La Turquie n’a « aucune obligation » d’attendre derrière ses frontières et fera « le nécessaire » si des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) prenaient pied dans la région irakienne de Sinjar, a déclaré, mardi, le ministre turc de la Défense Fikri Isik.
Le déploiement des forces armées turques dans une zone proche de la frontière irakienne est lié à la lutte contre le terrorisme et aux développements en Irak, a-t-il ajouté.
Selon des sources militaires turques, des chars du 28ème commandement de la Brigade d’Infanterie mécanisée sont actuellement transférés à Silopi, dans la province de Sirnak (Sud-est) frontalière de l’Irak et de la Syrie.
Le déploiement est intervenu après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait déclaré, samedi dernier, que la Turquie avait l’intention de renforcer ses troupes, affirmant qu’Ankara aura une « réponse différente » pour la milice chiite Hashd Al-Shaabi (Mobilisation populaire) si elle « sème la terreur » dans la ville irakienne de Tal Afar.
Il est « hors question que la Turquie soit à l’écart » de l’offensive de Mossoul. Elle partage 350 kilomètres de frontière avec l’Irak et il ne faut pas, par conséquent, s’attendre à ce qu’Ankara « reste impartiale à l’évolution de la situation au delà de sa frontière », a-t-il souligné.
La Turquie a mis en garde la milice chiite irakienne quand à sa progression vers Tal Afar, « un sujet sensible » pour Ankara qui craint une guerre confessionnelle à Mossoul et n’est absolument pas favorable à un tel développement à Tal Afar (nord-ouest de Mossoul).
Tal Afar, située à quelque 170 km de Silopi, abrite une importante population turkmène ayant des liens historiques et culturels avec la Turquie. Silopi est également l’un des principaux théâtres des accrochages entre l’armée turque et les rebelles du PKK qui ont des bases dans le nord de l’Irak.
La Turquie utilisera tous ses droits à l’auto-défense et est prête à lancer une opération terrestre si elle est confrontée à une menace terroriste en provenance d’Irak ciblant ses frontières, a affirmé le chef du gouvernement turc Binali Yildirim.
Les autorités turques accusent la rébellion du PKK de vouloir faire de Sinjar, située dans le nord-ouest de l’Irak et proche de la frontière syrienne, sa nouvelle base-arrière.
La Turquie a nettoyé sa frontière avec la Syrie des terroristes Daesh grâce à l’Opération Bouclier de l’Euphrate et peut faire « la même chose en Irak si nécessaire », a-t-il assuré.
Ankara, dont des soldats se trouvent dans le camp de Baâshiqa en Irak, veut participer à l’offensive contre la ville de Mossoul pour chasser Daesh. Mais, le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi a refusé la proposition turque de prendre part à cette reconquête de la deuxième ville d’Irak.
