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M6 interdite en Algérie après un documentaire sur le mouvement Hirak

Les autorités algériennes ont annoncé, lundi, l’interdiction de la chaine française de télévision « M6 » à opérer en Algérie après la diffusion dimanche soir d’un documentaire sur le « Hirak ».

Dans un communiqué, le ministère algérien de la Communication accuse le documentaire diffusé dimanche sur M6 et intitulé « L’Algérie, le pays de toutes les révoltes » de « porter un regard biaisé sur le Hirak » et d’avoir été réalisé par une équipe munie d’une fausse autorisation de tournage.

« Ce précédent nous conduit à décider de ne plus autoriser M6 à opérer en Algérie, sous quelque forme que ce soit », affirme le ministère.

Il qualifie ce tournage d’une « infraction au demeurant sévèrement sanctionnée », promettant d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs du reportage pour « faux en écriture authentique ou publique ».

D’une durée de 75 minutes, ce film documentaire traite du « Hirak » et de la jeunesse algérienne, à partir de témoignages de trois jeunes algériens sur l’avenir dans leur pays.

L’une des protagonistes de l’enquête, Noor, une YouTubeuse connue en Algérie, a expliqué lundi sur les réseaux sociaux qu’elle regrettait avoir participé au documentaire et a déploré le manque de professionnalisme de la chaîne française.

Selon le communiqué algérien, une journaliste franco-algérienne a assuré la réalisation du film, avec l’aide d’un fixeur algérien, munis d’une fausse autorisation de tournage, une infraction au demeurant sévèrement sanctionnée.

Le ministère promet d’engager des poursuites contre les auteurs du reportage pour faux en écriture authentique ou publique.

Il n’est pas fortuit que ces médias, outillés pour exécuter un agenda visant à ternir l’image de l’Algérie et à fissurer la confiance indéfectible établie entre le peuple algérien et ses institutions, agissent de concert et à différents niveaux et supports, estime-t-il.

Selon le ministère, M6 avait introduit, le 6 mars 2020, une demande d’accréditation de presse pour les membres de l’équipe de l’émission Enquête Exclusive, en vue du tournage d’un documentaire sur la valorisation de l’essor économique et touristique de la ville d’Oran, ainsi que le multiculturalisme qui fait la richesse de notre pays.

Demande qui a reçu une suite défavorable des services des ministères de la Communication et des Affaires étrangères, précise-t-il.

La diffusion en mai par la chaîne publique France 5 d’un autre documentaire sur la jeunesse algérienne et le Hirak – Algérie mon amour du journaliste et réalisateur français d’origine algérienne Mustapha Kessous – avait déclenché une crise diplomatique entre Alger et Paris.

Selon le synopsis du documentaire, il est également question de relater le « désespoir » de certains Algériens, étouffés par un système autoritaire et corrompu et qui n’envisagent qu’une option : fuir l’Algérie, un pays où « filmer est très difficile ».

Malgré la crise sanitaire, la révolte populaire continue de gronder dans tout le pays, précise-t-on de même source, qui relève qu’en Algérie, manifester est pourtant passible d’un an de prison, mais rien n’arrête ces jeunes qui ont décidé de prendre leur destin en main.

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