Culture

Précarité des artistes et sportifs dans la région de Souss-Massa : une injustice silencieuse qui ne peut plus durer

La région de Souss-Massa regorge de talents dans des domaines aussi variés que le sport, la musique, le théâtre, le cinéma ou encore les arts plastiques (dessin, peinture, sculpture, gravure.
Pourtant, derrière cette richesse culturelle et humaine se cache une réalité préoccupante : celle de la précarité dans laquelle vivent de nombreux artistes et sportifs. Cette situation, souvent ignorée ou minimisée, soulève des questions profondes sur la reconnaissance, la justice sociale et le rôle des institutions.
Derrière les projecteurs occasionnels et les applaudissements éphémères, se cache une vérité brutale : absence de couverture sociale, inexistence de retraites dignes, manque criant de soutien matériel, négligence sanitaire et oubli moral.
Beaucoup vivent dans des conditions indignes, luttant contre des maladies graves sans assistance réelle, tandis que d’autres meurent dans l’anonymat le plus total, après avoir consacré leur vie à servir la culture et le sport.
Pire encore, une inégalité flagrante s’installe. Une minorité bénéficie d’aides, de cachets lors de festivals ou de soirées, souvent selon des logiques opaques, pendant que la grande majorité reste exclue de tout soutien structuré.
Ce déséquilibre alimente un sentiment profond d’injustice, de marginalisation et d’abandon.
Cette situation n’est ni une fatalité, ni un accident : c’est le résultat d’un manque de volonté politique, d’une absence de stratégie cohérente et d’un déficit d’engagement collectif.

*Le rôle incontournable des pouvoirs publics :*
Les autorités publiques doivent cesser de traiter la culture et le sport comme des secteurs secondaires. Il est urgent de :
• Mettre en place un statut officiel de l’artiste et du sportif, garantissant des droits sociaux (assurance maladie, retraite, indemnités).
• Créer des fonds régionaux permanents de soutien, transparents et accessibles à tous, et non réservés à une élite.
• Assurer une couverture médicale adaptée, notamment pour les professionnels vieillissants ou atteints de maladies chroniques.
• Réformer les mécanismes d’attribution des subventions pour garantir équité, transparence et justice territoriale.
Il ne s’agit pas de charité, mais de reconnaissance et de justice.

*La responsabilité de la société civile :*
Les associations, les collectifs et les citoyens ont un rôle déterminant à jouer. Ils doivent :
• S’organiser pour défendre les droits des artistes et sportifs, en créant des syndicats ou des plateformes représentatives fortes.
• Lancer des initiatives solidaires locales (fonds d’entraide, événements de soutien).
• Faire pression sur les institutions à travers le plaidoyer, la mobilisation et la sensibilisation.
La dignité ne se mendie pas, elle se revendique.

*Le devoir de l’intelligentsia régionale :*
Les universitaires, intellectuels, journalistes et acteurs culturels influents ne peuvent plus rester spectateurs. Leur silence est une forme de renoncement.
Ils doivent :
• Produire des analyses, enquêtes et tribunes pour mettre en lumière cette réalité ignorée.
• Participer à la construction de politiques publiques éclairées et adaptées.
• Défendre une vision où la culture et le sport sont considérés comme des piliers du développement humain, et non comme des luxes.
Pour une prise de conscience collective.
Ce combat dépasse les artistes et les sportifs eux-mêmes. Il concerne toute la société. Une région qui abandonne ses créateurs et ses talents se condamne à l’appauvrissement culturel, à la perte de mémoire et à la fracture sociale.

*Il est temps de dire clairement : cela suffit :*
Il est temps d’agir avec courage, avec justice, et avec détermination.
La région de Souss-Massa mérite mieux. Ses artistes et ses sportifs méritent mieux. Et il est de notre responsabilité collective de transformer cette indignation en action concrète.

Mounir SEGHROUCHNI

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