Les importations de livres sont bloquées au Maroc depuis le remaniement ministériel. En cause: la suppression, dans le nouveau gouvernement, du ministère de la communication, le seul habilité à délivrer les autorisations d’importations. Si certains parlent d’un transfert des prérogatives au ministère de l’Intérieur, rien n’est encore acté. Selon plusieurs libraires et professionnels du secteur, cela fait près d’une dizaine de jours que les autorisations ne sont plus délivrées.
“Je suis la première touchée en tant que librairie. On ne peut pas se réjouir d’une telle nouvelle. Il faut souhaiter que le problème soit résolu très vite et confié à un autre ministère d’urgence”, explique Stéphanie Gaou, gérante de la librairie Les Insolites à Tanger, citée par le HuffPost Maroc. “Notre quotidien est déjà difficile. Les livres mettent environ un mois à un mois et demi pour être servis dans les librairies”, souligne-t-elle.
Autre problème pour les libraires: les annulations de commandes de certains clients, qui préfèrent se tourner vers des plateformes d’achat en ligne comme Amazon. Cette dernière livre le Maroc depuis la France, et n’a pas besoin de validation du ministère de la communication. L’importation d’ouvrages et de livres par les particuliers, pour leur usage personnel, n’est en effet pas subordonné à la présentation d’une autorisation délivrée par le ministère, de même que les livres scolaires et scientifiques, qui font partie des exceptions.
Du côté des éditeurs, on monte au créneau. Selon Abdelkader Retnani, directeur de la maison d’éditions casablancaise La Croisée des Chemins, une dizaine d’éditeurs ont leurs marchandises bloquées au ministère de la communication. Il dénonce également l’omerta qui règne au sein de l’ex-département de Mohamed Laâraj.
“C’est un véritable problème auquel le gouvernement n’a pas réfléchi. Les fonctionnaires du ministère ne savent pas eux-mêmes ce qu’ils vont devenir, ils font des sit-in, les dossiers s’entassent. Nous allons nous réunir cet après-midi avec plusieurs éditeurs et professionnels du secteur pour voir les actions que nous allons entreprendre et essayer d’avoir un rendez-vous avec le chef du gouvernement”, explique-t-il. “J’espère qu’on arrivera à une solution, parce que ça risque d’être dramatique”.