Saoudi El Amalki
Le centenaire Edgar Morin qui vient de rendre le tablier, il y a tout juste quelques jours, a intitulé son illustre recueil ( leçons d’un siècle de vie ) par ce prélude de fort enseignement pédagogique : « Qu’il soit entendu que je ne donne de leçons à personne. J’essaie de tirer les leçons d’une expérience séculaire et séculière de vie, et je souhaite qu’elles soient utiles à chacun, non seulement pour s’interroger sur sa propre Vie, mais aussi pour trouver sa propre Voie ». Celles-ci sont aussi multiples que diverses et si liées de manière étroite au profil de leur auteur respectif. Le penseur humaniste hexagonal dont les leçons invitent à la lucidité et la vigilance, prêchait tout au long de ce parcours, les valeurs de civisme et de citoyenneté. Ce philosophe d’obédience juive sepharade qui inspirait tant de générations passées et futures, non pas à travers son identité confessionnelle, mais à partir de ses vertus idéelles, repose bien en paix puisqu’il aura imprégné, par ces idéaux citoyens et civiques de rare chevalerie, des multitudes de nouveaux « disciples » humanistes…
En fait, c’est plutôt rare de tomber sur des cas de partisans d’humanisme profond, surtout en tant que chargé de mission à la tête de communauté et de territorialité, en termes de gouvernance et de gestion durant tout un mandat. Le dilemme à grande délicatesse et le défi à relever ne sont guère de tout repos. Toutefois, en dépit de cette complexité qui consiste à concilier la citoyenneté et le civisme sur le socle de l’humanisme fécond, des exemples peuvent émerger par-ci, par-là, en ce domaine vital, nécessitant grandeur d’âme et ouverture d’esprit. À cet égard, on en citera un parmi tant d’autres malgré leur aspect rarissime. Le choix portera sur le Wali de la région Souss Massa, Ssi Saaïd Amzazi dont le charisme ne se ploie nullement, sous quelque contrainte que ce soit et sous quelque besogne qu’il confronte…
En effet, depuis son installation le 1er novembre 2023, nanti d’humanisme « Edgarien », épris de volontarisme herculéen, il jetait son dévolu sur les différentes tâches au quotidien avec méthode et rigorisme, mais aussi et surtout avec tact et sens de synergie. Toujours au four et au moulin, il met le pied dans l’étrier pour s’affronter à toutes les embûche avec célérité, hargne et hardiesse, sans relâche comme s’il craignait de se faire heurter par l’exiguïté du temps pour tel ou tel chantier. En l’espace de quasiment trois années d’affilée, il aura mis de la tonicité dans les départements de la vie active de la région et surtout son chef-lieu, notamment des secteurs névralgiques tels que l’industrie, l’investissement, le tourisme…, sans pour autant ignorer des secteurs sociaux comme la santé, l’éducation, le patrimoine, mais aussi les aspects de la vie culturelle, créative et récréative. Il mène cette cavalcade diversifiée avec l’amour et l’élégance d’un érudit entier qui respire à pleins poumons, les bouffées de l’air civique et humaniste, au point d’être considérés comme sacrés et pieux. Cette ferveur de travail et d’assiduité tonitruantes renvoient à la citation du savant microbiologiste, Louis Pasteur lorsqu’il disait : « Quand je perds une heure de travail, il me semble que je commets un vol envers l’humanité ! »…
