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Séisme sur les Bourses mondiales après le Brexit

Prises par surprise par le vote en faveur d’un « Brexit », les places boursières mondiales ont terminé la séance en déroute vendredi, à l’exception notable de Londres qui tirait son épingle du jeu.

Dans le sillage de ses homologues européennes, Wall Street a terminé sur une lourde chute en dévissant de 3,39%.

L’issue du référendum de jeudi au Royaume-Uni « fait planer un énorme nuage d’incertitudes », a expliqué Peter Cardillo, chez First Standard Financial. Selon lui, « la baisse n’est pas près de s’arrêter car personne ne sait ce qui va se passer ».

Paradoxalement, l’indice londonien s’en est beaucoup mieux sorti, terminant la séance sur une baisse de 3,15%, tandis que Paris a cédé 8,04% et Francfort 6,82%.

A court terme, la baisse de la livre sterling pourrait également éventuellement se traduire par un gain de compétitivité pour les entreprises britanniques.

Avec la monnaie britannique au plus bas depuis 1985, les marchés européens ont toutefois été les principales victimes de cette journée noire, subissant des chutes du même ordre de grandeur qu’au moment de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.

Après s’être envolée au-dessus de 1,50 dollar au moment de la fermeture des bureaux de vote, la livre sterling est tombée à des niveaux inédits depuis 1985, jusqu’à 1,3229 dollar.

Vers 21H00 GMT (23H00 à Paris), elle effaçait une partie de ses pertes face au dollar, à 1,3670 dollar pour une livre contre 1,4974 dollar jeudi soir.

Ailleurs en Europe Madrid a chuté de 12,35% et Milan de 12,48%. Lisbonne a perdu 6,99%, Bruxelles 6,40% et Amsterdam 5,70%. La Bourse suisse a reculé quant à elle de 3,44%. L’Eurostoxx 50 a reculé de 8,62%.

« L’étendue du plongeon a été exacerbée par un marché totalement positionné dans la mauvaise direction, les investisseurs choisissant de faire confiance aux sondages, sans plus de prudence, en misant massivement sur un +Remain+ », un maintien du Royaume-Uni dans l’UE, explique Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

La Bourse de New York a mieux résisté et n’a pas cédé à la panique, sans doute aidée par la relative solidité de l’économie américaine.

« C’est une grosse réaction, mais nous n’y voyons pas (…) le début d’un renversement durable » des indices, a ainsi déclaré Jack Ablin, chez BMO Private Bank.

Mais la secousse au niveau mondial n’est pas près de retomber, selon les experts.

« C’est clairement un très gros choc pour les marchés » et « pour le Royaume-Uni, c’est un séisme » dont les « implications vont indubitablement aller au-delà des frontières britanniques », affirme à l’AFP Matthew Beesley, directeur actions internationales de la société de gestion britannique Henderson Global Investors.

Depuis le début de la campagne, les marchés redoutaient une sortie du Royaume-Uni aux conséquences dévastatrices pour l’économie européenne et mondiale ainsi que pour le monde financier.

Le secteur bancaire a été le plus exposé au cours de cette journée avec Lloyds Banking Group (-21,00%), BNP Paribas (-17,40%), Crédit Agricole (-14,00%) et Société Générale (-20,57%). Deutsche Bank a perdu 14,13% et Crédit Suisse 13,48%.

Les banques ont également fait grise mine à New York où elles ont connu leur séance la plus noire depuis la perte du triple A des Etats-Unis auprès de Standard & Poor’s en août 2011: Goldman Sachs et Morgan Stanley ont notamment dégringolé respectivement de 7,07% et de 10,15%.

Parallèlement, les valeurs refuge comme le yen ou l’once d’or flambaient et les investisseurs se sont rués sur le marché obligataire.

Face à ce séisme les banques centrales étaient sur le pied de guerre pour tenter d’apaiser les craintes, avec un effet très limité sur les marchés à ce stade.

Concernée en premier chef par les répercussions du référendum, la Banque d’Angleterre (BoE) a indiqué qu’elle était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d’euros) de fonds additionnels. Dans la foulée, la Banque centrale européenne (BCE) s’est dite également « prête à fournir des liquidités supplémentaires ».

Peu avant l’ouverture de Wall Street, la Réserve fédérale américaine avait aussi donné de la voix en assurant être prête à fournir des liquidités en dollars aux autres banques centrales pour faire face aux « pressions ». Dans la matinée, la Banque du Japon (BoJ) a fait des déclarations similaires, ce qui n’a pas empêché la Bourse de Tokyo de plonger de près de 8% à la clôture.

Un certain nombres de gérants d’actifs, à l’instar du numéro un mondial, l’américain BlackRock, ont cherché vendredi à relativiser en voyant aussi dans ces mouvements des « opportunités ».

« Aujourd’hui, le marché est dans la phase émotionnelle, car le vote va à l’encontre des prévisions et le score est sans appel », affirme à l’AFP Alain Zeitouni, directeur des gestions pour Russell Investments France, basé à Londres.

Mais selon lui, « le choc est absorbable » et « nous n’assistons pas à des ventes de panique ».

AFP

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