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L’UE toujours aussi divisée à la veille du sommet du Conseil européen de Bruxelles

Lors d’un long débat, les eurodéputés, réunis en session plénière à Strasbourg, ont étalé leurs divisions internes, mercredi, et leurs désaccords avec les représentants de la Commission européenne et du Conseil européen sur la question migratoire, la sécurité, le Brexit, la Syrie, la Turquie, l’économie, alors que doivent se réunir ce jeudi, à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’UE, pour un nouveau sommet censé redonner un souffle à une Union qui s’enlise dans une crise interne et risque la paralysie.

Le sommet du Conseil européen de Bratislava, en septembre dernier, dans la foulée du tremblement de terre provoqué par le Brexit en juin, devait être celui du renouveau. Trois mois plus tard, l’UE apparaît encore plus mal en point. Le débat au Parlement européen, mercredi matin, en session plénière à Strasbourg, n’a fait que confirmer ce constat largement partagé et illustré l’impuissance de l’UE à faire face aux enjeux cruciaux liés à la montée de l’instabilité croissante en son sein et à ses frontières.

L’élection surprise de Donald Trump aux Etats-Unis, l’échec du Premier ministre italien Matteo Renzi au référendum du 4 décembre, les incertitudes quant aux modalités des négociations entre Bruxelles et Londres, l’incapacité de l’UE à jouer un rôle diplomatique effectif dans le conflit syrien, une crise économique endémique, la montée des populismes… Autant de facteurs qui plongent le Parlement européen dans la crispation et les citoyens européens dans le désarroi.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a invité les dirigeants européens à une réunion plus courte que d’habitude, ce jeudi 15 décembre, à Bruxelles. Le traditionnel Conseil européen de fin d’année ne durera qu’une journée alors qu’il se déroule habituellement sur 48 heures. Il s’achèvera par un dîner auquel la Première ministre britannique Theresa May n’a pas été conviée, en raison du Brexit.

Cette réunion doit notamment définir la manière dont l’UE à 27 va gérer le processus du Brexit après la notification du Royaume-Uni (déclenchement de l’article 50), d’ici le 31 mars 2017. Une question qui reste entourée d’un grand flou anxiogène.

Theresa May restera un membre à part entière du Conseil européen après l’activation de l’article 50, jusqu’à la fin des négociations de « divorce » entre Londres et Bruxelles. Les 27 chefs d’État et de gouvernement pourront néanmoins officiellement se rencontrer à 27 dès l’activation officielle de l’article 50, mais uniquement pour discuter de questions liées au Brexit.

La mise en oeuvre de la déclaration UE-Turquie sur la problématique migratoire, la réforme du régime d’asile européen commun, la coopération de l’UE en matière de sécurité extérieure et de défense, l’économie et la jeunesse, les relations extérieures (notamment avec la Russie) figurent également au menu des chefs d’Etat et de gouvernement. Des thèmes sur lesquels les eurodéputés n’ont pas affiché davantage de consensus, mercredi, dans l’hémicycle strasbourgeois, lors du débat pré-sommet de Bruxelles.

Au vu des divisions internes du PE et du fossé qui sépare parlementaires et exécutif européen, cette réunion ne débute manifestement pas sous de bons auspices. Certes, le corps de gardes-frontières européen a commencé à se déployer et le système de contrôle aux frontières extérieures de l’Union pour tous les ressortissants, européens ou non, se met en place. Davantage de pouvoirs ont été donnés à Europol dans le cadre de la lutte contre le terrorisme mais la question de la sécurité et de la défense de l’UE, débattue mardi après-midi dans l’hémicycle strasbourgeois, reste l’objet de certaines controverses.

Diverses propositions devraient être formulées ce jeudi par le couple franco-allemand en matière de défense : la mise en place d’une structure pour décider et conduire rapidement des opérations, une revue annuelle pour coordonner les dépenses militaires, un engagement à consacrer 2% du PIB à la défense (la norme édictée par l’Otan), la mise en place d’un fonds européen pour la défense consacré notamment à la recherche, ainsi qu’un programme d’aide pour les pays africains.

Sur le volet économique, le plan Juncker pour relancer l’investissement devrait être doublé, passant de 315 à 630 milliards d’euros en 2022. Le Conseil devrait aussi acter la création d’un corps européen de solidarité, sorte d’engagement civique pour la jeunesse.

Le sommet commencera donc à 11h30 au lieu de 15h et se terminera par une conférence de presse du président du Conseil, du président de la Commission et du Premier ministre de Slovaquie, le pays à la tête de la présidence tournante de l’UE, à 18h30.

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