Ferhat Mehenni interdit d’accès au Maroc…….Le Président du Gouvernement Provisoire Kabyle devait animer un colloque en marge du festival de Timitar
Ferhat Mehenni, Président du Gouvernement Provisoire Kabyle (Anavad) a-t-il été réellement interdit d’entrer au Maroc ? Les services consulaires marocains ont-ils refusé de lui accorder un visa ? Abstention des autorités marocaines ou mauvais concours de circonstances ? Exilé en France, cet homme politique et chanteur algérien est tout simplement le fondateur du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK).
Le portail algérien « Algérie-Focus.com » a cité dans son édition du Dimanche 17 juillet 2016 : «Ferhat Mehenni s’est vu refuser, vendredi 16 juillet, un visa d’entrée sur le territoire marocain. Un refus mal encaissé par le leader controversé du MAK qui s’en est violemment pris au premier ministre marocain à travers les organes médiatiques de son mouvement ».
Cependant, le fameux leader kabyle ne l’entend pas de cette oreille et a jugé bon d’élucider les choses à qui veut l’entendre. Répondant aux simagrées ridicules du régime algérien trompeur et mythomane, Ferhat Mehanni met fin à un feuilleton tellement insipide et déclare dans une interview publiée par l’agence Siwel : « La demande de visa n’a pas été déposée dans les délais car l’invitation officielle au colloque ne m’est parvenue qu’une semaine avant la tenue de cet événement. Cela a dû créer un malentendu que je tiens à lever. S’il y a eu lenteur administrative, on ne peut l’interpréter comme un refus ». En voilà une explication qui pourrait calmer les ardeurs tenaces d’une politique frauduleuse des forces coloniales algériennes. L’expatrié est même allé plus loin en s’alignant dans le rang de la cause marocaine contre le projet totalement sournois des généraux d’Algérie qui continuent de marcher contre le courant en finançant le Polisario. Il a également salué les efforts du Maroc pour réintégrer l’Union Africaine, lui qui devait ne jamais en sortir : « Le Maroc a claqué la porte de l’OUA en 1984 pour protester contre l’admission au sein de celle-ci de la RASD, suite à des efforts diplomatiques algériens agressifs. Aujourd’hui, 32 ans après, la plupart des soutiens de la RASD se sont volatilisés. La pétition pour le retour du Royaume au sein de l’organisation continentale a déjà recueilli la signature de la majorité des pays membres. Le passage par Alger est presque une formalité ».
Pour ce qui est de sa contribution au festival de Timitar, et quoique le visa ne lui ait pas été accordé, le président du GPK a quand même pu participer au colloque d’Agadir sur » l’amazighité : entre les défis et les attentes de la société », en envoyant son intervention sur ce thème centré sur la Kabylie. En voici quelques extraits : « La marche de la Kabylie vers elle-même a été longue et déroutante. Égarée dans la nuit idéologique algérienne depuis 1857, elle a longtemps cherché, en tâtonnant, à (re) trouver un chemin qui la ramène vers sa propre lumière.
Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1940 que l’amazighisme, qu’on appelait alors « berbérisme », allait devenir l’arbuste auquel elle s’était cramponnée pour ne pas être emportée par les flots tumultueux de l’algérianisme dans lequel elle s’était pourtant généreusement et dangereusement investie. Très vite évacué des rangs militants, notamment après la crise antiberbère de 1949, pour mieux engager la Kabylie dans la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie, le courant amazighiste va renaître de ses cendres au lendemain de la guerre perdue par le FFS (1963-1965).
Porté par trois ténors aux orientations politiques en apparence contradictoires, (Mouloud Mammeri, Kateb Yacine et Mohand Arav Bessaoud) l’amazighisme va devenir le courant majoritaire de la société kabyle du Printemps Berbère (1980) au Printemps Noir (2001).
Aujourd’hui, le kabylisme a succédé à l’amazighisme que la Kabylie continue néanmoins d’entretenir aussi bien pour ne pas perdre de vue l’ensemble de sa famille identitaire que dans la perspective d’une future et nécessaire construction politique nord-africaine, celle de Tamazgha.
Bien que le chant « Ekker a mmi-s (n) Umaziɣ » ait été écrit vers la fin des années 1940, la notion d’amazighité n’était pas vraiment diffusée dans la société. C’était le fait exclusif de quelques militants kabyles lettrés qui s’opposaient à la dérive arabo-islamiste de la direction du PPA-MTLD, le parti indépendantiste algérien dans lequel les Kabyles étaient largement majoritaires au niveau de la base militante (80%) mais très minoritaires au sein sa direction.
Dans leur écrasante majorité et jusqu’en 1980, les Kabyles n’avaient pas conscience, ou si peu, de leur parenté linguistique et culturelle avec d’autres peuples nord-africains. Il a fallu attendre l’indépendance de l’Algérie et, surtout, la défaite militaire kabyle sous la bannière du FFS, face à l’armée algérienne, pour que ce courant culturel réapparaisse comme solution à l’impasse politique dans laquelle s’était retrouvée la Kabylie.
Les défis et les attentes de la société kabyle au plan amazigh ont évolué au fil du temps. En retracer les périodes est d’autant plus aisé, ma génération est celle qui a porté l’essentiel de ce combat fortement marqué par chaque contexte sociopolitique traversé : La dictature du socialisme arabo-islamiste de Boumediene, la dictature arabo-islamiste de Chadli, l’amazighité à l’épreuve de la démocratie, et enfin, le combat du nouveau siècle inaugurant l’actuel millénaire par un recentrage du combat sur l’avenir politique de la Kabylie ».
C’est, en quelque sorte, les valeurs d’un grand homme qui veut emporter sa Kabylie vers la liberté. Et c’était programmé lors du festival de Timitar 2016 qui a, à l’instar de toutes les manifestations culturelles et artistiques, un programme off. Celui-ci était prévu le vendredi 15 juillet de 9h30 à 16h00, à l’hôtel Sofitel Agadir Royal Bay Resort, et cherchait à apporter sa contribution positive à l’évolution des outils de la culture amazighe. Par conséquent, et à l’instar des éditions précédentes, le Festival Timitar Off, a organisé un Colloque sous le thème : « La Langue et la Culture Amazighes entre Défis et Attentes ».
Ce rendez-vous scientifique et culturel fructueux avait pour but de mattre la lumière sur la question amazighe dans le monde et au Maghreb plus spécialement. Ce colloque est considéré aussi comme une plateforme de débat et d’échange entre des intervenants à portée scientifique en vue d’une concertation mutuelle sur les handicaps, perspectives et les étendues du thème abordé au niveau maghrébin voir méditerranéen.
Langue, culture et patrimoine Amazighes y ont fait, donc, le sujet d’une approche anthropologique.
Le lien entre l’apport de la société civile et la culture amazighe faisait également partie de l’ordre du jour du moment que le patrimoine amazighe est une question à laquelle on doit être attaché activement de manière à déterminer les paliers de réalisation des objectifs visés en relation avec les différentes politiques engagées.
Finalement, tout cet épanouissement de la société marocaine, sa tolérance et son ouverture sur les autres cultures et patrimoines font d’elle un concurrent réel et puissant de ces mentalités dépassées et éculées voisines. Alors, Alger, ne peut jamais être à la hauteur des attentes de son peuple démuni et assoiffé de liberté tremble énormément à l’idée de l’indépendance de la Kabylie. Le Maroc se veut équitable et appuie fortement ce projet au sein de l’ONU. Cette initiative a engendré un séisme au sein du régime raciste d’Alger qui se trouve dans l’impuissance d’entreprendre quoi que ce soit vu l’importance du rôle des réseaux sociaux qui deviennent, de nos jours, une arme énormément intéressante. Le MAK et ses militants sont appelés à saisir l’occasion, à accentuer leurs efforts, à s’armer de patience et de volonté afin de se libérer des griffes d’un colonialisme asphyxiant qui veut arracher leurs racines et assassiner leur volonté de voir leur nation prendre forme.
Jamal Khayr Eddine
