La réforme constitutionnelle en France, la crise migratoire et les chutes spectaculaires des marchés financiers continuent jeudi de faire la Une de la presse européenne.
En France, l’adoption par l’Assemblée nationale de la réforme constitutionnelle, qui prévoit notamment la déchéance de la nationalité pour les personnes condamnées pour terrorisme et l’inscription de l’état d’urgence dans la Loi fondamentale retient l’attention de la presse quotidienne.
Au grand soulagement du gouvernement, le projet de révision constitutionnelle a été voté mercredi après-midi en première lecture à l’Assemblée nationale par 317 voix contre 199 et 51 abstentions, écrit Le Figaro, notant que le scrutin est une victoire politique pour l’exécutif par rapport au vote de la veille, qui avait permis à l’Assemblée d’adopter, avec 14 voix d’avance seulement (162 voix contre 148), l’article 2, relatif à la déchéance de nationalité.
Cette victoire pourrait n’être que de courte durée, estime le journal, ajoutant que les votes favorables, chez nombre de députés de droite, ont été motivés par la volonté de transmettre le texte au Sénat afin qu’il le modifie.
‘Révision constitutionnelle : la patate chaude est dans le camp de la droite », titre Libération qui fait remarquer qu’après plusieurs coups de chaud côté majorité mardi soir, le projet de révision constitutionnelle venait d’être approuvé à l’Assemblée nationale.
Il s’agit d’un ‘immense soulagement » pour l’exécutif qui a passé la nuit et la matinée à mettre la pression sur les indécis, croit savoir le journal.
Le Monde souligne, quant à lui, qu’un parcours encore difficile attend le projet de loi, faisant savoir que pour que le texte puisse ensuite être soumis au vote du Congrès – qui réunit l’ensemble des 925 parlementaires, il faudra toutefois que les sénateurs adoptent le texte à l’identique.
Or, ce vote à l’identique de la Chambre haute, à majorité de droite, est loin d’être acquis, note la publication.
Sous le titre ‘la déchéance de nationalité passe un premier cap », le journal belge Le Soir écrit que cette loi qui divise les socialistes doit encore passer le cap du Sénat d’ici la fin février, et pour que le texte soit ensuite proposé au vote du Congrès, il faudra que les sénateurs adoptent le texte à l’identique.
‘Là aussi, pas gagné », estime le quotidien, qui note que ce qui l’est, par contre, c’est une gauche divisée, après que le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a manifesté ‘son inconfort philosophique » à voter cette loi.
Des propos, indique L’Avenir, qui ont suscité un recadrage immédiat du Premier ministre Manuel Valls, qui défend ardemment cette réforme voulue par le président François Hollande dans la foulée des attentats djihadistes de Paris en novembre.
Ce nouveau couac dans la cohésion gouvernementale intervient avant un remaniement préparé par François Hollande pour élargir sa majorité gouvernementale sans renier ses orientations libérales et sécuritaires, à l’approche de la présidentielle de 2017, ajoute-il.
La Libre Belgique rapporte de son côté que lors du vote du texte article par article qui donne une vision plus fine des rapports de force-, le volet du projet consacré à la fameuse déchéance de la nationalité pour les terroristes n’a pas été adopté qu’à une très courte majorité (14 voix sur 300 votants).
Les tenants de la réforme peuvent donc s’alarmer, pour les suites du processus, relève le journal.
En Suisse, les quotidiens s’inquiètent de la santé de l’économie mondiale en ce début d’année 2016 avec des répercussions potentiellement fâcheuses sur le pays helvétique.
Sous le titre ‘de l’euphorie boursière à la panique », Le Temps écrit que les temps sont durs pour les investisseurs eu égard aux chutes spectaculaires des marchés financiers et le mouvement de panique qui en découle.
‘L’euphorie cède la place à la panique et le raz-de-marée actuel n’épargne plus personne », constate l’éditorialiste, précisant que des géants comme Apple, Google, Facebook, Netflix, LinkedIn ou encore Amazon en pâtissent profondément.
Le 24Heures relève, de son côté, qu’une chute des cours du pétrole de plus de 50pc en moins d’un an développe un effet redoutable sur les banques européennes. Les énormes investisseurs que sont les fonds souverains du Moyen-Orient, explique-t-il, sont amenés ainsi à alléger de plus en plus leurs portefeuilles, de sorte à compenser l’érosion des recettes de leurs Etats d’appartenance.
Son confrère Le Temps se demande si le sale temps devrait persister pour les start-up et les entreprises technologiques de la planète d’autant plus que c’est la Silicon Valley qui tire la sonnette d’alarme. D’après le quotidien, ‘le soutien financier des investisseurs aux start-up diminue et l’innovation souffre tant de cette défiance ».
Les journaux néerlandais, eux, commentent les développements de la crise migratoire en Europe. De Volkskrant titre ‘le flux des réfugiés en provenance de Turquie est passé de milliers à des centaines par jour », indiquant e que le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a souligné que le nombre des réfugiés qui quittent la Turquie à destination de la Grèce est passé de plusieurs milliers à seulement quelques centaines de personnes.
La déclaration du PM néerlandais a été faite à l’issue de sa rencontre mercredi avec son homologue turc, Ahmet Davutoglu, souligne le journal, ajoutant que Rutte a imputé cette baisse aux efforts déployés par les autorités turques.
Sous le titre ‘Migration: Les chiffres de l’ONU contredisent l’optimisme de Rutte », son confrère NRC estime que les propos Rutte selon lesquels les flux des migrants ont largement baissé n’ont aucun fondement en se basant sur les chiffres du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR).
‘Selon le Haut-commissariat de l’ONU, quelque 68.000 migrants sont parvenus à traverser la mer Egée pour entrer en Grèce depuis le début de l’année », précise la publication.
L’AD estime que le processus de répartition des réfugiés convenu par les pays de l’UE l’été dernier n’a pas abouti, ajoutant que les Pays-Bas, par exemple, n’ont parvenu à accueillir que 50pc du nombre pour lequel ils se sont engagés.
Le journal indique que des milliers de demandeurs d’asile sont restés piégés en Italie et en Grèce.
En Grande-Bretagne, la presse s’intéresse aux derniers développements de la situation en Syrie, au cessez-le-feu proposé par la Russie et à l’appel lancé par l’ONU à la Turquie pour qu’elle ouvre ses frontières aux réfugies syriens fuyant Alep.
Le quotidien Guardian revient sur la proposition russe d’observer un cessez-le-feu à partir du 1-er mars en Syrie, mais son offre n’a pas encore été acceptée du fait de réserves américaines.
Plusieurs Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont appelé Moscou à cesser de bombarder la région d’Alep pour permettre l’acheminement d’aide humanitaire, souligne le journal, rappelant la mise en garde lancée par l’ONU contre un désastre humanitaire dans la deuxième ville syrienne où vivent encore deux millions de personnes.
Et d’ajouter que Londres et ses alliés occidentaux espèrent obtenir un accord de cessez-le-feu, lors de la réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), prévue ce jeudi à Munich (Allemagne), pour mettre fin au flux de réfugiés syriens qui fuient les bombardements russes à destination de la Turquie.
Le Daily Telegraph se fait l’écho de l’appel lancé par l’ONU exhortant la Turquie à ouvrir sa frontière aux dizaines de milliers de civils massés dans des camps saturés après avoir fui une vaste offensive du régime contre les rebelles à Alep, dans le nord de la Syrie en guerre.
Mais, Ankara maintient fermé le poste-frontière d’Oncupinar, le seul point de passage accessible entre le nord de la province d’Alep et la Turquie, alors que l’Europe s’inquiète de la perspective d’une nouvelle vague de réfugiés, indique le journal.
En Espagne, les principaux journaux se font l’écho des déclarations des responsables du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), deuxième force politique, après les élections générales du 20 décembre dernier, qui ont exprimé la disposition de la formation de gauche à constituer un cabinet.
La Razon indique que le porte-parole du PSOE au sein du Congrès des députés, Antonio Hernando, s’est montré optimiste au sujet de former un gouvernement de changement, ajoutant que le leader socialiste estime que parvenir à des accords permettant d’investir un exécutif est possible.
Quant à El Mundo, il souligne qu’Hernando a refusé les déclarations du ministre de l’Intérieur du gouvernement sortant, Jorge Fernandez Diaz, qui a affirmé que l’organisation terroriste basque ETA souhaite voir investir un gouvernement de gauche dirigé par le PSOE et Podemos.
Par ailleurs, El Pais écrit que le président du gouvernement sortant, Mariano Rajoy, a déclaré que son parti ne permettra pas l’investiture d’un gouvernement minoritaire présidé par le leader du PSOE, Pedro Sanchez, faisant savoir que le chef du PP a proposé toutefois aux socialistes un pacte anticorruption.
Dans le même sillage, ABC écrit que Rajoy a mis en garde contre un possible échec des tentatives de Sanchez de former un gouvernement, assurant qu’une abstention des partis séparatistes dans l’objectif de soutenir un gouvernement à gauche aura des conséquences politiques.