Le débat européen sur le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’UE et la situation en Syrie dominent mercredi les pages de la presse européenne.
Dans un éditorial intitulé ‘le Brexit ne doit pas faire rêver Berne », la Tribune de Genève écrit que le Royaume-Uni et ses partenaires européens conviendront de réformes acceptables pour mettre le Premier ministre britannique ‘en bonne posture afin d’éviter que ses concitoyens disent non à l’Europe ».
‘Empêtrée dans ses relations avec Bruxelles, suite au référendum contre l’immigration en 2014, la Suisse fait mine d’y voir un assouplissement qui la servirait », souligne l’éditorialiste, estimant qu’il est risqué de participer à la désunion européenne. Se focalisant sur ‘le ballet diplomatique intense à Bruxelles pour éviter le Brexit », Le Temps observe que les dirigeants de l’UE s’escriment à apporter une réponse commune aux revendications britanniques lors du Sommet européen prévu cette fin de semaine.
Les Vingt-Huit entendent trouver un accord aux revendications britanniques au sommet de jeudi, mais des obstacles perdurent en raison de l’opposition de la Pologne et de la Hongrie notamment, ajoute la publication.
Le 24Heures note que David Cameron devra prouver qu’il a obtenu de vraies concessions pour emporter l’adhésion de ses concitoyens, ‘faute de quoi ceux-ci pourraient voter en faveur d’une sortie de l’UE lors du référendum de juin prochain ».
En Outre-manche, la presse s’intéresse aussi aux dernières négociations euro-britanniques avant le sommet européen du 18 et 19 février courant.
Le quotidien Guardian met en avant l’opposition affichée par les quatre pays de l’Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) au projet de Londres d’imposer un moratoire de quatre ans avant tout versement d’aides sociales aux immigrants issus de l’UE venant travailler au Royaume-Uni.
Les pays de l’Europe de l’Est se méfient du mécanisme proposé pour limiter pendant une période pouvant aller jusqu’à quatre ans les aides sociales aux travailleurs migrants intra-européens qui s’installent sur le sol britannique -mais aussi dans les autres pays de l’UE- en cas d’afflux de travailleurs d’autres Etats membres d’une magnitude exceptionnelle, souligne le journal.
Selon le quotidien Independent, les quatre pays du ‘groupe de Visegrad » qualifient d’inacceptable le système de freinage des aides sociales, qui pourrait être activé au cas où les services sociaux publics d’un pays européen sont débordés ou si son système de sécurité sociale est victime d’abus répétés.
Pour sa part, la presse belge rend compte des résultats des réunions, tenues mardi à Bruxelles, par le Premier ministre britannique David Cameron avec les ténors du Parlement européen dans l’objectif de rallier les soutiens de ses principaux dirigeants au projet d’accord qu’il a négocié avec Donald Tusk, le président du Conseil européen, dont la négociation finale et l’adoption devraient avoir lieu lors du sommet des 28 ces jeudi et vendredi.
Le Soir fait observer que la multiplication de ces réunions au Parlement européen trahissait une réalité politique déconcertante dans le sens où le Premier ministre britannique qui avait naguère espéré obtenir de l’UE un rapatriement de compétences et un rabotage des pouvoirs de la Commission et du Parlement européens, c’est finalement auprès de ce même PE que le locataire du 10 Downing Street a dû venir quémander son soutien indispensable.
Le journal note que le message principal transmis à M. Cameron par les responsables politiques du Parlement européen a été celui de leur motivation entière à conserver son pays dans l’UE, et donc à l’aider à gagner son référendum.
La Libre Belgique écrit de son côté que le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a semblé donner raison à ceux qui pensent que le Royaume-Uni parviendra une nouvelle fois à tordre le bras à ses partenaires européens, relevant qu’à la veille du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui sera consacré à l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’UE, le Premier ministre britannique est à nouveau venu à Bruxelles, alors que Londres juge encore insuffisant le projet de compromis présenté il y a quinze jours par le président du Conseil européen Donald Tusk.
En France, les quotidiens continuent de s’intéresser aux derniers développements de la situation en Syrie.
‘Les structures de santé ciblées en Syrie », titre Le Monde qui rapporte que depuis le début de l’intervention militaire russe en soutien au régime de Damas, fin septembre, jusqu’à fin janvier, l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), un collectif de médecins syriens, a dénombré 29 hôpitaux bombardés. Au total, 330 structures médicales, dont 177 hôpitaux, ont été détruites et 697 personnels de santé tués en Syrie entre août 2012 et décembre 2015.
Il y a une réelle volonté de les détruire, même dans les zones où il y a très peu de combattants, pour faire fuir les civils qui ont payé un lourd tribut dans les bombardements, qui ont visé lundi Azaz, une ville tenue par l’opposition près de la frontière turque, menacée par l’avancée des forces loyalistes, et par celles des miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) qui se sont emparés dans la soirée du bastion rebelle de Tell Rifaat, à quelques kilomètres au sud.
Sur un autre registre Le Figaro, qui titre ‘Syrie : la Turquie et la Russie au bord du clash » écrit que pour le quatrième jour consécutif, mardi, la Turquie est intervenue militairement dans le conflit syrien en bombardant, depuis son territoire, les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) dans la région d’Azaz, au nord d’Alep, ajoutant qu’Ankara veut autant enrayer la progression de ces milices qui contrôlent déjà une grande partie du nord de la Syrie, qu’empêcher le Kremlin d’agir en seul maître du jeu dans cette zone frontalière, où les bombardiers russes pilonnent l’opposition depuis plus de quinze jours.
La Turquie semble ménager toutes les marges de manœuvre. Elle est pourtant l’une des grandes ‘perdantes » de l’intervention russe : Bachar el-Assad, le président honni, se trouve renforcé, les ennemis kurdes aussi, -au prix bonus pour Moscou- d’une brouille turco-américaine, les bombardements laminent les rebelles soutenus par Ankara et des milliers de réfugiés affluent vers sa frontière, poursuit la publication.
La presse allemande continue aussi à focaliser son attention sur la situation humanitaire en Syrie après le bombardement cette semaine de plusieurs cibles civiles dont des structures médicales et des hôpitaux.
Neue Osnabrucker Zeitung se demande que peuvent faire les dirigeants des grandes puissances du monde pour mettre un terme à la violence en Syrie et amener toutes les parties au conflit à engager des pourparlers de paix sérieux et crédibles.
Son confrère Der Neue Tag indique que la Russie multiplie les démonstrations de force avant le cessez-le-feu et l’arrêt des hostilités convenus lors de la conférence internationale pour la sécurité de Munich, s’interrogeant sur l’objectif visé par Moscou à travers son soutien à Bachar Al Assad.
Kolenr Stadt-anzeiger exprime ses inquiétudes de la situation en Syrie, relevant que la région dans son ensemble est au bord de l’implosion en raison de la tension entre la Turquie et la Russie.
La Russie n’est pas le seul pays qui alimente le conflit et exacerbe la violence en Syrie, estime pour sa part Mannheimer Morgen, qui cite également le conflit entre la Turquie et les Kurdes et la tension entre Ankara et Moscou.
Espagne, les principaux journaux jettent la lumière sur les divergences entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le parti anti-austérité Podemos, qui a réclamé la tenue d’un referendum en Catalogne pour faire partie d’un gouvernement de gauche.
La Razon indique que le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, a reconnu la difficulté de parvenir à un accord avec Podemos, ajoutant que la formation socialiste est consciente que l’organisation d’une consultation d’autodétermination en Catalogne exige la réforme de la constitution espagnole.
Même son de cloche chez ABC, qui écrit que Sanchez a exprimé sa disposition à se réunir avec le chef de Podemos, Pablo Iglesias, mais seulement pour signer un accord pour investir un gouvernement dirigé par le PSOE, réitérant le refus de sa formation de la convocation d’un referendum dans la région de la Catalogne.
Quant à El Pais, il souligne que Sanchez a accusé les dirigeants de Podemos de négocier ‘à travers les conférences de presse », insistant que le PSOE n’aspire pas à obtenir un compromis avec les partis séparatistes pour constituer un gouvernement socialiste.
De son côté, El Mundo relève que le chef des socialistes a entamé des négociations avec le secrétaire général du parti de centre droit Ciudadanos, Albert Rivera, dans la perspective d’atteindre un accord permettant d’investir Sanchez comme président du gouvernement espagnol.
La faillite de la chaine néerlandaise de prêt à porter V&D retient l’attention des journaux aux Pays-Bas.
De Volkskrant indique qu’après une présence de 129 ans sur le marché néerlandais, la chaine V&D, en difficultés depuis des mois, ne pourra pas se relever malgré les efforts déployés ces dernières semaines, ajoutant qu’il s’agit de la plus grande faillite dans l’histoire des enseignes de prêt à porter néerlandaise.
Les pourparlers sur une éventuelle restructuration du groupe V&D à travers un rachat de l’ensemble ou d’une partie des magasins n’ont pas abouti mardi, rapporte la publication, ajoutant que quelques 8.000 personnes vont perdre leurs emplois.
Le NRC indique que les acheteurs potentiels et les actionnaires n’ont pas pu parvenir à un accord, ajoutant que les banques ont pour leur part refusé de financer l’opération de rachat du groupe V&D.
L’AD souligne que le groupe VTop of Form 1&D a été déclaré en faillite fin de l’année 2015 après que son propriétaire, le groupe de capital-investissement Sun Capitol, a refusé d’injecter davantage d’investissement dans l’entreprise, ajoutant que Sun Capitol a investi près de 165 millions euros depuis 2010 dont 50 % sous forme de prêts.
Le groupe est considéré comme l’une des plus grandes chaînes aux Pays-Bas, né d’une fusion en 1887 des magasins d’Amsterdam et des frères Willem Vroom et Anton Dreesmann.