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Poutine réélu pour un nouveau mandat de six ans

Vladimir Poutine a été réélu dimanche à une très large majorité pour un nouveau mandat de six ans à la présidence de la Russie, dans un moment de tension dans ses relations avec l’Occident.

La victoire – attendue – de l’ancien espion du KGB portera le temps total qu’il aura passé au pouvoir, en tant que président ou Premier ministre, à près d’un quart de siècle à la fin de son nouveau mandat en 2024. Vladimir Poutine, qui est âgé de 65 ans, est au pouvoir depuis 2000. Seul le dictateur soviétique Joseph Staline aura été au pouvoir plus longtemps.

Vladimir Poutine a promis d’utiliser son nouveau mandat pour renforcer la défense de son pays contre l’Occident et de relever le niveau de vie. Il n’a pas pour autant présenté de programme économique précis.

Selon les sondages à la sortie des urnes réalisés par deux instituts, VTsIOM et FOM, le chef de l’Etat a été réélu avec 73,9% des suffrages, selon le premier et 76,3% selon le second. Son rival communiste Pavel Groudinine arrive second loin derrière.

La Commission centrale électorale donnait Poutine vainqueur avec 75% des voix après dépouillement de 50% des bulletins de vote.

Soutenu par la télévision d’Etat et par le parti au pouvoir, Russie unie, et crédité d’une cote de popularité de quelque 80%, la victoire du maître du Kremlin n’a jamais fait de doute pour les observateurs.

Son rival le plus proche, Pavel Groudinine, le candidat du Parti communiste, a obtenu un peu plus de 11% des suffrages selon les sondages réalisés à la sortie des urnes. L’ultranationaliste Vladimir Jirinovski est crédité d’environ 6%-7%.

Aucun des sept candidats qui se présentaient contre Vladimir Poutine ne constituait une véritable menace. Le très médiatique et très critique Alexeï Navalny s’était vu interdire de se présenter. L’avocat et militant politique ne peut pas se présenter en raison d’une condamnation à une peine de prison, condamnation qu’il estime fabriquée de toutes pièces.

La commission électorale centrale a reconnu quelques irrégularités dans le scrutin de dimanche, mais elle devrait avaliser le résultat définitif.

Selon des responsables de l’opposition, dans le but de faire monter le taux de participation, seule inconnue du scrutin, les autorités ont contraint certains électeurs à se rendre dans les bureaux de vote. PÈRE DE LA NATION

Les partisans du président sortant ont vu dans sa nouvelle victoire une justification de sa position très ferme vis-à-vis de l’Occident.

« Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, ils ont compris qu’ils ne pouvaient pas influencer nos élections », a déclaré le sénateur Igor Morozov, membre du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, qui était interrogé à la télévision publique.

La présidente du Conseil de la Fédération et proche de Poutine, Valentina Matvienko, a salué une victoire morale contre l’Occident.

« Nos élections ont prouvé une fois encore (…) qu’il n’est pas possible de manipuler notre peuple », a-t-elle déclaré. « Aucun autre pays au monde n’a des élections aussi ouvertes et transparentes. »

Pour ses partisans, Vladimir Poutine est la figure du père de la nation, celui qui a restauré la fierté nationale et développé l’influence internationale de la Russie avec ses interventions en Syrie et l’annexion de la Crimée ukrainienne en mars 2014.

Plus intéressé par les affaire diplomatiques que par l’économie, Vladimir Poutine affiche des positions très opposées à celle des pays occidentaux, notamment sur la Syrie, où son soutien à partir de septembre 2015 a permis au président syrien de prendre l’avantage dans la guerre civile qui déchire son pays.

Il est également soupçonné d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et d’avoir commandité l’empoisonnement d’un ancien agent double russe et de sa fille, retrouvés inconscients début mars dans le sud de l’Angleterre.

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