« Enfermez-là! ». Avec « Construisons le mur », ça a été l’un des slogans les plus populaires lors des meetings de campagne de Donald Trump dans sa conquête de la Maison Blanche.
Le mur à la frontière du Mexique tarde à sortir du sol et celui qui est désormais président des Etats-Unis a décidé de repartir à la charge contre son ancienne rivale démocrate Hillary Clinton, réclamant qu’elle soit poursuivie en justice.
Une initiative qui a suscité de vives critiques, accusant le président républicain de tenter de détourner l’attention de l’affaire russe qui n’en finit pas de gagner du terrain pour atteindre à présent son proche entourage.
Le quotidien Washington Post a considéré que cette attitude était digne d’une « république bananière » tandis que le Wall Street Journal a estimé que le milliardaire « franchissait de dangereuses lignes juridiques et politiques ».
« M. Trump est clairement frustré que l’histoire de collusion avec la Russie atteigne sa propre famille », a relevé le WSJ. « Mais la frustration a désormais pris une tonalité plus sombre ».
Sa suggestion que le « ministre de la Justice (Jeff Sessions) devrait traduire en justice son opposante vaincue est le genre de rétribution politique sommaire que l’on peut attendre d’un Erdogan en Turquie ou d’un Duterte aux Philippines », a poursuivi le quotidien, faisant référence aux présidents turc et philippin.
Donald Trump a attaqué cette semaine sur Twitter M. Sessions – l’un de ses premiers partisans mais peut-être désormais sur la sortie – pour avoir épargné Mme Clinton.
« Sessions a adopté une position TRES faible concernant les crimes d’Hillary Clinton », a relevé mardi M. Trump, suggérant l’ouverture d’une nouvelle enquête sur son utilisation d’un serveur privé de messagerie lorsqu’elle était secrétaire d’Etat de Barack Obama.
Et le président était déjà particulièrement remonté contre son ministre pour s’être récusé dans l’enquête sur l’affaire russe sur une possible collusion entre son équipe de campagne et des responsables russes.
