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Sahara: Koehler tente de sortir les négociations de l’impasse

Le nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara, Horst Koehler, a débuté lundi à Rabat sa première tournée régionale, avec pour mission de relancer les négociations en vue de sortir ce vieux conflit de l’impasse.

L’ex-président allemand, nommé en août par le nouveau secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, a mené différents entretiens lundi, notamment avec le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, selon une source diplomatique informée. Il doit poursuivre ses entretiens mardi avant de partir mercredi matin pour Tindouf, selon la même source.

Sa tournée prévue jusqu’au 25 octobre doit ensuite le conduire à Alger puis Nouakchott, selon un responsable communication aux Nations-Unies à New York.

La plus grande discrétion entoure cette première visite, le programme précis de ses entretiens n’ayant pas été rendu public.
Se le quotidien Akhbar Al Yaoum, qui cite une source diplomatique marocaine, cette visite « protocolaire » visait principalement à « nouer les contacts ».

Depuis 2007, le Maroc propose comme solution de « compromis » une autonomie sous sa souveraineté.

Après des années d’impasse, le nouveau secrétaire général de l’ONU a affirmé en avril vouloir impulser une « nouvelle dynamique » autour de ce conflit qui empoisonne les relations Alger-Rabat et entrave plus largement la coopération maghrébine.

Dans la foulée, le Conseil de sécurité a adopté une résolution de soutien à une reprise des négociations et prolongé jusqu’à la fin avril 2018 le mandat des casques bleus de la Minurso, notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu signé en 1991.

M. Koehler succède comme émissaire à Christopher Ross, qui avait démissionné en mai après huit ans d’une mission marquée par des tensions entre le Maroc et l’ONU.

L’accusant de « partialité », Rabat avait retiré en 2012 sa confiance au diplomate américain, avant de revenir à contre-coeur sur cette décision.

Echaudé par un projet de résolution américaine prévoyant d’élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme, le Maroc avait ensuite exprimé son courroux, en 2016, après une visite de Ban Ki-moon à Tindouf lors de laquelle le patron de l’ONU avait parlé « d’occupation » du Sahara.

En représailles, Rabat avait expulsé la majeure partie des membres civils de la Minurso, avant d’accepter le retour d’une partie de ce personnel.

La mission du nouvel émissaire intervient par ailleurs dans un contexte de questionnements sur le rôle de l’ONU mais aussi d’enjeux sécuritaires persistants dans la bande sahélo-saharienne, théâtre d’attaques jihadistes.

Rabat, qui a mené ces derniers mois une activité diplomatique intense sur le thème de la stabilité régionale, met régulièrement en avant la nécessité d’éviter toute forme de balkanisation.

Le dossier a été abordé lors des récentes visites à Rabat du Premier ministre russe Dimitri Medvedev et du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Ce dernier a réitéré la position de Paris, pour qui la proposition d’autonomie marocaine « est une bonne base de négociation ».

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