Société

Pays-Bas: la police renonce à faire appliquer l’interdiction de la burqa

Entrée en vigueur ce jeudi 1er août, l’interdiction du voile intégral semble déjà largement remise en question par les autorités, pointe « The Guardian ».

À peine entrée en vigueur, la loi pour l’interdiction du voile intégral dans l’espace public aux Pays-Bas semble déjà être destinée à rester un effet d’annonce. Tant la police que les transports en commun néerlandais ont fait savoir qu’ils ne comptaient pas la faire appliquer, détaille le Guardian. Ils mettent en avant le fait que la loi est difficile à faire respecter. Une annonce qui a fait reculer la régie de transports qui ne considère pas qu’elle pourra bénéficier du support adéquat des autorités.

Plus de burqa ou de niqab dans les écoles, les hôpitaux, les bâtiments publics et les transports en commun. Tel était l’objectif de la loi qui liste aussi les masques de ski ou encore les cagoules. Les contrevenants risquent une amende de 150 euros à 415 euros « s’ils couvrent leurs visages ». Mais cette législation requiert l’action des forces de l’ordre. Or, celles-ci ont déjà fait savoir que sa mise en application ne faisait pas partie des priorités. La police craint même que les femmes voilées puissent avoir peur d’entrer dans un commissariat pour déposer une plainte liée à un autre sujet.

Les transports ne veulent pas gérer seuls les cas

Conséquence directe, les autorités de transport ne veulent pas se retrouver en première ligne sur ce dossier en demandant à leurs employés de faire régner la loi à la place des forces de l’ordre. Pedro Peters, un porte-parole de la RET, la régie des transports de Rotterdam, explique au Guardian : « la police nous a dit que l’interdiction n’était pas une priorité ». Pour les entreprises de transport, ce n’est pas au personnel d’assurer cette fonction, de faire appliquer la loi et d’infliger des amendes. Consigne leur a donc été donnée de prévenir les femmes concernées, mais de les laisser monter dans les transports.

Plusieurs hôpitaux du pays ont également déclaré qu’ils « ne refuseraient pas de prodiguer des soins à qui que ce soit, peu importe les vêtements portés ».

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