, ont précisé les deux hommes dans une tribune publiée par le journal.

Chaque année pendant cinq ans, 660 millions euros proviendront du budget britannique d’aide au développement, tandis que la Fondation Bill Gates versera en 2016 environ 190 millions euros qui seront suivis d’autres donations, souligne la publication.

La publication, qui citre un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2015 sur le paludisme dans le monde, indique qu’environ 214 millions nouveaux cas de malaria ont entraîné la mort de quelque 438.000 personnes l’année dernière.


Le quotidien ‘Independent » indique pour sa part que la majorité des britanniques veut maintenir le programme de dissuasion nucléaire ‘Trident ».

Le renouvellement de ce programme nucléaire devrait coûter quelque 140 milliards d’euros, une somme que certains britanniques voudraient plutôt voir utilisée dans d’autres projets, note la publication.

En France, ‘Libération » revient sur le débat autour de l’état d’urgence, instauré dans le pays après les attentats terroristes du 13 novembre et qui doit être prolongé de trois mois, estimant que dans l’opinion publique s’est installée ‘cette dangereuse idée que ce régime d’exception joue le rôle d’un improbable gilet pare-balles contre la menace terroriste ».

‘Que se passera-t-il si demain, en plein état d’urgence, un nouvel attentat se déroule sur notre sol ? Le gouvernement n’aura alors plus d’autre choix que de prolonger sa fuite en avant sécuritaire », fait remarquer la publication.

De son côté, ‘Le Monde » consacre sa Une à la polémique créée par les déclarations du ministre français de l’Economie, Emmanuel Macron, qui a annoncé, devant le forum de Davos, que la réforme prévue du droit du travail va ‘de facto » mettre fin aux 35 heures comme durée légale du travail hebdomadaire en France.

‘Ce nouveau coup porté aux lois Aubry (instaurant les 35 heures) sème le trouble dans la majorité parlementaire et consterne les syndicats », souligne le quotidien.

‘Le Figaro » fait le bilan, quant à lui, d’un an au pouvoir du gouvernement d’extrême gauche d’Alexis Tsipras en Grèce, affirmant que seules quelques-unes des réformes exigées par les bailleurs de fonds ont été adoptées, moins encore mises en œuvre.

‘Les chantiers qu’il reste à ouvrir menacent potentiellement la stabilité du gouvernement » Tsipras, estime le quotidien.

En Espagne, les principaux journaux s’intéressent particulièrement aux tractations entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et Podemos visant à examiner la possibilité de former un gouvernement de gauche suite au refus de Mariano Rajoy de se porter candidat au poste de Premier ministre.

Ainsi, ‘ABC » écrit que le PSOE et Podemos ont eu dimanche la première réunion depuis l’acceptation par les deux partis de mettre en place une coalition permettant d’investir un gouvernement ‘pluriel et progressiste », avec le soutien du parti de la Gauche unie.

Le quotidien ‘El Pais » indique qu’il s’agit du premier choc entre les dirigeants des deux partis gauchistes, précisant que la formation radicale Podemos veut entamer les négociations sur la composition du futur gouvernement le plus tôt possible, tandis que le PSOE préfère attendre le feu vert du Roi Felipe VI.

Quant à ‘La Razon », il fait remarquer que le leader du PSOE, Pedro Sanchez, estime que les pourparlers entre les deux formations doivent prendre en considération notamment les positions politiques d’un éventuel cabinet socialiste, alors que le chef de Podemos, Pablo Iglesias, opte pour négocier la désignation des ministres de son parti.

De son côté, le journal madrilène ‘El Mundo » souligne que Podemos et le PSOE auront lors de cette semaine d’autres rencontres pour parvenir à un compromis en vue de former un gouvernement tripartite, ajoutant que Sanchez envisage d’explorer également la possibilité d’obtenir le soutien des centristes de Ciudadanos.

La presse belge s’intéresse à l’état des tunnels bruxellois et aux conséquences de leur fermeture sur la mobilité dans la capitale de l’Europe.

Dans un éditorial intitulé ‘Des tunnels dont on ne voit pas le bout », ‘La Libre Belgique » écrit que pendant des années, à différents niveaux de pouvoir, on ne s’est ni préoccupé d’entretenir les tunnels bruxellois comme ils auraient dû l’être ni poser la question de savoir si, à terme, leur utilité ne devait pas être discutée et leur démantèlement envisagé au profit de modes collectifs, plus modernes et plus doux de déplacements urbains.

Résultat, déplore le quotidien, on les ferme sous la pression des fissures et des éboulements sans la moindre solution de rechange, relevant que si cette situation perdure, le problème de la mobilité à Bruxelles deviendrait insoluble.

‘Ce qui aurait pu être anticipé, géré avec prévoyance, est devenu un dossier à traiter en catastrophe, une course contre la montre », commente pour sa part l’éditorialiste du grand-tirage ‘Le Soir » qui note qu’avec la fermeture de deux tunnels ce weekend, la mobilité belge a sombré dans le ridicule avant de plonger les Bruxellois dans le chaos.

Le commentateur appelle à cet égard à une grande réunion entre le Premier ministre et les Régions durant laquelle tous les enjeux de mobilité seront mis sur la table, dans le but d’élaborer une vision commune budgétaire, technique et sociétale d’un plan global de mobilité avec, en parallèle, une communication d’urgence bruxelloise pour les tunnels.

 

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