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L’Allemagne en 2016 : Terrorisme, populisme et crise migratoire

L’année 2016 en Allemagne n’aura pas été un long fleuve tranquille. Le pays, qui a été confronté à une vague migratoire sans précédent, a été secoué par une série d’attaques terroristes.

Ces évènements ont sérieusement impacté le paysage politique allemand, allant jusqu’à redistribuer les cartes dans certains landers. En première ligne, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la Chancelière allemande Angela Merkel a assisté au recul de sa cote de popularité, qui a atteint son plus bas niveau depuis la réunification du pays.

De l’avis de nombreux observateurs, ce résultat a été la conséquence directe de la politique migratoire de ‘’la porte ouverte’’ prônée par Angela Merkel, laquelle a constitué un véritable appel d’air à des milliers de demandeurs d’asile, fuyant les atrocités de la guerre, en Syrie notamment.

Cet afflux massif de réfugiés et la découverte de présumés terroristes parmi-eux, dont certains ont été impliqués dans les attentats terroristes perpétrés dans le pays, ont en effet eu un impact certain sur les choix des électeurs.

Les conservateurs, menés par Merkel, ont essuyé deux défaites successives lors des élections régionales à Berlin et à Mecklembourg (est). Et le revers a été d’autant plus amer que la circonscription électorale de Merkel s’y trouvait.

Les critiques ont alors fusé de toutes parts, même de ses alliés, dont le parti bavarois qui s’est vigoureusement opposé à la politique d’asile de la Chancelière, qui a fini par assumer sa responsabilité dans la déroute électorale.

Surfant sur le désarroi populaire, les populistes d’Alternative pour l’Allemagne (AfD), hostile aux migrants et à l’Union européenne, a bien su en tirer profit, obtenant des résultats sans précédents, alors même que le parti n’a vu le jour qu’en 2013. Il a réussi à faire son entrée dans 10 parlements de seize régions.

L’année écoulée restera aussi tristement marquée dans les esprits des Allemands, en raison des attentats terroristes qui ont frappé le pays, dont la dernière, et la plus meurtrière, fût l’attaque au camion bélier contre un marché de Noël à Berlin, faisant 12 morts et 48 blessés. Quoique qu’elles n’aient pas été de l’ampleur des attentats de Paris et de Bruxelles, ces attaques, revendiquées par le groupe terroriste Etat islamique, ont choqué l’opinion publique.

Il s’en est suivi toute une série d’amalgames, faisant le lien entre réfugiés et terroristes, et d’actes visant les centres d’accueil des réfugiés et les musulmans.

En conséquence, le gouvernement a promulgué un arsenal de mesures en matière d’asile et de migration et durci les mesures de lutte antiterroriste. Il a été, entre autres, procédé au rapatriement des migrants en situation illégale et à l’adoption d’un nouveau mécanisme d’expulsion des réfugiés déboutés et qui pourraient constituer un danger.

Toutefois, en dépit des critiques adressés au gouvernement et tout particulièrement à Angela Merkel, sa cote de popularité n’a pas tardé à repartir à la hausse après s’être imposée en véritable défenseur du monde libre. Soutenue par son parti, elle a annoncé son intention de briguer un quatrième mandat de Chancelière l’an prochain.

Des observateurs estiment que la chancelière reste aujourd’hui irremplaçable, car elle peut être un solide rempart contre la montée des populistes en Allemagne et en Europe.

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