La décision de l’influent maire de Londres de soutenir la campagne pour une sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’accord russo-américain sur une cessation des hostilités en Syrie et les négociations pour former un nouveau gouvernement en Espagne retiennent l’attention de la presse européenne, paraissant lundi.
En Grande-Bretagne, la presse se fait l’écho de la décision du maire de Londres de soutenir la campagne pour un Brexit, un ‘revers » pour le PM britannique qui a jusqu’ici réussi à éviter la défection des principales personnalités du Parti conservateur.
Le Daily Telegraph publie à la Une une photo du maire de Londres Boris Johnson, un député conservateur, qui a annoncé dimanche qu’il ferait campagne pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, ce qui porte, estime le journal, un ‘coup dur » au Premier ministre David Cameron à quatre mois du référendum qui sera organisé au Royaume-Uni sur l’appartenance de Londres à l’Union européenne.
Pour sa part, Times met en avant les propos de Boris Johnson qui a affirmé qu’il soutiendrait la campagne pour une sortie de l’UE du Royaume-Uni, précisant toutefois qu’il n’allait pas participer à des débats télévisés contre son parti.
‘Je pense que personne ne peut prétendre que l’accord obtenu par le premier ministre David Cameron apporte une réforme fondamentale à l’UE ou aux relations de la Grande-Bretagne avec l’UE », a dit le maire de Londres, cité par le journal.
Selon le Guardian, M. Boris Johnson a eu beaucoup de mal à prendre une telle décision, soulignant la nécessité de ‘faire une différence entre les merveilles de l’Europe et un projet politique qui est en marche depuis des décennies et menace maintenant d’échapper au contrôle démocratique ».
D’après les tabloïds Daily Express, Daily Mail et le Sun, l’adhésion du maire de Londres au camp des eurosceptiques britanniques renforce les partisans du Brexit qui continuent de gagner du terrain au Royaume-Uni en dépit des garanties et de l’accord scellé par le chef du gouvernement conservateur à Bruxelles après des négociations marathoniennes et difficiles avec les partenaires européens.
La Libre Belgique estime à cet effet que la décision du maire conservateur de Londres est un ‘sérieux coup dur », notant qu’a lui seul, le grand blond semble en effet en mesure de mettre par terre les plans de David Cameron. Une révision totale de la stratégie du Premier ministre britannique s’avère désormais nécessaire, relève le quotidien.
Pour L’Avenir, la popularité de Boris Johnson donnerait du lustre à la campagne pro-Brexit, qui a pour l’instant été rejointe par cinq ministres et une secrétaire d’Etat du gouvernement conservateur, dont le ministre de la Justice Michael Gove, ami personnel de Cameron.
Cet aspirant à la succession de David Cameron vient ainsi gonfler les rangs des pro-Brexit aux côtés du chef du parti europhobe et anti-immigration Nigel Farage, poursuit-il.
La campagne est lancée, les bataillons sont formés et le gouvernement de David Cameron est profondément divisé, écrit de son côté Le Soir, qui note qu’alors que le Premier ministre prononçait une allocution solennelle devant le 10 Downing street, six de ses ministres s’éclipsaient du siège du gouvernement par une porte dérobée pour réapparaître quelques minutes plus tard, tout sourire, derrière une bannière appelant à la sortie du Royaume-Uni de l’Europe.
Le ralliement au camp du ‘Leave » (Partir) de ces personnalités politiques de premier rang n’a rien de surprenant, mais il est toutefois problématique pour David Cameron, ajoute le journal.
Aux Pays-Bas, De Volkskrant, qui titre ‘Boris Johnson, portrait d’un anarcho-conservateur », écrit que la position de Johnson constitue un véritable revers pour le Premier ministre britannique qui a déployé ces derniers jours de gros efforts pour maintenir son pays au sein de l’UE, ce qui risque de lui coûter cher quant à son avenir politique.
Sous le titre ‘Johnson fait campagne pour la sortie de la GB de l’UE », le NRC rapporte que le charismatique maire de Londres Boris Johnson a rejoint le camp des eurosceptiques en décidant de faire campagne pour un Brexit de Londres.
Le quotidien indique que le maire de Londres estime que son pays sera ‘mieux » en dehors de l’Union, d’où la nécessité, selon lui, d’un ‘meilleur accord » pour les Britanniques et leur bien-être.
‘Le maire de Londres soutient le camp pro-Brexit » écrit AD qui rappelle que David Cameron avait averti Johnson d’une telle démarche.
Le maire de Londres déplore notamment l’absence de démocratie au sein de l’UE et l’ingérence de celle-ci dans les affaires internes de la Grande Bretagne, selon la publication.
Les quotidiens helvétiques commentent, eux, l’accord russo-américain sur les modalités d’une cessation des hostilités en Syrie.
Dans un éditorial intitulé ‘un embryon d’accord au goût amer », la Tribune de Genève souligne qu’au grand dam des Européens, Russes et Américains jouent de leur influence auprès des protagonistes pour tirer un accord au mieux de leurs intérêts.
‘Si un cessez-le-feu émerge du chaos, c’est que les leviers actionnés en coulisse pour faire entendre raison aux parrains régionaux de ce conflit ont eu l’effet escompté », estime l’éditorialiste. Il reste, relève-t-il, que cet embryon d’accord a un goût amer tant il arrive tard pour des millions de Syriens.
Le Temps s’interroge de son côté sur les chances pour Washington d’opérer une quelconque percée en sa faveur dans le bourbier syrien, après la conférence internationale de Munich. Il note que les Etats-Unis ne disposent pas d’alliés suffisamment proches et puissants sur place pour espérer récolter les fruits d’un éventuel succès militaire.
Le 24Heures relève que les perspectives d’une trêve sont au plus bas, d’autant plus que les combats se poursuivent sans relâche entre les différents protagonistes du conflit syrien. Le journal fait observer à cet égard que les discussions diplomatiques piétinent bien que les choses aient commencé à s’accélérer avec l’ouverture d’une première brèche humanitaire en Syrie la semaine dernière.
En Allemagne, la presse commente les récents incidents anti-réfugiés dans la région de Dresde, dans l’est du pays, dont l’incendie d’un futur foyer pour demandeurs d’asile et l’attitude inappropriée de la police et de citoyens à l’égard de réfugiés.
Landeszeitung estime que la culture d’hospitalité de l’Allemagne a pris un sérieux coup à cause des incidents anti-réfugiés dans l’est du pays.
Neue Presse juge ‘inacceptable » le fait de s’en prendre à des réfugiés, venus demander la protection, ajoutant que cette attitude porte atteinte aux valeurs du peuple allemand.
Trierischen Volksfreund considère de son côté que l’incendie d’un foyer pour demandeurs d’asile constitue une ‘honte », mettant en péril la réputation de l’Allemagne de l’Est qui avait appelé en 1989 à la liberté et la paix.
En Espagne, les négociations prévues lundi entre les quatre forces socialistes du pays ibérique pour tenter de parvenir à un compromis permettant de constituer un gouvernement à gauche retiennent l’attention des principaux journaux.
ABC indique que cette rencontre cruciale aura lieu au Congrès des députés, signalant que les quatre représentants de la gauche espagnole présenteront lors de cette réunion leurs propositions dans la perspective de former un gouvernement de coalition et éviter la convocation de nouvelles élections.
Quant à El Pais, il indique que les dirigeants du parti de centre droit Ciudadanos ont affirmé que les négociations avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) pour atteindre un accord d’investiture ont connu d’importants progrès, en dépit de l’existence de certaines divergences entre les deux formations.
Dans le même sillage, El Mundo fait observer que les négociations entre le PSOE et Ciudadanos sont ‘sérieuses », soulignant que les leaders du parti libéral ont exigé de la formation socialiste de faire preuve de bonne foi et d’engagement pour obtenir un accord permettant l’investiture d’un cabinet à gauche.
Le journal madrilène La Razon écrit que le Parti populaire (PP), vainqueur des élections législatives du 20 décembre, se prépare pour une possible convocation d’un nouveau scrutin si le bloc socialiste ne réussit pas à parvenir à un accord.
En France, Le Monde s’inquiète de la dérive autoritaire en cours en Inde d’un ‘gouvernement nationaliste hindou décidé à faire taire toute critique », comme en témoigne l’arrestation d’un étudiant et d’un ancien professeur de l’université Jawaharlal Nehru de Delhi, accusés de ‘sédition ».
Le gouvernement de Narendra Modi a également pris pour cible depuis un an les associations et organisations non gouvernementales, en particulier celles qui militent pour la défense de l’environnement, considérées comme un frein à l’économie, relève le journal.
De son côté, Libération s’intéresse à la campagne pour les présidentielles américaines, notant que du côté républicain, Donald Trump fait la course en tête, écrasant par ses outrances tous ses concurrents.
‘Le problème, au fond, ce n’est pas Trump, c’est ce que son succès dit de la régression sociale et politique du monde actuel », écrit le quotidien, estimant que la bonne nouvelle c’est qu’une partie des Etats-Unis, et notamment les jeunes, plébiscite un homme comme le socialiste Bernie Sanders.
Le Figaro évoque pour sa part la course à la primaire de droite pour les présidentielles françaises de 2017, soulignant que si la liste des prétendants est longue, leurs programmes sont presque identiques.
Tous les candidats à la primaire de droite considèrent que l’Etat doit être fort sur les affaires régaliennes (sécurité, immigration) mais aussi discret que possible sur les questions économiques, résume la publication.