Politique

Najia El Boukari: Poursuivre en politique le long engagement dans le domaine associatif

Militante de longue date contre la maltraitance des enfants à la tête de l’organisation « Touche pas à mon enfant », Najia El Boukari Dlimi a décidé de franchir le pas pour entrer dans l’arène politique. Elle brigue un mandat au parlement comme tête de la liste nationale du Parti de l’environnement et du développement durable (PEDD), aux législatives du 7 octobre.

Femme aux convictions solides et au caractère bien trempé, elle entend, dit-elle, poursuivre en politique son long engagement dans le domaine associatif au service de la cause des enfants.

« Mon souhait est de porter au sein du parlement la voie des enfants et militer pour qu’ils bénéficient de tous leurs droits fondamentaux et soient à l’abri de toutes les formes de maltraitance, d’abus et d’exploitation », déclare à la MAP cette native de Sidi Kacem, plus connue dans le milieu associatif sous le nom de Najat Anwar.

Depuis sa naissance, sa famille la surnommait en effet Najat qui deviendra naturellement son prénom d’usage associé ensuite au nom de famille de son mari.

Entreprenante et indépendante, la jeune Najat, fraichement titulaire d’une licence de l’université de Fès, se lance dans le commerce, une aventure qui durera trois ans avant de s’essayer au négoce immobilier.

C’est en 2003, à la suite du viol du petit garçon de 3 ans d’une de ses amies par le gardien de sa crèche, que Mme Anwar, elle-même mère de trois enfants, prit conscience des risques d’abus et de maltraitances qu’encourent les enfants.

Profondément bouleversée par cet acte abjecte, elle décide, moins d’une année après, de fonder l’organisation « Touche pas à mon enfant ». Depuis, elle ne cesse de mener le combat pour briser le silence autour des abus sexuels et autres formes de maltraitance contre les enfants.

Basée à Agadir, avec aujourd’hui des antennes dans plusieurs villes du Royaume, son ONG, désormais reconnue d’utilité publique, est sur tous les fronts :Evaluation médicale et psychologique du préjudice subi par l’enfant, conseil juridique pour les familles, représentation des victimes auprès des tribunaux (avec constitution de partie civile) et accompagnement tout le long du processus judiciaire.

Avec des moyens souvent limités, mais compensés par l’abnégation de son personnel et des bénévoles, l’ONG se consacre aussi, selon Mme Boukari, à la réinsertion des victimes, la lutte contre l’abandon scolaire et la sensibilisation dans les écoles.

Dans son programme politique, cette femme pugnace et combative promet de militer pour continuer l’adaptation de la législation nationale aux conventions des Nations unies relatives aux droits de l’enfant, ratifiées par le Maroc, renforcer l’arsenal de protection et d’insertion des enfants à besoins spécifiques et favoriser la création du conseil consultatif pour la famille et l’enfance.

L’autre volet de son action, assure-t-elle si elle réussit à gagner la bataille des urnes ce 7 octobre, portera sur la protection de l’environnement, un impératif pour une société saine aussi bien pour les enfants que pour les adultes.

Selon Mme Boukari, c’est cette ferme motivation qui explique d’ailleurs son engagement sous l’étendard du PEDD, une formation qui juge, dit-elle, que la protection de l’environnement est incontournable pour le développement durable.

Et de souligner que cet engagement est conforté par le choix fondamental fait par le Royaume en faveur d’une croissance verte sur la base de la promotion des énergies renouvelables et des technologies propres qui en font aujourd’hui un porte-drapeau du combat planétaire contre le réchauffement climatique.

A l’aise aux contacts des électeurs lors de ses tournées de porte-à-porte, qu’avec les média, Najia Boukari, très active aussi sur les réseaux sociaux, entend bien mettre à profit toutes les techniques de campagne pour toucher le maximum d’électeurs auxquels elle ne cesse de répéter, avec insistance, que l’essentiel est de se déplacer pour voter. L’idéal serait de choisir le parti de la Gazelle, enchaine-t-elle ensuite avec un trait d’humour.

Par Omar Achy. Map

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