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Tamek déplore la faiblesse des moyens alloués au secteur pénitentiaire

Les moyens matériels et humains alloués au secteur pénitentiaire n’accompagnent pas la hausse considérable de la population carcérale, qui a atteint un nombre record dépassant 80.000 prisonniers, a indiqué, mercredi à Rabat, le délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, Mohamed Salah Tamek.

Intervenant devant les membres de la commission de Justice, de Législation et des Droits de l’Homme, à la chambre des conseillers, lors de la présentation du projet de budget sectoriel de Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) au titre de l’année 2017, M. Tamek a précisé que cette situation est à même d’aggraver le phénomène de la surpopulation des établissements pénitentiaires, ainsi les différentes conséquences négatives qui en résultent.

Cette surpopulation entrave les efforts visant à garantir des conditions de détention protégeant la dignité de ces prisonniers, d’assurer leur sécurité et de mettre en place des programmes de qualification à même de faire face au phénomène de la récidive, a regretté M. Tamek, faisant remarquer que les 400 postes budgétaires destinés à la DGAPR au titre de l’exercice 2017, ne suffisent pas pour répondre aux besoins en terme de ressources humaines, surtout que de nouveaux établissements pénitentiaires vont être ouverts cette année.

Malgré les moyens financiers limités, plusieurs chantiers de réforme ont été lancés pour la promotion des conditions des établissements pénitentiaires et des détenus, a précisé M. Tamek, faisant savoir que la DGAPR a ouvert, au cours des deux dernières années, 11 établissements pénitentiaires, tandis que 8 anciens établissements ont été fermés en raison de leur situation ne répondant aux standards requis.

M. Tamek a, dans ce sens, souligné le lancement des projets de construction de cinq établissements pénitentiaires et la mise en place d’un programme prévisionnel pour la construction de 9 autres à l’horizon 2021, dans des zones qui ne disposent pas de prisons, tout en prenant compte des critères de la proximité et de la conformité avec le découpage territorial et judiciaire du Royaume.

Les projets réalisés ont permis de diminuer le taux de surpeuplement de 45% en fin 2014 à 38% en fin 2016, et d’améliorer l’espace d’hébergement réservé à chaque détenu, en le portant de 1,59 m2 en fin de 2012 à 1,86 m2 à la même période de 2016, a fait valoir M. Tamek, rappelant que les indices sanitaires au sein des prisons ont connu une évolution remarquable, avec un taux d’encadrement d’un médecin pour 820 détenus, un dentiste pour 1.381 détenus, un infirmier pour 162 détenus et 6 diagnostics par an pour chaque détenu, alors que le taux de mortalité s’est établi à 2% annuellement.

Il a aussi assuré que la DGAPR est déterminée à préserver la dignité du détenu, qui ne se limite pas à l’hébergement, mais à assurer leurs droits fondamentaux, étant consciente que pour remplir son rôle comme il se doit, elle doit concilier entre son devoir sécuritaire et son rôle dans la consolidation de l’approche juridique et humaine.

Aussi, grâce à la coordination fructueuse avec la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus avec les départements concernés, la Délégation a pu élargir le cercle des bénéficiaires des projets de formation professionnelle, de l’éducation et l’alphabétisation, dont le nombre a atteint 17.796 au cours de l’année scolaire 2016-2017, s’est félicité M. Tamek, mettant en avant le partenariat avec l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme et la coordination avec le ministère des Habous et des Affaires islamiques, pour la lutte contre l’analphabétisme et les partenariats avec d’autres départements pour la lutte contre l’analphabétisme professionnel, dans le cadre du programme Prisons sans analphabétisme.

M. Tamek a conclu que la réforme du système pénitencier constitue un défi qui implique l’adhésion de l’ensemble des départements concernés pour la mise en œuvre des prérogatives de la DGAPR, faisant savoir que la Délégation est convaincue de l’importance et l’efficience de l’action commune, notamment dans ce secteur qui nécessite une interaction entre le caractère social, humain, juridique, sécuritaire, administratif et technique.

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