« La beauté, pour être émouvante, doit être éphémère ». Bien qu’apocryphe, cette citation qu’il attribue au photographe français Robert Doisneau, l’artiste Sam Dougados l’a fait sienne. Avec son râteau, il dessine sur les plages des fresques qui naissent à marrée basse et disparaissent à marée haute. Il pratique le beach art depuis 2007, dont il est passé maître en devenant champion du monde en 2011.
« C’est l’île de Jersey qui avait organisé l’opération, à visée promotionnelle pour le tourisme. Ils l’ont appelé championnat du monde, mais on fait de l’art, donc il n’y a pas de valeur objective », explique l’artiste.
Objectivement, ses œuvres éphémères ont sublimé quelques heures les plages du Maroc en novembre, le temps d’une oscillation de l’océan.
À l’invitation de l’Institut français d’Essaouira, Sam Dougados a collaboré avec le calligraphe de tifinagh et poète amazigh Moulid Nidouissadan pour un projet de sensibilisation à la préservation du littoral. COP22 oblige. À partir d’une toile du calligraphe, Sam Dougados la « prolonge » sur le sable.
Parfois, l’inspiration est beaucoup plus triviale. « Souvent, j’improvise. J’arrive parfois sur la plage, sans savoir ce que je vais faire » explique Sam Dougados.
Quelques semaines avant Essaouira, l’artiste-surfeur originaire de Biarritz (Sud-ouest de la France), en profite pour pousser un peu plus au Sud et retourner six ans après son premier séjour à Imsouane. Dans le village du pêcheur, entre deux sessions de surf, il ne résiste pas à l’envie de ratisser la plage. Mais pas n’importe comment. « Les dessins sont inspirés du plafonnier de ma chambre d’hôtel. J’ai fait un croquis et puis je l’ai reproduit sur le sable » révèle l’artiste.





