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La revue de presse quotidienne de l’Europe occidentale

La crise migratoire en Europe domine, vendredi, les commentaires des principaux journaux européens.

En Suisse, les quotidiens s’intéressent aux divisions des pays de l’UE sur la manière de traiter la crise des réfugiés et son impact déstabilisateur sur le Vieux-Continent.

Sous le titre ‘le système européen risque de s’effondrer », la Tribune de Genève souligne la situation critique des migrants qui veulent rallier le nord de l’Europe via la route des Balkans et se retrouvent progressivement bloqués aux frontières.

Le journal n’exclut pas la possibilité d’une crise humanitaire de grande échelle à l’heure où la solidarité et l’action commune cèdent la place aux mesures d’urgence aux frontières.

Le 24Heures relève, de son côté, que les actions unilatérales entraînent une réaction en chaîne de mesures similaires dans les pays situés sur la route empruntée par les migrants à travers les Balkans.

‘Montrée du doigt par plusieurs pays qui lui reprochent de ne pas suffisamment protéger une des frontières extérieures de l’UE, Athènes a vivement répliqué en affirmant qu’elle n’acceptera pas de devenir le Liban de l’Europe », ajoute la publication.

Le Temps note que les pays de l’union semblent de plus en plus dépassés par les flux migratoires qui ne tarissent pas, alors que certains d’entre eux défient ouvertement les plans de relocalisation des migrants déjà validés.

Sous la titre ‘la zizanie à propos de la crise migratoire s’enracine en Europe », La Libre Belgique écrit qu’un ‘mot caractérise mieux que tout autre la manière dont les pays européens font face à la crise migratoire : le chaos ».

Relevant que la réunion de mise au point entre les ministres de l’intérieur et de l’immigration qui s’est déroulée ce jeudi n’est pas parvenue à modifier cette position, le quotidien estime que nul doute que ‘les actions unilatérales vont se multiplier, la fermeture des frontières nationales risquant d’enterrer définitivement la zone Schengen de libre circulation et provoquer une crise humanitaire majeure ».

Le Vif souligne de son côté que l’enjeu d’une réponse collective à la crise migratoire est d’autant plus fort que la menace d’une crise humanitaire plane désormais sur certains pays, en particulier la Grèce.

Entre maintenant et d’ici quelques semaines, un certain nombre de pays prendront des mesures encore plus fortes et cela ira très vite en chutant, ajoute-il.

Le Soir rapporte, lui, que faute d’une réponse collective, les Etats membres de l’UE se sont mis d’accord sur des contrôles plus stricts aux frontières extérieures de toutes les personnes qui entrent dans l’Union européenne.

Les citoyens européens seront eux aussi soumis à des contrôles systématiques, ce qui provoquera inévitablement des temps d’attente plus longs dans les aéroports, note le quotidien.


Aux Pays-Bas, De Volkskrant, qui titre ‘l’Europe veut des flux migratoires nettement inférieurs dans dix jours », indique que les Européens veulent réduire de manière significative les flux migratoires dans les dix prochains jours, ajoutant que l’Europe et la Turquie notamment devraient entreprendre des actions concrètes pour atteindre cet objectif.

Le quotidien, qui cite le commissaire européen chargé de l’immigration, met en garde contre un effondrement du système si rien n’est fait.

Le NRC rapporte qu’en l’absence d’un compromis européen sur la gestion de la crise migratoire, plusieurs pays ont pris des mesures à titre individuel pour réduire les flux migratoires via notamment le renforcement des contrôles aux frontières de ces pays, ajoutant que de telles mesures constituent une pression de plus sur l’espace Schengen.

La publication rappelle que l’UE et la Turquie ont conclu un accord en vertu duquel le premier débloque une aide de 3 milliards d’euros en faveur d’Ankara, en contrepartie du renforcement des contrôles au niveau des frontières turcs mais rien n’est fait jusqu’à présent.

L’AD se fait l’écho des inquiétudes des responsables européens quant à l’avenir de l’espace Schengen notamment avec le retour au contrôle des frontières, estimant que les pays européens se doivent de s’unir pour préserver cet espace au lieu de créer les conditions de sa disparition.

En Allemagne, la presse s’intéresse à l’adoption par le parlement d’une série de mesures visant à durcir les conditions d’asile. Thüringische Landeszeitung indique que le Bundestag a approuvé de nouvelles lois sur l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés et le durcissement de la procédure de regroupement familial, notant que ces mesures visent dans leur globalité à améliorer l’intégration des réfugiés dont les dossiers ont été validés.

Neue Osnabrücker Zeitung relève que le parti de droite populiste ‘Alternative für Deutschland » compte faire barrage à l’application de ces nouvelles lois, dans la mesure où il estime que cet ensemble de mesures ne permettra pas de régler tous les problèmes engendrés par les crises des réfugiés.

Reutlinger Generalanzeiger s’interroge de son côté sur l’efficacité du durcissement de la politique migratoire, notant qu’une grande part des réfugiés vient de pays sûrs, à l’exception de la Syrie, l’Irak et de l’Afghanistan.

En France, Libération souligne l’échec de l’Europe sur le dossier migratoire, estimant que Schengen est en cours de dislocation et que cet espace de libre circulation est devenu ‘un ticket d’entrée gratuite pour les réfugiés du Moyen-Orient et, dans leur sillage, les exilés économiques venus de partout ».

‘La légitimité de l’UE dépend de ses réussites. Au fil des crises, elle a surtout exhibé ses vices de fonctionnement », écrit le journal.

Le Monde revient, de son côté, sur les dissensions de plus en plus visibles au sein de la famille de la gauche française, après la publication récemment d’un manifeste, signé notamment par l’ancienne numéro un du Parti socialiste, Martine Aubry, fustigeant la politique du gouvernement de Manuel Valls.

‘Le réquisitoire de Martine Aubry est le point d’orgue d’une séquence délétère que le pays subit depuis trois mois », estime le quotidien, constatant que ‘la gauche est en miettes, que la majorité a explosé et que le Parti socialiste est au bord de l’implosion ».

Libération s’intéresse aux prochaines élections législatives en Iran, soulignant que ce scrutin, marqué par la mise hors-jeu, sur décision du régime, de la plupart des candidats réformateurs, montre que le processus de démocratisation ‘sera long, complexe et très incertain en dépit des espoirs d’une bonne partie de la classe moyenne et de la jeunesse ».

‘Craignant de ne pouvoir contrôler l’ouverture sur le monde entraînée par la levée des sanctions, les plus durs des mollah verrouillent le système », résume l’éditorialiste.


En Espagne, les principaux quotidiens s’intéressent toujours à la suspension par le parti d’extrême gauche Podemos des négociations visant à former un cabinet de coalition avec le Parti socialiste, après la signature d’un accord d’investiture entre les socialistes et les libéraux de Ciudadanos.

El Pais écrit que le leader de Ciudadanos, Albert Rivera, a demandé de se réunir avec le chef du Parti populaire, Mariano Rajoy, pour négocier l’abstention des conservateurs lors de la session d’investiture du gouvernement socialiste, prévue mardi prochain.

Dans ce sillage, ABC indique que le PP aura une réunion avec Ciudadanos pendant la première semaine de mars et proposera aux socialistes une rencontre similaire pour examiner la possibilité de parvenir à un accord de gouvernement.

Quant à La Razon, il rapporte les propos de la secrétaire des relations internationales du Parti socialiste, Carme Chacon, qui a assuré que l’accord conclu avec Ciudadanos porte également sur la convocation d’un referendum d’autodétermination dans la région de la Catalogne suite à une réforme de la Constitution.

De son côté, El Mundo souligne que le Parti populaire envisage de déposer une plainte auprès du Tribunal constitutionnel si les socialistes ne respectent pas les délais d’investiture prévus par la loi.

En Grande-Bretagne, la presse se fait l’écho des résultats d’une enquête menée sur les agressions sexuelles commises par Jimmy Savile, ex-animateur vedette de la BBC, mort en 2011 mais décrit par Scotland Yard comme ‘le pire prédateur sexuel de l’histoire du pays ».

Le quotidien Guardian revient sur les conclusions d’une enquête interne menée par Janet Smith sur les abus sexuels commis par Jimmy Savile, l’ex-star des années 1970-80 au style excentrique, non seulement dans des locaux de la BBC mais aussi dans des écoles, dans des hôpitaux, dont des établissements psychiatriques, et dans un centre de fin de vie.

Au cours de son enquête, Janet Smith a dénombré 72 victimes de Savile dans le cadre de son travail à la BBC, dont huit ont été violées, une a subi une tentative de viol et 47 ont été victimes d’attouchements sexuels, souligne le journal.

Sur les 72 victimes, 57 sont des femmes et 15 sont des hommes, précise le Daily Telegraph, en citant le rapport Janet, indiquant que 34 des victimes de Savile avaient moins de 16 ans au moment des faits.

Le Daily Mail s’intéresse également à ce rapport selon lequel la culture de la peur envers les célébrités à la BBC a favorisé les agissements pédophiles de son ancienne star Jimmy Saville, qui présentait une émission pour enfants et était engagé dans de nombreuses œuvres caritatives.

‘Ma conclusion est que certains responsables juniors et de rang intermédiaire étaient au courant de la conduite sexuelle inappropriée de Savile dans le cadre de son travail pour la BBC » pendant des dizaines d’années, écrit Janet Smith, l’auteur de ce rapport de près de 800 pages, citée par le journal.

La popularité de Savile et son engagement caritatif lui avaient valu d’être anobli par la reine et ce n’est qu’un an après sa mort qu’une enquête journalistique a dévoilé les agressions qu’il a commises.

 

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