Des incidents fâcheux se sont éclatés, samedi 19 mars, au complexe sportif Mohamed V, à l’occasion du match de Botolo Pro Maroc Telecom opposant le Raja de Casablanca, finaliste de la coupe du monde des clubs de football contre le Bayern de Munich en 2013, et le Chabab Rif Al Hoceima.
La belle prestation entre les deux équipes sur le carré du jeu n’avait rien à voir avec les échauffourées qui ont explosé dans les gradins faisant 2 morts et 54 blessés. Un simple match de football qui devait réjouir les supporteurs des deux équipes a tourné au drame suite à un malentendu entre deux groupes de partisans du RCA.
Les Ultras, qu’on croyait normalement encadrés, se sont divisés en deux fractions ennemies à cause d’un chant sur lequel ils ne s’étaient pas mis d’accord. Des affrontements déplorables à décrier nettement vu les dégâts humains et matériels qui s’en étaient suivis : « Deux personnes sont décédées à leur arrivée à l’hôpital, l’une avait été blessée par un objet tranchant et l’autre ne présentait aucun signe apparent de violence », indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale ( DGSN ).
Des spectateurs cagoulés et clairement manipulés ne sont pas venus pour voir le match ni pour leur amour pour le football, mais pour entraîner une série de mouvements de foule, des échanges de coups, des jets de feux de bengale, et ce pendant plusieurs minutes. Par conséquent, on a emprisonné des supporteurs contre des rambardes, obligés par la suite à s’enfuir en enjambant des murets ou des grillages.
Les forces de sécurité sont intervenues pour arrêter le massacre, et on a hospitalisé les blessés. Le parquet a entamé une enquête afin de déterminer les mobiles de ses heurts mortels.
D’après la DGSN, une trentaine de personnes aurait été arrêtés à l’issue du match pour « leur implication dans des actes de vandalisme ». La fédération marocaine de football tiendra, le dimanche, une réunion visant à prendre les mesures qui s’imposent après de telles circonstances.
Les Green Boys et les Green Eagles ont terni la belle image du Raja, et par la même la réputation du football national. Ceci s’est passé après des incidents semblables entre le public wydadi et l’autre rajaoui lors du dernier derby casablancais. Des messages de haine sont scandés dans les gradins ravivant les différends et incitant à la révolte.
Que dire à ses parents endeuillés et endoloris qui ont perdu leurs enfants à cause d’un banal match de football. C’est contre l’esprit du sport qui est fait pour nouer les liens d’amitié et de respect entre les peuples à travers la concurrence honnête. Ceci doit impérativement cesser et des résolutions préventives sont à préconiser. Le code pénal marocain demeure un remède indiscutable, mais que faire à ces mineurs qui envahissent les stades, drogués, armés, cagoulés et surtout pleins d’exécration, et qui, dira-t-on, accomplissent des faits loin du sport et de son fair-play.
Jamal Khayr Eddine