La presse européenne de ce vendredi, traite largement des derniers développements du dossier syrien à la lumière de l’interruption des pourparlers de Genève et de la conférence des donateurs de Londres, ainsi que du rebondissement de l’affaire Julian Assange cofondateur de WikiLeaks.
Commentant la conférence de Londres le quotidien belge La Libre Belgique relève que cette réunion a débouché sur la somme ‘faramineuse » de dix milliards de dollars de promesses de dons pour aider les victimes du conflit syrien et que l’Union européenne ‘soucieuse d’enrayer l’afflux des réfugiés », débloquera dès cette année trois milliards d’euros.
La publication note, par ailleurs, concernant la situation sur le terrain, que le fief des rebelles syriens est menacé par les troupes de Bachar Al Assad et qua la ‘vaste offensive russo-syrienne a contribué à fragiliser les négociations de paix.
Son confrère, Le Soir abonde dans le même sens en écrivant, sous le titre ‘Assad et Poutine engrangent des succès », que ‘les offensives militaires du régime changent la donne sur le terrain ».
‘Les négociations entre Syriens sont déjà suspendues et l’armée du régime et ses alliés menacent Alep d’encerclement », relève la publication, ajoutant que les ‘Américains et les Européens en sont réduits à clamer que le régime et les Russes doivent arrêter leurs bombardements ».
En France, les derniers développements du dossier syrien retiennent également l’attention de la presse quotidienne.
‘Au lendemain de l’interruption des pourparlers de paix de Genève, la communauté internationale s’engage à accroître l’aide humanitaire à la Syrie », écrit Le Figaro, notant les 10 milliards de dollars promis lors de la conférence de Londres est le plus important montant jamais réuni en une journée en réponse à une crise internationale.
En comparaison, seule la moitié des fonds nécessaires avaient été levés l’an dernier, encourageant la misère dans les camps de réfugiés et les migrations vers l’Europe, fait remarquer le journal, relevant qu’outre l’aide humanitaire, les fonds réunis serviront à mettre en place des programmes de santé, d’éducation et de réinsertion professionnelle des personnes déplacées, pour éviter la création d’une ‘génération perdue ».
Le Monde, qui titre en Une ‘Alep encerclée, les négociations au point mort », indique que Les obstacles aux pourparlers à Genève entre le régime et l’opposition syrienne sont devenus insurmontables, ajoutant que non seulement Damas n’a concédé aucune mesure humanitaire, mais le régime a lancé lundi un assaut, avec l’appui de l’aviation russe, sur Alep, la capitale économique du nord-est de Syrie sous le contrôle des rebelles.
Pour sa part, Libération s’intéresse à la situation dans la ville de Madaya assiégée, relevant que cette ville, proche de la frontière libanaise, prise au piège par les troupes de Bachar al-Assad et de son allié le Hezbollah, souffre du manque de nourriture.
La presse allemande s’est intéressée elle aussi aux résultats de la conférence des donateurs pour la Syrie qui s’est tenue jeudi à Londres, sous l’égide des Nations unies.
Le Landeszeitung estime que cette conférence ne doit pas susciter de grands espoirs parce même si on débloque des sommes colossales d’argent, l’on ne serait pas en mesure de protéger les Syriens victimes d’une guerre qui dure depuis cinq ans.
Le journal estime, en revanche, que c’est la conférence de paix de Genève qui pourrait être décisive et permettre d’aboutir à une solution de la crise syrienne, relevant néanmoins que le chemin vers cette solution sera long et difficile.
Le Nürnberger Nachrichten indique que la collecte des aides en faveur des réfugiés syriens se trouvant dans les camps de Turquie, de Jordanie et du Liban, est désormais une nécessité impérieuse, mettant, toutefois, en doute la concrétisation des engagements pris par les pays donateurs lors de la conférence de Londres.
Le quotidien Neuen Osnabrücker Zeitung déplore le peu d’intérêt que la communauté internationale manifeste à l’égard des souffrances qu’endurent les Syriens depuis plusieurs années, mettant cependant en exergue l’importance de la conférence des donateurs de Londres pour endiguer l’afflux des réfugiés sur l’Europe comme c’est le cas pour l’Allemagne.
De son côté, le Berliner Zeitung s’intéresse au démantèlement, la veille par la police allemande d’un réseau terroriste composé de quatre Algériens, qui s’apprêtaient à commettre des attentats à Berlin, estimant que ‘le terrorisme est dorénavant proche de nous, d’autant que Berlin joue un rôle dans le lutte contre ce fléau ».
En Grande-Bretagne, la presse se focalise sur l’affaire du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, sur les fonds promis par les pays donateurs pour les victimes du conflit en Syrie et la mort du chanteur Maurice White.
Le quotidien Guardian se fait l’écho de l’appel lancé pour la libération du fondateur de WikiLeaks Julian Assange dont la détention est jugée « illégale » par un comité de l’ONU.
« Le Royaume-Uni va devoir prendre une décision. S’il respecte ses engagements internationaux à l’égard de l’ONU, il doit respecter la décision du groupe de travail basée sur la convention de l’ONU sur les droits civils et politiques », a affirmé son avocat Christophe Marchand, cité par le journal.
Assange, accusé de viol par une Suédoise, s’est réfugié en juin 2012 dans les locaux de l’ambassade d’Equateur à Londres. Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par la Suède.
Le Daily Telegraph met en avant les dix milliards de dollars promis lors de la conférence de Londres des donateurs pour aider les millions de Syriens épuisés par la guerre et tenter d’endiguer la crise des réfugiés qui menace de déstabiliser les pays d’accueil.
Sur les 10 milliards promis, 5,6 milliards de dollars doivent être versés en 2016 et 5,1 d’ici 2020, précise le journal, estimant que les pays donateurs ont atteint leur objectif par rapport à la précédente conférence, organisée en 2015 au Koweït, où seulement 3,3 milliards de dollars avaient été récoltés sur les 8,4 milliards réclamés.
Quant au quotidien Independent, il revient sur la mort du musicien Maurice White à l’âge de 74 ans. Le fondateur du groupe « Earth, Wind & Fire » souffrait depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson.
Son groupe a vendu près de 100 millions d’albums dans le monde. Il se considérait comme un héritier des plus grands du jazz, mais avait développé son propre style associant R&B, rock, soul et funk, indique le journal.
Les quotidiens italiens consacrent leurs Unes à l’affaire d’un jeune étudiant italien disparu en Egypte il y a une dizaine de jours et dont le décès a été officiellement annoncé jeudi par les autorités italiennes.
La Repubblica écrit que les circonstances de la mort du jeune chercheur italien Giulio Regeni n’ont pas encore été élucidées et que »deux versions ont été fournies » au sujet de sa mort, dont la première évoque ‘un accident de la route » alors qu’une deuxième ‘des signes de torture » ayant provoqué le décès.
La publication indique que les présidents de la République et du Conseil italiens, Sergio Matarella et Matteo Renzi, ont demandé au gouvernement égyptien d’établir ‘toute la vérité » sur la mort de l’étudiant dont la dépouille se trouve actuellement dans hôpital italien au Caire.
Corriere della Sera indique, pour sa part, que l’ambassadeur égyptien à Rome a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour lui signifier que les autorités italiennes sont ‘troublées » après l’annonce de la mort du jeune chercheur.
« Nous voulons que soit révélé de manière complète et approfondie ce qui est arrivé » au jeune italien, a déclaré le chef de la diplomatie italienne, cité par le journal.
Son confrère Il Messaggero souligne que les hautes autorités italiennes ont demandé au gouvernement égyptien de ‘faire toute la lumière » sur les circonstances du décès de l’étudiant dont ‘le cadavre a été retrouvé dans une fosse entre le Caire et Alexandrie ».
Le journal rapporte que Rome a déjà envoyé une équipe d’investigateurs au Caire pour enquêter sur les circonstances du décès du jeune.
En Espagne, les principaux journaux attachent un intérêt particulier au panorama politique national suite à la décision du secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, de tenter de former le prochain gouvernement espagnol.
El Pais se fait l’écho des résultats d’un sondage effectué par le Centre des recherches sociologiques sur les intentions de vote des Espagnols en cas de convocation de nouvelles élections et précise que le Parti populaire (PP) viendrait en tête suivi du parti anti-austérité Podemos et du PSOE.
Quant à La Razon, il écrit que Sanchez a demandé au leader du parti du centre droit Albert Rivera d’accepter de dialoguer avec sa formation « loin des considérations idéologiques » en vue de parvenir à un accord permettant d’investir un gouvernement de coalition.
Dans le même contexte, son confrère ABC rapporte les déclarations de Rivera, qui a affirmé que la formation d’un gouvernement sans prendre en considération la position du PP, parti le plus voté lors des élections générales du 20 décembre, est « impossible ».
Par ailleurs, El Mundo souligne que le président du gouvernement sortant et chef du PP, Mariano Rajoy, et Rivera auront dans les jours à venir des réunions pour examiner la possibilité de mettre en place un accord dans l’objectif de freiner les aspirations séparatistes dans la région de la Catalogne.