International

Que va chercher Angela Merkel en Algérie ?

Manifestation du tournant de la politique migratoire allemande, la chancelière allemande va chercher l’appui des dirigeants algériens dans la mise en œuvre de sa nouvelle politique africaine qui lie développement économique et migration.

Alors que la chancelière allemande Angela Merkel est en Algérie pour une visite éclair, les questions s’amoncellent sur les raisons de cette visite d’État, dont beaucoup d’Algériens ont à peine entendu parler. Raison pour laquelle TSA, s’interroge en une de son site « Pourquoi Angela Merkel vient en Algérie ? » À quoi le titre répond : « À Alger, personne n’en sait rien ». La dernière visite officielle de Merkel, qui a beaucoup échangé avec l’Afrique ces derniers mois, datait de 2008. Mais on se souvient qu’en 2017, déjà, la chancelière allemande devait visiter l’Algérie, mais son déplacement a été reporté en raison « d’une indisponibilité temporaire » du président Abdelaziz Bouteflika pour cause de maladie.

L’Allemagne en perte de vitesse en Algérie

Bien que les contours de cette nouvelle visite restent un mystère, les questions économiques, migratoires et la lutte antiterroristes sont en tête des thèmes sur lesquels les deux pays échangent régulièrement. Du côté algérien, officiellement, le but principal de la visite de la chancelière allemande est de renforcer les relations commerciales. Selon l’agence de presse algérienne APS, la visite est « une occasion de faire le point sur les relations économiques entre l’Algérie et l’Allemagne et de les renforcer  », précise le communiqué de la présidence de la République algérienne. Un intérêt économique confirmé par les médias allemands que citent TSA, à Alger « l es médias allemands ont évoqué l’intérêt de leur pays pour des secteurs tels que les réseaux routiers, l’automobile, l’énergie solaire, les ressources en eau, l’habitat, la sécurisation des frontières et l’industrie militaire ». En effet, les entreprises allemandes sont à la peine. Il y a 200 entreprises allemandes installées en Algérie. Le volume des échanges est évalué à 3,3 milliards de dollars. Mais en termes d’importations en Algérie, l’Allemagne se classe cinquième derrière la Chine et les pays méditerranéens (France, Italie et Espagne). Pour les exportations, elle est même en queue de liste.

Les migrants maghrébins au cœur d’un projet de loi

En sus de ces questions d’échanges purement économiques, Angela Merkel espère surtout mettre à profit sa nouvelle approche de la question migratoire avec les pays africains. La chancelière allemande animait cet après-midi une conférence avec le Premier ministre Ahmed Ouyahia, au Centre international des conférences, dans la commune de Staouali, à Alger. Elle a annoncé, durant son intervention, avoir abouti à un accord avec les autorités algériennes pour « le transfert des migrants algériens en situation irrégulière en Allemagne vers l’Algérie ».

Elle a qualifié l’Algérie de « pays sûr » et que les migrants, en nombre de 40 000 selon le Premier ministre Ouyahia, ne seront pas en danger une fois rapatriés en Algérie.

L’Algérie est de loin le plus grand pays de la région, limitrophe du Mali et du Niger au sud. De nombreux migrants traversent ces pays pour rejoindre la Méditerranée et tenter le périlleux voyage en Europe. Ces migrants ne sont pas particulièrement bienvenus en Algérie. En juillet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a accusé l’Algérie d’avoir simplement laissé plusieurs centaines de migrants dans le désert à la frontière avec le Niger, une allégation rejetée par le ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui.

Le gouvernement allemand a adopté en juillet un projet de loi visant à accélérer le renvoi dans leur pays des demandeurs d’asile originaires d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, en les inscrivant comme « pays sûrs ». Berlin se justifie en expliquant que les demandes d’asile en provenance de ces pays sont déjà quasiment toutes rejetées, à plus de 99 % pour l’Algérie. Berlin espère que cette initiative accélérera non seulement les procédures d’asile et les expulsions, mais enverra également un signal aux migrants potentiels et aux demandeurs d’asile de la région, selon lesquels leurs chances de rester en Allemagne sont faibles. Un premier projet de loi en ce sens avait été rejeté l’an dernier par la chambre haute du Parlement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *