Le débat sur le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis, la réforme pénale en France et le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne sont les principaux sujets traités par la presse européenne, paraissant mercredi.
Sous le titre ‘Barack Obama en larmes pour souligner l’urgence d’agir sur les armes à feu », le quotidien belge L’Avenir rapporte que le président américain a annoncé une série de mesures visant à réformer le contrôle des armes, partant du fait que le lobby des armes ne peut pas prendre l’Amérique ‘en otage ».
Assurant avoir le droit et l’écrasante majorité de la population de son côté, M. Obama a décidé de court-circuiter le Congrès en déclinant des décrets pour changer la donne sur cette question qu’il place au cœur de son dernier mandat, ajoute le journal.
Son confrère Le Soir relève que le président américain a décidé de renvoyer dos à dos tous ses compatriotes et leurs idées bien arrêtées sur le sens de la sacro-sainte ‘liberté » qui autoriserait tout Américain à ‘posséder et porter une arme », au titre du deuxième amendement de la Constitution.
Mais que valent ces décrets annoncés par Obama ?, s’interroge le quotidien, qui estime que tout dépendra de son successeur dans le Bureau ovale après l’élection présidentielle du 8 novembre prochain.
Pour La Libre Belgique, qui titre ‘Barack Obama ne désarme pas », les mesures annoncées sont nécessairement modestes, car elles ne mettront pas fin à la litanie de drames que connait le pays.
Et si seulement, comme Obama l’espère, elles permettent au moins de sauver des vies, poursuit-il.
Sur le même sujet, la Tribune de Genève, qui titre ‘Obama en larmes face aux armes », écrit que le président américain n’a d’autre choix que d’agir seul pour contourner un Congrès fortement paralysé sur cette question.
‘L’appel d’Obama aux parlementaires pour voter de nouvelles lois sur les armes a des allures de vœu pieu », estime l’éditorialiste, soulignant qu’il a fondu en larmes lorsqu’il a mentionné les 20 enfants tués lors d’une fusillade survenue en décembre dans une école.
Le président, relève le +24Heures+, a été contraint d’agir à des mois de la fin de son mandat pour mieux dénoncer l’inaction de ses adversaires républicains, majoritaires dans les deux chambres, qui refusent de légiférer sur ce thème.
La publication note que la portée des mesures annoncées par Obama sera extrêmement difficile à mesurer, à tel point que la Maison Blanche se garde d’avancer la moindre prévision chiffrée sur le nombre de personnes concernées.
Le Temps se demande, de son côté, sur l’efficacité des décrets présidentiels dans la lutte contre la vente et le port d’armes, une question réglementée depuis bien longtemps par la Constitution américaine.
En Italie, ‘Corriere della Sera » souligne qu’ému et en larmes, le chef de la Maison Blanche a insisté mardi sur ‘l’urgence absolue » d’agir sur les armes à feu, dont l’usage provoque 30 mille victimes par an aux Etats-Unis.
‘Nous devons ressentir l’urgence absolue maintenant, car les gens meurent. Et les excuses constantes pour l’inaction ne marchent plus. Ne suffisent plus », a ajouté le président Obama, dont l’image, en larmes, retransmise en direct par les télévisions, restera l’un des moments forts de son mandat présidentiel, ajoute le journal.
De son côté, ‘La Repubblica » écrit que le Président Obama n’a pas pu retenir ses larmes en évoquant les vingt enfants abattus par un déséquilibré à l’école de Sandy Hook en décembre 2012.
Le journal s’attarde en particulier sur les principales mesures annoncées par Obama, à savoir les contrôles sur les ventes d’armes en particulier celles effectuées sur le web, le renforcement des éléments de la police chargés des contrôles ainsi que des fonds pour lutter contre les maladies mentales qui sont la principale cause des fusillades.
Pour ‘Il Messaggero », l’intervention d’Obama pour plus de contrôles sur les armes à feu semble ‘une tentative de donner vie à un mouvement qui prendra le relais après son départ de la Maison Blanche ».
En France, la presse quotidienne se penche sur plusieurs sujets, dont le projet de loi de réforme pénale, transmis fin décembre au Conseil d’Etat et qui vise en particulier à renforcer l’arsenal juridique contre le terrorisme.
Depuis les attentats de janvier 2015, la justice a surtout vécu d’espoir et de promesses qu’il ne faut plus tarder à tenir, écrit Le Figaro, notant qu’il a fallu un an et la terrible secousse des attentats du 13 novembre 2015 pour que le pouvoir politique propose des moyens et des outils juridiques supplémentaires.
Ces derniers devraient être créés par la future loi réformant la procédure pénale, en février prochain, explique le journal, relevant que même s’ils constituent une amélioration de l’arsenal judiciaire, ces outils juridiques ne répondent pas totalement aux demandes des magistrats.
Sous le titre ‘Justice : un arsenal contre le terrorisme encore insuffisant », le quotidien rapporte que le texte proposé par le gouvernement de Manuel Valls écarte des réformes demandées par nombre de procureurs et de juges à commencer par une refonte des peines pour faits de terrorisme.
‘Une nouvelle mise à l’écart de la justice » titre, pour sa part, Le Monde qui estime que le nouveau projet de loi confirme un élargissement des pouvoirs de police, des parquets et des préfets aux dépens des juges d’instruction.
Le quotidien souligne, toutefois, que le texte est exemplaire à plus d’un titre : d’abord en ce qu’il révèle la précipitation du gouvernement, qui s’appuie sur un texte de simplification et de consolidation des garanties individuelles pour y introduire une foule de mesures, voulues par le ministère de l’intérieur, qui fragilisent ces mêmes garanties, précisant qu’il en sort un texte hybride, dont la vocation, derrière l’habillage d’usage, est de prolonger les mesures autorisées par l’état d’urgence en dehors de l’état d’urgence.
En Outre-manche, la presse s’intéresse au référendum prévu au Royaume-Uni sur son appartenance à l’Union européenne et la grève prévue la semaine prochaine par les médecins britanniques du secteur public.
Le quotidien Guardian met en avant la décision du Premier ministre, David Cameron, de laisser les membres de son gouvernement faire campagne pour ou contre une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, avant un référendum qui pourrait se tenir cette année.
‘Le gouvernement britannique adopte une position claire sur les relations de Londres avec Bruxelles, mais les ministres seront libres sur le plan individuel de défendre un avis différent, tout en continuant à faire partie de l’équipe gouvernementale », a dit M. Cameron, cité par le journal.
Selon le Daily Telegraph, la décision prise par le chef du gouvernement répond au souhait exprimé par plusieurs ministres conservateurs eurosceptiques qui veulent mener librement campagne pour un ‘Brexit ».
Le premier ministre, un pro-européen, a pris une telle décision pour éviter la démission de plusieurs ministres eurosceptiques de son gouvernement, souligne la publication, rappelant que M. Cameron a promis d’organiser un référendum sur l’appartenance de Londres à l’UE d’ici à la fin 2017, mais la consultation pourrait avoir lieu cet été voire dès le mois de juin.
Quant au quotidien Independent, il revient sur la grève prévue la semaine prochaine par les médecins du secteur public britannique, rattachés au National Health Service (NHS).
Ce débrayage, soutenu par le corps médical et paramédical, a été décidé pour protester contre un nouveau contrat de travail susceptible de porter préjudice à leur salaire, indique la publication.
En Espagne, les principaux quotidiens se font tout particulièrement l’écho des propos du président du gouvernement catalan sortant, Artur Mas, qui s’est dit prêt à convoquer de nouvelles élections si aucun accord n’est obtenu sur l’investiture d’un nouveau cabinet.
El Pais indique qu’avec cette déclaration, le leader nationaliste catalan s’est montré persuadé que le bloc souverainiste ne parviendra pas à un accord pour forcer sa reconduction à la tête de la région avant dimanche, en dépit des appels lancés par les leaders des autres formations pour la formation d’un cabinet.
Quant à La Razon, il souligne que Mas a critiqué la position du parti anticapitaliste CUP, qui a refusé de soutenir un gouvernement présidé par lui-même, précisant que sa liste, Junts pel si, ne compte pas faire plus de concessions à cette formation.
Son confrère ABC relève que Mas a estimé que la convocation d’un nouveau scrutin, qui serait le quatrième dans la région en cinq ans, est la dernière option, exprimant le souhait de parvenir à un accord avant l’expiration du délai constitutionnel.
El Mundo note qu’en refusant de céder devant les conditions de CUP de désigner un autre candidat à la présidence du gouvernement régional, Mas veut se présenter comme une figure incontournable du projet indépendantiste.
En Allemagne, les journaux reviennent sur les agressions sexuelles commises la nuit du Nouvel an à Cologne (ouest) et attribuées à des ‘jeunes apparemment d’origine arabe ».
Nordkurier qualifie ces agressions et vols, dont ont été victimes plusieurs femmes, d’extrêmement répugnantes.
Landeszeitung, lui, écrit qu’alors qu’on croyait que ces scènes ne peuvent jamais avoir lieu en Allemagne, elles se sont bel et bien déroulées à Cologne.
Les quotidiens K?lner Stadt-Anzeiger et Rheinpfalz s’interrogent, eux, sur la réaction de la police de Cologne estimant que celle-ci est tenue pour responsable, loin de tous les calculs politiques.