A la une | International

Le député néerlandais Geert Wilders snobe son procès pour incitation à la haine

Le procès très attendu du député néerlandais Geert Wilders pour discrimination et incitation à la haine doit s’ouvrir lundi en l’absence du principal concerné, qui dénonce une « parodie de justice » destinée à le réduire au silence à l’approche des élections.

« C’est mon droit et mon devoir en tant qu’homme politique de parler des problèmes de notre pays », a affirmé vendredi dans un communiqué cet homme politique anti-islam, accusé d’incitation à la haine pour avoir promis « moins de Marocains » dans son pays.

Le député controversé dénonce « un procès politique » auquel il refuse de comparaître à l’approche des élections législatives prévues en mars alors que, d’après les sondages, son Parti pour la Liberté (PVV) est au coude-à-coude avec les libéraux (VVD) du Premier ministre Mark Rutte.

L’affaire porte sur des propos tenus lors d’une soirée après les élections municipales de mars 2014 à La Haye. L’homme à la chevelure peroxydée avait alors demandé à ses militants s’ils voulaient « plus ou moins de Marocains dans (leur) ville et aux Pays-Bas ».

Face à une foule scandant « Moins! Moins! Moins! », il a répondu dans un sourire: « nous allons nous en charger. »

« Si parler de ceci est punissable, les Pays-Bas ne sont plus une démocratie libre mais une dictature », a déclaré le politicien d’extrême droite qui divise dans un pays se targuant pourtant de tolérance multiculturelle.

Ses propos de 2014 avaient provoqué le dépôt de plus de 6.400 plaintes par des citoyens et organisations.

Il s’agit du second procès pour Geert Wilders. Acquitté de poursuites similaires en 2011, il avait alors comparu à l’ensemble des audiences.

Le prévenu sera dès lors représenté par son avocat Geert-Jan Knoops durant ce procès qui devrait se clôturer le 25 novembre et utilisera le temps ainsi gagné pour « travailler » au parlement, a-t-il ajouté.

« Comme tout suspect majeur dans une procédure pénale, M. Wilders n’est pas obligé de se présenter », a réagi Arnoud Boer, porte-parole du tribunal dans un communiqué. « La loi donne au tribunal la possibilité de faire venir un suspect s’il le trouve souhaitable. On ignore pour l’instant s’il le fera dans cette affaire. »

Le député de 53 ans avait affirmé lors d’audiences préliminaires n’avoir dit que ce que « des millions de citoyens néerlandais pensent ». « Je n’ai aucun regret », répète-t-il régulièrement.

Mais les juges avaient déjà balayé ces objections à la mi-octobre.

Les poursuites « n’affecteront pas ses libertés politiques ou celles de son parti », avaient-ils tranché, assurant que les hommes politiques « ont un rôle important à jouer pour éviter de nourrir l’intolérance en faisant ce genre de déclarations publiques. »

Le politicien controversé s’est récemment attiré de nouvelles foudres de députés après avoir affirmé vouloir fermer les mosquées et interdire le Coran, s’il remporte les élections.

S’il est jugé coupable, Geert Wilders pourrait écoper d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement ou d’une amende de plus de 20.000 euros.

Toutefois, étant donné qu’il s’agirait d’une première condamnation s’il était déclaré coupable, une amende plus légère ou une peine de travail d’intérêt général seraient alors plus probables, a souligné Rolf Hoving, expert en droit pénal à l’Université de Groningue.

« S’il est acquitté, comme la première fois, cela renforcera certainement sa popularité, mais s’il est jugé coupable, cela découragera les gens de voter pour lui », analyse Meindert Fennema, auteur de la biographie de Geert Wilders.

Une condamnation pourrait également l’isoler davantage de la scène politique nationale, d’après Philip van Praag, professeur de sciences politiques à la retraite.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *