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Mauritanie: le procès de 13 militants anti-esclavagistes renvoyé au 15 août

Le procès de treize militants de l’ONG anti-esclavagiste mauritanienne IRA, accusés notamment d' »usage de la violence », a été renvoyé au 15 août après l’audition d’un seul prévenu durant toute la journée de mercred.

Les accusés, tous membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), comparaissent depuis le 3 août devant la Cour criminelle de Nouakchott. Les premières audiences ont été consacrées à l’examen de questions de procédures soulevées par la défense.

Mercredi soir, « la cour a suspendu ses audiences jusqu’au lundi 15 août après avoir entendu un seul des 13 (accusés) de l’IRA avec lequel elle devra encore poursuivre ses auditions », a déclaré un des avocats de la défense, Brahim Ould Ebetty.

Selon lui, la cour avait décidé d’entendre chaque prévenu « pris individuellement, loin des autres », une stratégie dénoncée par la défense qui a obtenu que tous comparaissent « ensemble dans le box des accusés pour (qu’ils puissent) écouter les auditions les uns des autres » à partir du 15 août.

L’unique prévenu entendu durant toute la journée « a nié les faits qui lui sont reprochés », a précisé un autre avocat, Mohamed Lemine Ould Amar.

Un troisième défenseur a indiqué sous couvert d’anonymat que le tribunal a visionné une vidéo à charge contre lui, le montrant « en action sur le terrain ». La cour a tenté de le confondre avec les habits qu’il portait et qui ont été saisis par la police.

« Cette affaire a embarrassé la défense et montré une faiblesse notoire dans l’encadrement des prévenus au sujet des faits jugés », a reconnu cet avocat, irrité.

Les 13 militants de l’IRA ont été arrêtés entre fin juin et début juillet pour leur implication présumée dans une manifestation violente lors du déplacement forcé par les autorités d’habitants d’un bidonville de Nouakchott, Ksar, le 29 juin.

Une dizaine de policiers avaient alors été blessés par des manifestants en colère, d’après les autorités locales. Officiellement, les habitants du bidonville évacué occupaient un domaine privé. Ils ont été déplacés vers des parcelles de terrain offertes par l’Etat.

Les militants anti-esclavagistes sont poursuivis pour « rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue », selon plusieurs ONG qui réclament leur libération.

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