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Secteur de l’agriculture dans le Souss Le dessalement, l’issue inéluctable !

Saoudi El Amalki

Quelles perspectives du secteur de l’agriculture dans le Souss ? Rien ne rassure, mais plutôt préoccupe sur toute la ligne. La fiasco cuisant du Plan Maroc Vert et Génération Green se confirme, au fil des ans et fait subir au domaine des revers dramatiques. Depuis de longues années, la nappe phréatique qui fut le salut majeur pour l’alimentation en eau se raréfie sur les superficies irriguées et dégringole quasiment à plus de 250 mètres de profondeur, après avoir oscillé entre 15 et 20 mètres. A l’époque, les grands agriculteurs pompaient de manière abusive et délibérée les eaux souterraines, sans aucune interpellation des services de contrôle étatique. Aujourd’hui, les fermes dans le Souss souffrent du manque de ressources hydriques et perdent progressivement les équipements agricoles qui se détériorent, la main-d’œuvre qualifiée qui déserte pour aller voir ailleurs et les opérateurs agricoles qui vont investir, sous d‘autres cieux. Taroudant ou Aït Baha qui jadis, se permettaient fort bien d’approvisionner les marchés national et international se font à présent rivaliser par un récent concurrent de la région qu’est la Mauritanie. Les barrages qui jalonnent ces régions hyper connues pour des productions florissantes en primeurs et en agrumes, sont trop limités en matière de retenues d’eaux pour alimenter près de 150 mille ha, alors qu’ils ne couvrent qu’environs 15 mille ha, tout en sachant qu’ils sont réservés en priorité à combler les besoins des populations en eau potable. Il faudra dire que les décideurs du département de tutelle ne réagissent pas pour mettre en place des alternatives susceptibles de remédier au déficit pluviométrique à moyens et longs termes. En superstitieux sournois, ils attendent la générosité du ciel et font attendre les petits paysans qui gémissent sous les tourments de la misère. Il va falloir se rendre à l’évidence pour ce qui est de la nappe souterraine irréversiblement en état de dissipation pour des millénaires, alors que les contenances des barrages de cette zone ne sauraient suffire aux irrigations, même aux moments des crues et des écoulements. Une seule et unique solution à prévoir, c’est bien celle des stations de dessalement des eaux de mer. Certes, on en construit une au-delà Daoura relevant de la province de Chtouka Aït Baha, mais il en faut encore d’autres pour prétendre persuader la main-d’œuvre qualifiée à se retenir sur place, maintenir la place du secteur sur le marché mondial, subvenir aux attentes de la paysannerie et des citoyens, redorer le blason d’une région agricole et recouvrer la souveraineté alimentaire égarée par la politique déficitaire mise en avant, depuis 2008… En effet, lorsque l’ancienne responsable à l’Exécutif, chargée de l’eau, Charafate Afailal, vociférait haut et fort contre la surexploitation d’eau et l’inadéquation des variétés et des quantités des productions en net déphasage avec la capacité hydraulique dont dispose le pays, le ministre de l’agriculture à l’époque faisait la sourde oreille pour épargner ses lobbys du secteur et pire encore, il n’avait pas froid aux yeux d’aller s’en plaindre auprès du SG de son parti pour lui « foutre » la paix ! Les résultats de cette gabegie se fait donc se ressentir puisqu’au niveau de la plaine du Souss, il y a un manque à gagner en matière d’eau qui s’élève à environs 500 millions de m3 qu’on devra mobiliser des stations de dessalement, en plus du peu d’eau des barrages et de la nappe phréatique.

 

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