Les mesures prises par les pays membres de l’Union européenne pour endiguer l’actuelle crise des migrants et lutter contre l’organisation terroriste Daesh dominent les colonnes de la presse européenne paraissant mardi.
En Allemagne, la presse s’intéresse à la réunion lundi des ministres européens de l’Intérieur à Amsterdam pour discuter de la crise des réfugiés et commente notamment les propos de la ministre autrichienne Johanna Mikl-Leitner qui a appelé à suspendre la Grèce de l’espace Schengen en raison de l’incapacité d’Athènes de contrôler ses frontières d’une manière efficace.
Le journal ‘Neue Osnabrucker Zeitung » écrit à ce propos que la réaction de la ministre autrichienne est compréhensible, relevant que l’espace Schengen pourrait dans un proche avenir devenir une zone très restreinte et voir plusieurs pays signataires se désengager de l’accord qui établit la libre circulation des personnes entre bon nombre de pays de l’UE.
Le quotidien ‘Badische Zeitung » indique pour sa part qu’un simple examen de la carte des pays de Schengen permet de comprendre les raisons qui expliquent l’incapacité de la Grèce de tenir ses engagements, notant qu’Athènes peine à mettre en place suffisamment de centres d’enregistrement des migrants et des demandeurs d’asile vu la position géographique du pays et le très grand nombre d’îles le long de ses frontières avec la Turquie.
C’est un ‘cauchemar logistique », estime le journal qui constate que chaque pays de la région a cru pouvoir gérer seul les flux des migrants alors qu’au vu de leur importance, ils exigent une amélioration de la surveillance commune des frontières entre les différents états membres de l’UE.
‘Mitteldeutsche Zeitung », qui titre ‘le débat sur les frontières refait surface, trouve que plusieurs pays de l’UE refusent aujourd’hui d’accueillir les réfugiés qui ne répondent pas aux critères de l’UE, surtout après les attentats du 13 novembre à Paris et les derniers évènements de Cologne.
Son confrère ‘Westfalischen Nachrichten » note que l’Europe se referme de jour en jour pour endiguer les flux de réfugiés, faisant observer que cette attitude aura des répercussions sur l’espace Schengen et sur l’UE dans son ensemble.
La presse belge focalise aussi son attention sur les questions migratoires et plus particulièrement sur le rétablissement des frontières au sein de l’espace Schengen et les nouvelles mesures qui seront prises par le gouvernement en matière d’asile.
‘Le Soir » critique la demande faite par les ministres européens de l’Intérieur à la Commission européenne, lors de leur réunion informelle à Amsterdam, d’étudier les mesures pratiques et légales sur une prolongation des contrôles aux frontières intérieures de la zone Schengen et à aider la Macédoine à sécuriser sa frontière avec la Grèce.
‘Chacun sait que ce ne sont pas les contrôles ou les fermetures aux frontières qui réduiront le flux d’arrivées de migrants, qu’ils soient réfugiés ou non », relève la publication qui fait observer que la mise en œuvre de ces recommandations équivaut à une mise en quarantaine ou à une suspension temporaire de facto de la Grèce de l’espace Schengen.
En lien avec ce sujet, ‘La Libre Belgique » écrit que le conseil des ministres belge va adopter vendredi un plan global concocté par le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration pour faciliter le rapatriement des demandeurs d’asile déboutés et les étrangers en situation irrégulière. Le journal précise que ce paquet de mesures comprend notamment une très nette augmentation du nombre de places dans les centres fermés.
En France, ‘Le Monde » met l’accent sur l’afflux des réfugiés vers l’Union européenne, notant que ce problème réclame une politique, des décisions, dans un sens ou dans un autre, mais le groupe des 28 Etats de l’UE est ‘paralysé, ne décide rien ou n’arrive pas à appliquer les décisions prises ».
L’Europe est ‘incapable de dégager le sursaut d’énergie, d’effort, d’enthousiasme qui fut celui de l’après-guerre et que requiert la situation actuelle », estime le quotidien.
‘Libération » revient sur l’appel qu’il a lancé il y’a quelques semaines en faveur d’une primaire de toutes les composantes de la gauche en perspective des élections présidentielles de 2017 en France, estimant que cette idée fait son chemin en raison notamment du ressentiment à l’égard de la gauche de gouvernement, de la volonté d’unité et de la peur de l’élimination au premier tour de ce scrutin.
‘Rien n’est joué, bien sûr, mais un espoir est né. Celui de voir les forces progressistes renouer le dialogue ( ) et faire barrage à la droite libérale-conservatrice et à l’extrême droite nationaliste », note la publication.
De son côté, ‘Le Figaro » s’intéresse au débat autour de la réforme prévue du Code du travail, estimant qu’avec le texte actuel et le temps légal du travail fixé à 35 heures, la France ‘se singularise de tous ses concurrents par un système qui détruit l’emploi au lieu de le préserver ».
Aux Pays-Bas, le journal ‘De Volkskrant » fait observer que l’organisation terroriste Daesh vient de diffuser une vidéo où elle met en scène certains auteurs présumés des attaques perpétrées le 13 novembre dans la capitale française, se demandant pourquoi Daesh n’a décidé de revendiquer que dernièrement les attentats de Paris.
Si la vidéo est authentique, elle apporte alors la preuve que les attaques de Paris auraient été préparées en Syrie, comme l’ont toujours affirmé les autorités françaises.
En lien avec le même sujet, son confrère ‘NRC » revient sur la mise en garde lancée par le directeur de l’Europol contre de nouvelles attaques que l’organisation Daesh serait en train de préparer, ajoutant que ces attentats viseraient essentiellement certains pays européens notamment la France.
Le responsable sécuritaire européen se réfère, selon la publication, au rapport élaboré par des experts représentant les 28 Etats membres de l’UE au lendemain des attentats de Paris.
‘L’AD » se fait l’écho du lancement par la même organisation policière européenne d’un nouveau centre pour la lutte contre le terrorisme en marge d’une réunion des ministres de la justice et de l’intérieur de l’UE, précisant que les capacités de ce centre européen devront être renforcées au cours des prochains mois.
Le centre sera chargé du renforcement de la coordination entre les différents services sécuritaires des pays membres en matière de lutte antiterroriste, notamment, précise le journal.
La presse britannique s’intéresse aussi au rapport publié par le Centre européen de lutte contre le terrorisme ainsi qu’au report des pourparlers de paix inter-syriens.
Le quotidien ‘Guardian » met en avant les mises en garde lancées par le Centre européen de lutte contre le terrorisme selon lequel l’organisation terroriste Daesh préparait des attaques d’ampleur visant en particulier l’Europe.
Daesh a la volonté et la capacité de lancer de nouvelles attaques en Europe, écrit la publication qui note un changement dans le mode opératoire de cette organisation qui a montré ses capacités de mener une série d’attaques bien coordonnées grâce à des combattants locaux.
Pour sa part, le quotidien ‘Independent » annonce le report des pourparlers de paix entre l’opposition syrienne et le régime de Damas à cause de divergences sur la composition des délégations.
Placés sous l’égide de l’ONU, ces pourparlers, qui étaient initialement prévus lundi à Genève, ont été repoussés jusqu’à vendredi, indique le journal.
‘Le Daily Telegraph » revient quant à lui sur la mort de l’aventurier britannique Henry Worsley, alors qu’il était sur le point de boucler une traversée de l’Antarctique à pied, en solitaire et sans assistance.
Cet ancien colonel de 55 ans se trouvait à seulement 48 kilomètres de l’arrivée, mais il a dû abandonner au 71è jour de son expédition avant de mourir d’épuisement, souligne le journal, rappelant que l’aventurier, père de deux enfants, avait parcouru environ 1.600 km à travers l’Antarctique.
En Espagne, les principaux quotidiens s’intéressent particulièrement au compromis obtenu par les chefs du Parti populaire (PP), Mariano Rajoy, et de la formation de centre droit Ciudadanos, Albert Rivera, pour entamer des pourparlers en vue d’assurer ‘la gouvernabilité de l’Espagne ».
Sous le titre ‘Rajoy et Rivera chercheront des formules pour pouvoir entamer la législature », ‘El Pais » indique que les deux leaders ont décidé d’explorer les possibles alternatives dans la perspective d’investir un gouvernement stable, ajoutant que Rivera aura des entretiens à ce sujet avec le chef des socialistes Pedro Sanchez.
Le journal ‘ABC » souligne que les responsables des deux partis auront des réunions consacrées à l’examen de l’actuelle situation politique de l’Espagne après les élections du 20 décembre, afin de déterminer des formules susceptibles de permettre la mise en place d’une majorité parlementaire à droite.
‘La Razon » pense que les discussions entre les deux parties seront lancées au cours de cette semaine, suite aux réunions prévues entre le Roi Felipe VI et les leaders des partis politiques espagnols.
Quant à ‘El Mundo », il écrit que le leader de Ciudadanos Albert Rivera a plaidé pour un gouvernement tripartite composé du PP, de Ciudadanos et du Parti socialiste ouvrier espagnol pour ne pas laisser l’économie de l’Espagne sous le contrôle de la formation d’extrême gauche Podemos.