Saoudi El Amalki
« On aurait dû laisser faire l’ancien bureau, à la tête duquel s’était démené tel un beau diable, Amine Dor, afin d’éviter l’enlisement au fond du bourbier, le club cher à la moitié de la population du royaume ! », déplorait un fervent supporter du Hassania d’Agadir. A vrai dire, après le « hold up » fomenté par l’actuel bureau, les nouveaux venus, fort confortés par aussi bien les deniers publics des instances électives de la ville et la région que le sponsors richissime central, tous les « robinets » se sont ipso facto déverrouillés, comme par enchantement. Mais, au fil du temps, on se rendait compte que ce n’était pas uniquement des fonds qui manquaient au club à présent, en chute libre, mais de la gouvernance et de la structuration qui faisaient cruellement défaut aux « imposteurs ». On se souvient bien comment nombre de dirigeants actuels se sont emparés du club, sous l’impulsion de la haute sphère représentative qui, pour parvenir à congédier l’ancien bureau, se servaient de la horde des ultras soudoyés, créant de la tension dans les artères de la ville, au point d’épouvanter les services d’ordre et inciter le chef de file, fraîchement nommé à la tête de la région, à intervenir pour dissuader le bureau en place à céder face à la colère qui montait d’un cran. Une fois limogé, l’ex président s’en est allé procéder à la passation auprès des détenteurs du club, dans les règles du jeu et à l’ultime document ou pièce de justification, contrairement à ce que tentent de faire circuler les esprits malveillants à ce propos. Après un bon bout de temps, les comploteurs s’aperçoivent de leur incompétence en matière de gestion et de leur incapacité de redorer le blason du club, mis dans de mauvais draps. Et ce n’est l’enrôlement du trésorier de la société qui, de par son intégrité et savoir-faire, a pu éponger presque tous les reliquats et régler les dû du corps joueurs, staff technique et personnel, au centime près, il y a belle lurette que le club aurait côtoyé le Chabab, officiellement relégué en seconde division. On ne comprend jamais comment on avait remercié un comité à la présidence duquel se muait un jeune stratège aux qualités indéniables, d’autant plus que son avènement advient au moment où la cité est sujette à des aménagements structurants de grande envergure, mis sur orbite par le PDU que le Souverain avait lancés et à l’instant même où on se vante de prioriser les « compétences » ?! « On aura regretté le sort du Hassania dont les calculs partisans et les considérations démystificatrices ont foudroyé son parcours de plusieurs décennies d’existence avec un passé glorieux couronné par deux sacres ! », se lamente un mordu du club. « Les lamentations sont vaines devant le mort ! », dirait le proverbe de chez nous.
