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Gouvernement Benky: Le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas?

Le gouvernement Benkirane est le gouvernement des paradoxes par excellence. Il tient un discours et défend en même temps son contraire. Preuve en est son discours sur la protection de l’environnement.
Au moment où il a refusé catégoriquement tout dialogue avec les industriels et les travailleurs dans le secteur du plastique en prétextant qu’il défendait l’environnement, les informations relayées par la presse faisaient état de l’importation de déchets de plastique nocifs en provenance d’Italie.
A ce propos, la ministre déléguée auprès  du  ministre  de  l’Energie,  des  Mines,  de  l’Eau  et  de  l’Environnement, chargée de l’Environnement, Hakima El Haite, a défendu l’indéfendable. Elle a justifié ce marché de dupes en affirmant que l’importation de 2500 tonnes de déchets de pneumatiques et de plastiques usagés en provenance d’Italie ne posait aucun problème.
Dans un communiqué de presse, son département a précisé qu’il «n’a autorisé l’importation que des déchets type «RDF» qui sont des déchets non dangereux utilisés en tant que combustibles de substitution à l’énergie fossile classique dans les fours de cimenteries à l’échelle internationale », prétextant que « cette opération d’importation des déchets non dangereux est réalisée en conformité avec les dispositions de la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination et ses textes d’application et de celles de la Convention de Bâle relative aux mouvements transfrontières des déchets que la Maroc a adoptée en 1995».
Ce communiqué regorge d’autres détails. Il a assuré que cette opération a été réalisée «dans le cadre de la convention de partenariat établie entre ce ministère et l’Association professionnelle des cimentiers. Cette convention fixe les mesures et les conditions d’importation de ce type de déchets et leur utilisation comme combustibles dérivés au niveau des fours des cimenteries équipées de filtres et d’appareils de mesures des émissions atmosphériques ».
La même source a également affirmé que l’importation a été effectuée «sous le contrôle et le suivi des autorités compétentes du pays d’origine et du pays destinataire pour vérifier le respect de la conformité de la nature et des caractéristiques physicochimiques à travers les analyses effectuées avant et après l’entrée de ces déchets dans le territoire national, et ce  en vue de s’assurer de la non dangerosité et de la non-contamination de ces déchets importés », et « la co-incinération de ces déchets est opérée en présence de la police de l’environnement et du laboratoire national de l’environnement pour veiller à la conformité des émissions atmosphériques aux normes et standards prévus par la loi 13-03 relative à la lutte contre la pollution de l’air et de ses textes d’application et pour éviter tout impact éventuel sur la santé des populations et sur l’environnement en général ». Et pour conclure, le ministère se veut rassurant en affirmant qu’il «veille rigoureusement à la préservation de l’environnement et à la protection de la santé des populations par la prise de mesures préventives contre toutes les formes de pollution et ce dans l’objectif d’assurer un développement durable du pays ».
Dans cette affaire, il semble qu’il y a anguille sous roche. Et les explications du ministère de l’Environnement ne sont pas à même de rassurer l’opinion publique sur les vrais tenants et aboutissants de ce marché. Quelques questions restent en suspens. Si ces déchets ne sont pas nocifs et ne sont pas dangereux, comme l’a précisé le communiqué, pourquoi les Italiens ont-ils lancé un appel d’offres international pour s’en débarrasser? Et pourquoi leurs cimentiers qui connaissent la valeur calorifique réelle de ces déchets n’ont-ils pas profité de cette opportunité pour les acquérir afin de les utiliser comme source d’énergie ? Autre question qui hante l’esprit des Marocains : le ministère de l’Environnement a-t-il vraiment pris toutes les précautions et mesures citées dans le communiqué, ou en a-t-il fait simplement mention pour rassurer l’opinion publique? Pis encore, ce communiqué n’a pas fait allusion à la région italienne d’où proviennent ces déchets, alors que des informations relayées par quelques sites d’informations précisent qu’ils proviennent de la région de Naples où la mafia italienne a la haute main sur le secteur. « Ces déchets proviennent de la décharge « Taverna Del Re » dans la région de Campanie près de Naples où leur toxicité fait débat. La région de Naples est ainsi devenue la poubelle de l’Europe. Les industriels se débarrassent de leurs déchets avec l’aide de la Camorra italienne. Les produits industriels hautement toxiques sont mélangés aux déchets domestiques. Ces déchets sont néfastes pour la santé et pour l’environnement, leurs composantes chimiques sont prohibées », a tenu à préciser le portail « Wakeupinfo ».
Sur les réseaux publics, les commentaires fusent. Beaucoup d’internautes ont fait montre de leur ire face à cet acte gouvernemental qu’ils ont qualifié de grave. A titre d’exemple, l’un d’entre eux a affirmé que les scandales éclaboussent le gouvernement Benkirane à la fin de son mandat tout en soulignant que « Nous ne sommes pas un dépotoir ».

T. Mourad

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