En fuite depuis deux ans et faisant l’objet d’un mandat de recherche international émis à son encontre par les autorités judiciaires françaises et diffusé par Interpol, Gilles Bénichou aurait été interpellé jeudi dernier, le 16 août, à Marrakech, par les éléments de la police judiciaire.
Détenteur d’un passeport israélien, l’homme qui avait la double nationalité, résidait semble-t-il à Marrakech depuis quelques mois.
Selon une source proche de l’enquête, c’est en faisant une demande de visa pour les États-Unis qu’il aurait été identifié grâce aux données de son passeport biométrique.
Déféré vendredi devant le parquet général compétant, Gilles Bénichou, âgé de 53 ans, aurait accepté le principe de son extradition vers la France, plutôt que de choisir de purger au Maroc la peine de cinq ans d’emprisonnement à laquelle il avait été condamné en son absence en mai 2016.
L’affaire Neyret
L’affaire «Neyret» avait éclaté cinq ans plus tôt. Placé sur écoute dans le cadre d’un trafic de drogue international cette année-là, informateur de la police à ses heures, mais se présentant surtout à l’époque comme acteur pour avoir tourné quelques seconds rôles au cinéma, Gilles Bénichou se montre très bavard. Il se vante notamment un peu trop auprès de gens identifiés comme étant du milieu lyonnais d’avoir «un joker», haut placé dans la police, «ne pouvant rien (lui) refuser». Rapidement l’inspection générale des services remontait ainsi jusqu’à Michel Neyret, alors numéro deux de la P.J. de Lyon, après avoir brillé au sein de la BRI et à la P.J. de Nice, ce qui lui avait du reste valu une légion d’honneur.
Accusé d’avoir bénéficié de cadeaux et de voyages, notamment à Marrakech, en échange d’informations confidentielles, le super flic s’était retrouvé dans le box des accusés le 2 mai 2016, sans celui qu’il appelait son «amigo».
À la dernière minute, sans prévenir même ses avocats, Gilles Bénichou ne s’était pas présenté devant le tribunal correctionnel de Paris. Détenteur d’un passeport israélien, il avait fui là-bas, profitant de la complexité connue des procédures d’extradition entre Israël et la France. Il avait de ce fait écopé de la peine maximum requise «pour corruption et trafic d’influence actifs» : cinq ans ferme et 100 000 euros d’amende.