Au Maroc, le débat sur le fléau de la corruption est toujours d’actualité. Lancée en décembre 2015, la stratégie nationale contre la corruption a donné de « très faibles » résultats, selon l’évaluation objective de l’ONG Transparency Maroc.
Le secrétaire général-adjoint de l’ONG marocaine, Abdessamad Saddouq, a souligné lors d’une rencontre organisée par Transparency, mercredi à Rabat, que les résultats de ladite stratégie sont « très faibles et ne sont pas au niveau » escompté.
Parmi les critiques de l’ONG à l’encontre de la stratégie nationale contre la corruption, Transparency Maroc relève le retard pris dans sa mise en œuvre en ce sens que les mécanismes nécessaires à son action n’ont été mis en place qu’en novembre 2016, notant que la commission nationale de suivi, composée de représentants des autorités gouvernementales, d’instances de gouvernance, de la société civile et du secteur privé, n’a tenu sa première réunion qu’en avril 2018.
« Cela donne rend compte du lancement hésitant de la stratégie. Si le plan n’est pas pratique, les résultats ne seront pas au niveau, ce qui a conduit certains secteurs à prendre le dossier au sérieux, alors que d’autres ne l’ont pas pris suffisamment au sérieux », a affirmé Saddouq.
Pour sa part, la représentante du ministère délégué en charge de la réforme de l’administration et de la fonction publique, Ikram Hami, a reconnu que « la stratégie nationale de lutte contre la corruption a été par marquée par des insuffisances, en particulier en ce qui concerne la non-implication de certains acteurs de la société civile, ce qui a nécessité une réactualisation des procédures de cette stratégie ».
De son côté, Ahmed Mansouri, secrétaire général de Transparancy Maroc, a souligné que la stratégie nationale de lutte contre la corruption a connu des difficultés au niveau de la mise en œuvre des mesures d’accompagnement, prévues dans la constitution de 2011, telles que l’activation du Conseil de la concurrence et de la Commission nationale de lutte contre la corruption.
Malgré les insuffisances relevées, Mansouri a, toutefois, exprimé “son optimisme” quant à la réalisation à l’avenir de meilleurs résultats, soulignant le nombre croissant de responsables qui ont été piégés par la ligne téléphonique mise en place par le Ministère public pour la dénonciation de la corruption et dont le nombre a atteint à ce jour 39 cas.
