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Mohamed Ali Elhairech écrit: Parlons philosophie sans trop philosopher !

Qu’est-ce que la philosophie ? Une question qui a taraudé, depuis toujours, des générations d’analystes et de chercheurs, tant ce mot ambigu, polysémique, porte à confusion.

Selon l’acception la plus courante -la plus simple aussi-, philosophie veut dire « amour de sagesse », mais « qu’est-ce, d’abord, que la sagesse ? », s’interroge à juste titre André Comte-Sponville, ancien maître de conférence à l’Université de Paris et philosophe français de renommée internationale, au tout début de l’introduction de son essai, fort intéressant et bien détaillé, intitulé justement La philosophie, publié pour la première fois en 2005 dans la fameuse série Que sais-je ? avant de poser un tas de questions : Dans quelle catégorie plus générale peut-on faire entrer la philosophie ? Une activité ? Une pratique ? Une discipline ? Un savoir ?, questions somme toute légitimes, voire nécessaires, d’autant plus que la philosophie interagit souvent avec des champs de connaissance aussi vastes que la physique, la métaphysique, la médecine, l’esthétique, l’éthique, la logique et tant d’autres encore.

Essayons ici d’avancer très brièvement quelques définitions du mot philosophie, formulées par une belle brochette de philosophes, anciens et modernes, pour comprendre le développement de sa conception à travers le temps et avec la succession des écoles philosophiques.

Pour Epicure (philosophe grec, né à la fin de l’année 342 av. J.-C.), la philosophie « n’est pas une science pure et théorique, c’est une règle pratique d’action; bien plus elle est elle-même une action, une énergie qui procure, par des discours et des raisonnements, la vie bienheureuse. »

Descartes (mathématicien, physicien et philosophe français, 1596-1650), dans son Discours de la méthode, donne à « cette discipline » une signification beaucoup plus ample : « Ce mot de philosophie signifie l’étude de la sagesse et par la sagesse on entend une parfaite connaissance de toutes les choses que l’homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les arts. »

A en croire Auguste Comte, éminent philosophe et sociologue français (1798-1857), le philosophe est « le spécialiste des généralités ». Le mot généralité, qui peut revêtir pour quelques-uns un sens péjoratif, veut-il dire qu’un philosophe parle de tout et de rien, sans pour autant soumettre les choses à une analyse profonde ? C’est loin d’être toujours le cas, mais il n’y a pas lieu ici de s’y attarder plus…

Quant à Schopenhauer (philosophe allemand, 1788- 1860), il avance que : « La philosophie naît de notre étonnement au sujet du monde et de notre existence. »

Last but not least, Gilles Deleuze (1925-1995), connu surtout pour être un historien de la philosophie, lui, estime que le rôle des philosophes consiste avant tout à « créer des concepts ». Mais est-il possible de philosopher sans créer de concepts ? Peut-on créer des concepts sans philosopher ? C’est le cas des scientifiques, et des théoriciens qui ne sont pas forcément des philosophes, renchérit Sponville, ce qui n’est pas dénué de sens.

En considérant les définitions citées, l’on se rend compte qu’il est difficile d’esquisser une seule description de l’acte de philosopher.

Toujours est-il que la philosophie est étroitement liée au savoir dans son sens le plus large. Et l’homme sans savoir ne vaut rien, absolument rien !

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