Conduite par Mouhcine Jazouli, ministre délégué en charge des Affaires africaines, une délégation maorcaine a pris part ce samedi à la Réunion ministérielle de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique. Cette rencontre co-organisée par le gouvernement japonais, et entre autres, les Nations Unies, la Banque mondiale et la Commission de l’Union africaine, rassemble les délégations ministérielles de l’ensemble des pays africains et devrait préparer le TICAD VII qui se tiendra en août 2019. Des représentants du Polisario, munis de passeports algériens et de badges de la Communission de l’Union Africaine, étaient également présents.
Pour protester contre la présence de membres du Polisario à cette réunion de haut niveau, la délégation marocaine s’est retirée des travaux. La réaction de Tokyo ne s’est pas faite attendre. C’est le chef de la diplomatie Taro Kono lui-même qui a tenu à « recadrer » les représentants du Polisario.
Le ministre nippon des affaires étrangères a réaffirmé la position de son pays en expliquant que : «Même si une entité, qui se déclare comme un « pays » que le Japon ne reconnaît pas, est assise dans cette salle, cela ne signifie pas que le Japon la reconnaît, d’une quelconque façon implicite ou explicite, en tant qu’Etat ».
Pour Khalid Chegraoui, cet incident n’est pas isolé. La présence de séparatistes dans l’ensemble des rendez-vous ayant pour thèmes les relations Monde-Afrique est un problème qui perdure, précise notre consultant faisant valoir la position du Maroc qui a toujours mis en exergue des relations liant le continent africain avec un deuxième pays ou espace. « Or les séparatistes mettent généralement l’accent sur le fait que la relation existe entre une institution ou un pays d’une part et l’Union Africaine, d’autre part. C’est là où il y a divergence de positions », indique M. Chegraoui.
Et de souligner que la mise en place de TICAD Chine Afrique, ou Europe-Afrique s’est toujours effectuée de manière à englober les pays africains et non l’Union Africaine, conformément aux principes de droit international.
Malgré cela, des manoeuvres continent à être opérées de par nos détracteurs au sein de l’UA, indique notre consultant.
Khalid Chegraoui réitère la nécessit2 d’une prise de position ferme de la partie marocaine. « Le Maroc doit marquer son refus tout en restant en contact avec les autorités japonaises. Il est aussi nécessaire d’entamer une discussion très approfondie -de haut niveau avec le Japon- afin de clarifier la position marocaine », a t-il affirmé précisant que tout dépend du discours adopté par le Maroc et de son degré de fermeté d’autant plus que le Japon a des intérêts à conserver avec le Maroc, qui est un partenaire important.
« De manière plus générale, il serait judicieux pour le Maroc de procéder avant ce genre de réunions – qui constituent des créneaux extrêmement importants au niveau international – à un travail de contact diplomatique de fond », conclut notre consultant.
A noter aussi que la délégation marocaine a préféré se retirer « calmement » pour préserver l’unité et les intérêts de l’Afrique, indique une source diplomatique, et n’a pas souhaité reproduire « la situation regrettable qui a prévalu à Maputo ».
Le Royaume qui s’attend aussi à ce que Tokyo rectifie ces dérapages afin de se conformer à la légalité internationale, le Japon « n’ayant pas tenu compte de tous les engagements pris à l’égard du Maroc, notamment à l’occasion de la rencontre entre les chefs de la diplomatie des deux pays, en marge de la 73è Assemblée Générale des Nations Unies.