C’est une excellente nouvelle pour la Tunisie, selon Mohamed Ali Toumi, président de la Fédération Tunisienne des Agences de Voyage (FTAV). La FTAV a été officiellement intégrée à la Confédération européenne des associations d’agences de voyage et tour opérateurs d’Europe (ECTAA). Une annonce faite en grande pompes à l’occasion de la 144ème assemblée générale du collectif européen, tenue, pour la première fois, en Tunisie.
« La Tunisie est le premier pays arabe à avoir intégré l’ECTAA », s’est félicité Mohamed Ali Toumi, soulignant que la confédération européenne a organisé, pour la première fois de son histoire, son assemblée générale en dehors des frontières européennes.
Le président de la FTAV a poursuivi en affirmant que cette initiative permettra à la Tunisie d’acquérir un poids considérable au Conseil d’administration de l’ECTAA. Un pas supplémentaire pour pousser les 4 pays membres encore réticents (Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Norvège), sur les 36 autres, à lever les restrictions de voyage qui frappe la Tunisie.
Michel de Blust : encourager le retour des touristes en Tunisie
« Nous avons été heureux d’accueillir la Tunisie, à travers la FTAV, parmi nous », a déclaré, pour sa part Michel de Blust, secrétaire général de l’ECTAA. « C’est la première fois que nous organisons une assemblée générale hors de l’Europe, et nous avons choisi la Tunisie pour ce faire », a-t-il ajouté, soulignant que la Tunisie a toujours représenté une destination privilégiée pour les professionnels européens du tourisme. Mais une destination qui a, selon ses mots, besoin d’une relance et c’est précisément le but de son intégration à l’ECTAA.
D’autre part, l’épineuse question des précautions exprimées à l’égard de la Tunisie par certains membres de l’ECTAA, suite aux troubles sécuritaires, a été abordée par le secrétaire général de l’organisation. Dans ce contexte, Michel de Blust a affirmé que la situation en Tunisie a été « parfaitement calme les deux dernières années » et que les autorités tunisiennes maîtrisent la sécurité du pays.
L’étape suivante, selon le secrétaire général de l’ECTAA, consistera à convaincre les ministères européens des Affaires étrangères, ayant déconseillé les voyages en Tunisie, de l’intérêt du tourisme tunisien et des points forts du pays. « Ces précautions n’ont plus raison d’être. Nous appelons à nuancer ces mesures. À titre d’exemple, au lieu de déconseiller les voyages pour tout le territoire tunisien, il est possible de le faire uniquement pour les frontières tuniso-libyennes ou tuniso-algériennes. C’est une question de bon sens. Nous espérons pouvoir changer cela en 2017, car les tours-opérateurs et les touristes européens sont prêts à revenir en Tunisie », a-t-il déclaré à Réalités Online.
Faire de la Tunisie une destination préférée de l’ECTAA
Désormais, la Tunisie détient le statut d’un membre international de l’ECTAA. Mais quelles sont ses prérogatives, dans ce cadre ? D’après Mohamed Ali Toumi, la Tunisie, à travers la FTAV, a la possibilité de participer aux travaux et aux assemblées générales de l’organisation européenne. Seulement, exit la voix délibérative au sein du conseil d’administration.
En revanche, la prochaine feuille de route a d’ores et déjà été fixée par le président de la FTAV, et il s’agit de faire de la Tunisie une « destination préférée » de l’ECTAA. En fait, il s’agit d’un statut particulier attribué, annuellement, à l’un des pays membres ou internationaux de l’ECTAA. Que signifie-t-il, concrètement ? Selon Michel de Blust, le « pays préféré », bénéficie d’un appui considérable en matière de promotion de son potentiel touristique en Europe. 2016 est l’année de la Slovénie. « Pendant un an, la promotion de la destination préférée est assurée par l’ECTAA auprès des tours-opérateurs. C’est un soutien ciblé », a-t-il expliqué.
Chaque pays membre de l’ECTAA, d’après le secrétaire général, peut présenter sa candidature dans cette optique. Celle-ci sera examinée selon plusieurs critères. « La Tunisie rentrerait parfaitement dans les critères, car elle est située à proximité de l’Europe. C’est une destination populaire. Si nous recevons une proposition formelle de la Tunisie, elle sera accueillie très favorablement », a-t-il indiqué.
L’actuelle présidente de l’ECTAA, Merrick Hallik, était également présente lors de l’assemblée générale tenue à Tunis. « Nous sommes ici pour soutenir la Tunisie », a-t-elle assuré, ajoutant que les États membres doivent trouver les solutions adéquates pour ce faire. « Tunis est une ville exceptionnelle. J’espère que les précautions vis-à-vis de d’elle seront levées ».
À titre d’information l’ECTAA a été créée en 1961, sous l’impulsion de la Communauté économique européenne, ancêtre de l’actuelle Union Européenne. Tous les deux ans, la présidence est attribuée à l’un des pays membres. Cette année, c’est l’Estonie, désignée en mai 2016, qui prendra la relève, et ce jusqu’en mai 2018.
