Le PPS et le PI, partis de l’opposition, accusent le gouvernement de ne pas améliorer la prestation des services publics, de négliger la jeunesse en mal de repères et dénoncent le contexte politique dans lequel l’amnistie financière a eu lieu.
Dans un communiqué incendiaire, les Jeunes du Parti du progrès et du socialisme (PPS) et du parti de l’Istiqlal (PI) ont accusé le gouvernement «d’appauvrir le peuple» et «d’abandonner ceux qui n’ont eu que la mer pour sépulture». Diffusé en fin de semaine après une réunion dans les locaux du parti de Nizar Baraka, à Rabat, les organisations de jeunesse des deux parties de l’opposition accusent la Majorité de nourrir les inégalités qui apparaissent comme socialement intolérables, ce qui affaiblit le sentiment d’appartenance collective des jeunes en proie à l’exclusion, à la montée continue du chômage et à la précarité des trajectoires professionnelles, ce qui les pousse à prendre la mer.
Si ce n’est son extrême proximité de la côte casablancaise, rien ne distingue le terrible naufrage survenu près de Mohammedia fin septembre de ceux qui l’ont précédé ou suivi. La consternation mêlée d’effroi qui s’est emparée de la population locale, de la société civile et de la classe politique à l’annonce de la mort par noyade d’une vingtaine de personnes, sur les 53 qui avaient tenté de gagner l’Europe à bord d’une embarcation surchargée, est essentiellement due à la visibilité du drame « parce qu’il s’est déroulé à moins de quelques kilomètre de la Métropole, parce que ses habitants ont été associés au sauvetage, parce que les secours ont repêché dans des conditions difficiles plus de vingt victimes ».
Aussi, le communiqué a sévèrement décrié l’amnistie financière destinée à assainir à marche forcée des finances publiques mises à mal par la crise des liquidités. Il dénonce le laxisme envers l’évasion fiscale, et les structures et les situations financières opaques. Le PPS et le PI appellent à revoir l’arsenal juridique et réglementaire mis en place et de prôner plus de volontarisme et des actions envers ceux qui transfèrent des fonds à destination d’un territoire soumis à un régime fiscal privilégié.
Ils fustigent également la capacité contributive à deux vitesses que connait la politique fiscale. Cette dernière, peu opérationnelle et efficace envers une catégorie privilégiée de la population, tandis que d’autres subissent la pression fiscale et les effets de la libéralisation sauvage au détriment de la justice fiscale et de la compétitivité économique.