L’Association « Touche pas à mon enfant » est bien déterminée à relancer l’affaire de la jeune Nassima, victime d’un viol collectif, qui s’est donnée la mort dans la région de Marrakech après la décision d’innocenter ses bourreaux.
L’ONG fondée par Najat Anwar, a adressé un courrier au ministre d’État chargé des droits de l’homme, au ministre de la Justice et aux procureurs généraux du Roi près les Cours de Cassation et d’appel de Marrakech demandant l’ouverture d’une enquête sur le suicide de cette mineure de 16 ans.
Issue d’un milieu défavorisé, la victime, née en 2001, est la fille d’un père au chômage et une mère travailleuse domestique. Elle a été kidnappée à la place Arssat Al Maache à Marrakech par un groupe de quatre jeunes âgés de 20 à 23 ans puis séquestrée dans la maison d’un des ravisseurs à Sidi Moussa, à 15 km de la ville ocre. Elle est sauvagement violée et torturée avant d’être relâchée.
La mère de Nassima porte plainte en présentant un certificat médical témoignant des sévices subis par sa fille.
Une enquête est alors ouverte et les quatre agresseurs sont poursuivis pour détournement de mineure et attentat à la pudeur avec violence ayant entraîné la défloration de la victime. Mais contrairement à toute attente, le 21 avril 2016, la Cour d’appel de la ville décide d’innocenter les quatre mis en cause.
Une décision qui aggrava l’état de santé de la victime et la plongea dans une dépression encore plus profonde. Nassima a tenté de mettre fin à ses jours à trois reprises. La première en tentant de se jeter d’un toit, la deuxième en avalant de l’eau de javel, et la troisième, qui lui fut fatale, par pendaison.
La jeune femme avait été suivie par une psychologue dans la « Maison de l’Enfant » de Marrakech suite à ses deux premières tentatives de suicide, sans résultat.
« Touche pas à mon enfant » fait remarquer que le cas de Nassima est le deuxième en l’espace d’une année après celui de la jeune fille de Ben Guerir qui s’est immolée par le feu après la décision d’innocenter ses violeurs rendue par la Cour d’appel de Marrakech.
L’ONG souligne que le viol sur mineur est un crime qui se hisse au rang des violations graves des droits de l’Homme et la traite des êtres humains et appelle à la réouverture du dossier de cette affaire, au durcissement des sanctions contre la pédophilie, à la mise en place de centres de soutien psychologique aux victimes du viol et à la généralisation du programme « Hna M3ak » (Nous sommes avec toi) en partenariat avec le ministère de l’Intérieur.