Le Projet de Loi de Finances 2020 suscite l’ire de l’Union Marocaine du Travail (UMT) qui a souligné, dans un communiqué de presse que le gouvernement n’est pas du tout sérieux étant donné qu’il n’a pas mis en oeuvre des dispositions de l’accord tripartite sur le dialogue social signé le 25 avril 2019 entre le gouvernement, les centrales syndicales et la CGEM, un dialogue, que, d’ailleurs, le gouvernement n’a pas tenu à institutionnaliser, d’après l’UMT.
Selon le communiqué de l’UMT, la réunion proposée par le gouvernement pour discuter des dispositions du PLF 2020 a eu lieu à une semaine avant l’enclenchement de la procédure législative pour son adoption.
Considérant cette réunion comme étant «formelle et protocolaire », l’UMT a souligné que le gouvernement croit toujours au néolibéralisme et considère que le dialogue social pèse lourdement sur le budget public tout en indiquant que les coûts de ce dialogue social, jugés exorbitants par le gouvernement, permettent d’investir dans le capital humain et que les individus constituent le moteur de tout développement durable et inclusif.
Par ailleurs, l’organisation syndicale a vivement critiqué la non-application de la loi de réglementation n°130.13 qui figurait au niveau de la précédente Loi de Finances, en particulier à l’article 5, qui stipulait que les Lois de Finances suivantes devaient être préparées sur la base d’une programmation budgétaire de trois ans. En outre, le fait que le gouvernement a inclus 15.000 postes contractuels dans son PLF témoigne de sa volonté de ne pas encourager une certaine stabilité d’emploi. Une décision qui se contredit surtout avec les normes internationales de travail. Elle a également contesté les mesures fiscales prévues par le PLF 2020 qui pèsent lourd sur les revenus des salariés.