La presse européenne, paraissant vendredi, consacre sa Une à la question du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, principal dossier au menu du sommet européen.
‘Dans l’UE, qui tient encore aux Britanniques? », s’interroge la Tribune de Genève qui souligne la réticence de nombreux gouvernements européens face aux exigences du Premier ministre David Cameron.
L’éditorialiste se demande si l’accord passé entre le Conseil européen et M. Cameron tient encore au regard de l’opposition grandissante aux demandes de concessions formulées par Londres.
Le +24Heures+ estime de son côté que le Premier ministre britannique ‘joue sa carrière politique et la trace qu’il laissera dans l’Histoire avec les négociations pour éviter une sortie de son pays de l’UE ».
Cameron, constate-t-il, ‘est pris en tenailles entre des pays européens opposés à tout changement sur la liberté de circulation ou prônant plus d’intégration et une opinion publique peu enthousiaste, influencée par une presse populaire pour le moins eurosceptique ».
Son confrère Le Temps n’exclut pas une percée de dernière minute sur la question des arrangements avec le Royaume-Uni pour éviter une sortie lourde de conséquences de la Grande-Bretagne.
Le Premier ministre, observe le journal, ‘place haut la barre en exigeant un accord crédible aux yeux des Britanniques pour qu’il soit capable de convaincre ses compatriotes de soutenir le maintien du pays dans l’UE ».
En Grande-Bretagne, Le quotidien Guardian souligne ‘la dernière chance » du premier ministre David Cameron de dérocher un accord avec ses partenaires européens, qui semblent être résolus à limiter les concessions offertes à Londres en vue d’une redéfinition des liens entre le Royaume-Uni et l’UE.
Toutefois, un accord permettant à David Cameron de lancer sa campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE lors d’un référendum en juin prochain paraît toujours envisageable, souligne le journal, indiquant que des questions difficiles à trancher ralentissent les négociations.
Le Daily Mail fait état d’une forte résistance rencontrée par le chef du gouvernement britannique qui souhaite obtenir un ‘accord fort » pour persuader les Britanniques de soutenir l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne.
Quant au Daily Express, il se montre pessimiste et prévoit l’échec de Cameron d’obtenir un ‘bon accord » des Européens. Le PM britannique, lui, demeure optimiste, précisant qu’il rejetterait tout accord qui ne répondra pas à ses demandes de réformes, poursuit le journal.
Le Daily Telegraph se fait l’écho de l’appui apporté par les milieux d’affaires aux efforts déployés par le gouvernement pour maintenir le Royaume-Uni dans l’UE en raison des énormes enjeux politiques et économiques d’un Brexit, affirmant que l’espace européen est un marché important et stratégique pour l’économie britannique.
C’est l’heure de vérité, lance le quotidien belge Le Vif qui relève que les Européens veulent un ‘bon accord mais pas à n’importe quel prix ».
D’ici là, souligne le journal, il faudra encore assouplir les positions des uns et des autres, pour éviter que la perspective d’un ‘Brexit », qui fait trembler l’Union, ne devienne réalité.
Le Soir s’interroge de son côté s’il y avait des raisons sérieuses de penser que les 28 n’arriveraient pas à entériner le projet d’accord sur la table, notant qu’aucun Etat membre n’a signifié être catégoriquement opposé à aucune des dispositions prévues dans le texte ciselé par les experts et juristes depuis 15 jours.
Mais tout le monde, ou presque, poursuit le journal, a des souhaits de modification ici ou là, sachant qu’on négocie un texte qui aura valeur de loi internationale.
La Libre Belgique indique que certains pays insistent pour que l’accord comporte une ‘clause d’autodestruction » au cas où le référendum britannique accoucherait d’un Brexit.
Ils tiennent ainsi à fermer la porte à une surenchère britannique qui viserait à transformer un ‘no » en ‘yes », relève le quotidien, ajoutant que l’idée permettrait aussi à David Cameron d’étouffer un argument des ‘durs » de son camp, qui jugent qu’au final, les partenaires européens de Londres seront prêts à toutes les concessions pour garder le Royaume uni dans l’Union.
En France, la presse quotidienne évoque l’attentat meurtrier perpétré mercredi à Ankara, notant que les rebelles kurdes sont accusés par la Turquie d’être derrière l’attaque.
Sous le titre ‘l’attentat d’Ankara attise le grand jeu régional », Libération écrit que cette attaque est une nouvelle étape dans l’escalade de la guerre en Syrie, sur fond de tensions turco-russes.
‘Le lieu du carnage, en plein centre d’Ankara, est lourdement symbolique. C’est le cœur même du pouvoir turc où s’élèvent à quelques centaines de mètres les uns des autres le bâtiment de l’Assemblée nationale, les bureaux du Premier ministre, le siège de l’état-major et le quartier général des forces armées », fait remarquer le journal, estimant que l’attentat kamikaze va accélérer encore la régionalisation du conflit syrien alors même que les forces turques pilonnent à l’artillerie depuis une semaine les milices kurdes de Syrie, au nord d’Alep.
L’attaque d’Ankara risque aussi de durcir le bras de fer entre la Russie et la Turquie, pilier du flanc sud-est de l’Otan, qui sont depuis plusieurs semaines au bord de l’affrontement, poursuit-il.
Pour sa part, Le Monde indique que la confrontation entre le PKK et Ankara est montée d’un cran depuis que les rebelles kurdes syriens du Parti de l’Union démocratique (PYD) gagnent du terrain dans le nord de la Syrie, notant que profitant de la couverture aérienne russe, les milices armées kurdes (YPG) se sont emparées lundi soir de la ville syrienne de Tal Rifaat, située à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque.
‘Mais le champ d’action de la Turquie est limité. Moscou jouissant de la maîtrise des airs en Syrie, l’aviation turque ne peut se risquer à intervenir. Le président Recep Tayyip Erdogan est donc contraint d’assister, impuissant, à l’écroulement de son rêve de politique étrangère, soit l’avènement d’un pouvoir sunnite à Damas », croit savoir le journal, ajoutant que l’offensive kurde vise à réaliser le scénario tant redouté des élites turques : la création, à sa frontière, d’une région autonome kurde gouvernée par le PKK.
Le journal allemand Kölner Stadt-Anzeiger écrit qu’Ankara fait face à un contexte difficile, notant que les problèmes de la Turquie, qui aspire à rejoindre l’UE, concernent aussi l’Union européenne.
Nürnberger Nachrichten estime que les raisons de ce cycle de violence qui frappe la Turquie résident essentiellement dans le conflit en Syrie voisine et le ‘manque de vision des responsables turcs ».
Tagesspiegel se demande si, dans les conditions actuelles, la Turquie reste toujours un allié ‘digne de confiance » pour l’Europe et la Chancelière allemande Angela Merkel.
Pour Neue Osnabrücker Zeitung, aucun Etat ne semble appuyer la politique d’ouverture de Mme Merkel, notant que tous les pays de l’Europe de l’est ne croient plus en un règlement de la crise des réfugiés et même la coopération franco-allemande n’est plus efficace.
En Espagne, l’incapacité des partis politiques de parvenir à un accord permettant l’investiture d’un nouveau gouvernement retient l’attention des principaux journaux.
La Razon met l’accent sur les déclarations du président du gouvernement sortant et chef du Parti populaire (PP), Mariano Rajoy, qui a confié au Premier ministre britannique, David Cameron, que la convocation de nouvelles élections en Espagne pour le 26 juin prochain est ‘très probable ».
Quant à ABC, il rapporte les propos du secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, qui a qualifié de ‘lamentables » les déclarations de Rajoy, précisant qu’au moment où il essaye de former un gouvernement, le leader de droite préfère la tenue d’un nouveau scrutin.
Le journal madrilène El Mundo écrit que les pressions exercées par les juges et les procureurs ont conduit le parti anti-austérité Podemos à procéder à une deuxième correction de son programme pour la prochaine législature, ajoutant que cette mesure a pour objectif de garantir l’indépendance de la justice.
De son côté, El Pais relève que le PP a proposé d’accorder deux vice-présidences aux partis socialiste et Ciudadanos dans la perspective d’atteindre un accord avec les deux formations afin d’investir un gouvernement conservateur soutenu par la gauche et le centre.