Une rencontre scientifique a été organisée, mercredi à Rabat, pour jeter la lumière sur le bilan de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) et les contraintes en matière de traduction à partir et vers l’amazigh.
L’IRCAM a publié entre 2004 et 2015 un total de 38 ouvrages traduits à partir et vers l’amazigh sur un total de 273 parutions, a indiqué , le chercheur du Centre de traduction, de documentation, de publication et de communication au sein de l’IRCAM, Mohamed Laâdamat, en marge de cette rencontre organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la langue mère.
Cet Institut répond à toutes les demandes de traductions qui lui sont soumises des différentes régions du Royaume et en provenance de différents établissements, qu’ils soient gouvernementaux ou du tissu associatif, a précisé le chercher qui s’exprimait en amazigh.
Concernant les difficultés auxquelles l’unité de traduction de l’IRCAM fait face, Laâdamat a mis en exergue deux problématiques relatives à la traduction vers l’amazigh, la première étant « le grand déficit du dictionnaire », notamment les dictionnaires spécialisés, tandis que la seconde problématique est liée à la langue normative unifiée en soi.
Pour traiter ces questions, le lauréat de l’Ecole supérieure Roi Fahd de Traduction de Tanger (ESFRT) a souligné la nécessité d’accélérer l’adoption de lois organiques, que ce soit celles relatives à la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazigh, ou celles concernant le Conseil national des langues et de la culture marocaines qui viendra renforcer la présence de l’amazigh dans d’autres établissements.
De son côté, le directeur de l’IRCAM, Ahmed Boukous, a qualifié, dans une déclaration au portail d’information « MAP-Amazigh », la question de la traduction en amazigh de « cruciale », appelant à l’ouverture sur d’autres langues afin de moderniser et d’enrichir le dictionnaire amazigh, et offrir ainsi les conditions nécessaires pour communiquer avec les personnes s’exprimant en d’autres langues.
S’agissant de la stratégie de l’IRCAM en matière de promotion de la traduction vers l’amazigh, Boukous a expliqué que son plan de travail était axé sur deux dimensions, la première relative à la traduction d’autres langues vers l’amazigh, « ce qui contribuera à l’enrichissement de l’amazigh notamment au niveau lexical ».
Quant à la deuxième dimension, elle concerne la traduction à partir de l’amazigh vers d’autres langues afin d’initier le lecteur étranger à la culture et patrimoine amazighs.