Le mini-sommet qui a réuni, lundi à Bruxelles, les Premiers ministres belge et français sur la lutte contre le terrorisme, la propagation du virus Zika dans le monde et l’autorisation, en Grande Bretagne, de la manipulation des embryons humains sont les principaux sujets qui alimentent les titres de la presse européenne de ce mardi.
Sous le titre ‘terrorisme : l’accord franco-belge », le journal belge Le Soir commente le mini-sommet belgo-français, qui s’est tenu à Bruxelles, avec la participation des Premiers ministres des deux pays, ainsi que des ministres de l’Intérieur et de la justice et des hauts responsables de la sécurité, autour des questions du terrorisme et de la crise es réfugiés. ‘La crise des réfugiés, comme le risque terroriste ne seront résolus que par plus, et non moins d’Europe », écrit l’éditorialiste.
Pour le journal, ‘en réunissant leur +petit sommet+, c’est comme si Manuel Valls et Charles Michel (premiers ministres français et belge) repartaient du début du projet européen : plus forts à deux, puis à six, puis à dix que seul ».
Le quotidien estime que ‘l’axe franco-belge affiché hier a deux vertus : il valide l’une des rares options permettant de déjouer les plans de terroristes qui ont fait de cet espace géographique (Europe), leur terrain d’opérations, et il laboure la terre d’une Europe à sauver ».
Commentant, à son tour, ce mini-sommet, La Libre Belgique relève que les gouvernements belge et français ‘veulent renforcer leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme et le radicalisme », ajoutant que ‘l’espace Schengen et l’Europe sont au cœur de leurs préoccupations ». Le journal estime aussi que cette rencontre ‘cache aussi des enjeux en termes d’images ». ‘De part et d’autre il y a manifestement la volonté commune de marquer les esprits, tant sur la forme que sur le fond », écrit La Libre Belgique.
La Dernière Heure s’intéresse aux violences conjugales en Belgique, en annonçant à la Une que 100 plaintes sont enregistrées chaque jour en Belgique et que 12 % des femmes sont touchées par ce fléau dans le pays.
Le journal fait état de 18.189 plaintes de femmes sur les cinq premiers mois de 2015, relevant que ces chiffres ‘ne représentent que la partie émergée de l’Iceberg » car ‘certaines personnes par honte, peur de représailles ou ignorance du système judiciaire, ne déposent pas plainte ».
L’alerte lancée par l’OMS pour sensibiliser quant à l’ampleur de la propagation du virus Zika dans le monde retient l’attention des quotidiens néerlandais.
« OMS : le virus Zika est une urgence de santé publique mondiale », titre de Volkskrant qui écrit que l’organisation mondiale de la santé a consacré une réunion extraordinaire pour examiner l’incidence du virus Zika surtout que ce dernier commence à prendre une ampleur inattendue au niveau mondial, ajoutant que l’OMS a été critiquée en 2014 pour n’avoir pas tiré l’alarme plus tôt contre l’Ebola.
L’initiative de l’OMS a pour objectif d’accélérer la mobilisation internationale contre le virus et de stimuler la recherche scientifique, selon la publication.
Le NRC indique que l’OMS a reconnu qu’il n’y a pas de preuves scientifiques que la maladie due au virus Zika est à l’origine des cas de malformations néonatales au Brésil, mettant l’accent sur la nécessité d’intensifier les examens et la recherche pour déterminer un éventuel lien entre le virus et la maladie responsable des malformations des bébés.
Le virus est désormais présent dans 23 pays d’Amérique latine, et certains pays européens, dont les Pays-Bas, selon le journal.
L’AD souligne que dix Néerlandais ont été touchés par le virus lors de leur séjour en Suriname et n’écarte pas d’autres infections au cours des prochains mois au vu du nombre des Hollandais en vacance, ajoutant que les personnes infectées déjà en Hollande ne présentent pas de risque pour les autres citoyens.
En Outre-manche, la presse s’intéresse à la question de la manipulation des embryons humains autorisée pour la première fois en Grande-Bretagne et aux relations euro-britanniques.
Le Financial Times revient sur l’annonce faite par l’autorité britannique chargée de la fertilisation humaine et de l’embryologie qui a autorisé des scientifiques à manipuler, pour la première fois au Royaume-Uni, des embryons humains à des fins de recherche.
Cette autorisation concerne l’utilisation d’une méthode qui permet de cibler les gènes défaillants dans l’ADN afin de les neutraliser, précise le journal, rappelant que les autorités sanitaires britanniques avaient autorisé l’an dernier la conception de bébés à partir de trois ADN différents afin d’éviter la transmission de maladies graves.
Le Daily Telegraph se fait l’écho d’un projet d’accord conclu par Londres avec le président du Conseil européen Donald Tusk dans le cadre de la redéfinition des relations de la Grande Bretagne avec l’Union européenne.
Le projet de texte, qui devra être avalisé par la totalité des Etats membres, vise à répondre aux inquiétudes britanniques. Les Etats membres disposeront d’une période de trois mois pour faire objection aux projets de législations européennes, souligne la publication.
La presse allemande s’est intéressée aux menaces proférées par la ministre allemande du travail qui a promis de réduire les allocations aux réfugiés qui refusent de s’intégrer.
Le Badische Zeitung a qualifié le plan de la ministre allemande de ‘populiste », soulignant que les problèmes des réfugiés sont nombreux et ne sont nullement liés au refus ou à l’acceptation de l’intégration, car le plus grand nombre d’eux n’ont pas la possibilité de participer aux cours d’apprentissage de la langue.
Le journal K?lner Stadt-Anzeiger relève qu’au lieu de parler du soutien des réfugiés, la ministre allemande du travail exige que ceux parmi eux qui refusent de s’intégrer soient sanctionnés, estimant que la solution est entre les mains du gouvernement qui continue de maintenir les délais d’exile tout en étant dans l’incapacité d’organiser les opérations d’accueil.
Le quotidien Tageszeitung s’est, lui aussi, élevé contre les déclarations de la ministre, les qualifiant de populistes et de droite, tandis que son confrère le Volksstimme les considère comme fait nouveau, ajoutant que désormais les réfugiés seront traités en Allemagne comme ils le sont dans certains pays européens.
En France, la publication par l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira d’un livre pour expliquer son opposition à la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour terrorisme retient l’attention de la presse quotidienne.
Sous le titre ‘Le coup d’éclat programmé de Taubira », Le Monde écrit dans son livre » Murmures à la jeunesse « , l’ex-garde des sceaux prend garde de ménager François Hollande, notant que ‘le texte de Christiane Taubira est un acte politique fort, et sans doute inédit, écrit par une ministre en exercice dont on imagine mal, à sa lecture, qu’elle ait pu envisager un seul instant de pouvoir rester au gouvernement après l’avoir publié.
‘C’est surtout un coup d’éclat politique dont la date de sortie ne doit rien au hasard, cinq jours après la démission de Mme Taubira du gouvernement et quatre jours avant le début de l’examen du projet de loi constitutionnelle à l’Assemblée nationale, dont l’article 2 », relève la publication.
Libération, qui titre ‘Les fracassants Murmures d’un livre surprise », relève que l’essai de Christiane Taubira démontre que la sortie du gouvernement de la garde des Sceaux a été soigneusement préparée, estimant que ce livre est un vibrant plaidoyer contre le projet de réforme constitutionnelle.
‘En revanche, à quatre jours de l’examen du projet de loi constitutionnel à l’Assemblée, ce livre est un redoutable réquisitoire contre la déchéance de nationalité, inscrite au menu de la révision constitutionnelle annoncée par le président après les attentats de novembre », indique le quotidien.
En Espagne, les principaux quotidiens se focalisent notamment sur la réunion entre le Roi Felipe VI et le secrétaire général du parti d’extrême gauche Podemos, Pablo Iglesias, dans le cadre des consultations du souverain espagnol avec les leaders politiques en vue de désigner un chef de gouvernement.
Ainsi, le journal ABC se fait l’écho des propos d’Iglesias, qui a exprimé la disposition de sa formation à soutenir un gouvernement à gauche présidé par le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, ajoutant qu’il est impossible de parvenir à un accord avec les libéraux de Ciudadanos.
Dans la même ligne, La Razon indique que le leader de gauche a confirmé au Roi Felipe VI l’intention de son parti d’empêcher l’investiture d’un cabinet composé de Ciudadanos et du PSOE, plaidant pour un « gouvernement de changement » formé par les partis « progressistes ».
Quant à El Pais, il souligne qu’Iglesias s’est dit ouvert à une coalition avec le PSOE, faisant observer que le leader de Podemos s’est montré plus tolérant envers les positions politiques de la formation socialiste, notamment en ce qui concerne le refus d’organiser un referendum d’autodétermination dans la région de la Catalogne.
De son côté, El Mundo écrit que le Roi Felipe VI a insisté, lors de sa réunion avec Iglesias, sur la nécessité de la présentation, par le PSOE et Podemos, d’un « projet avancé » en vue de former un cabinet capable de garantir la stabilité politique dans le pays ibérique.