Après six semaines de manifestations et de mobilisations contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, 44 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées ou emprisonnées dans ce pays latino-américain où la pénurie s’est étendue aux denrées les plus élémentaires.
La dernière victime est un homme de 46 ans, mortellement blessé par un tir dans le cou alors qu’il regagnait son domicile à San Cristobal, chef-lieu de l’Etat de Tachira où des affrontements opposaient des manifestants et les forces de l’ordre.
Ce décès succède à celui, en début de semaine, d’un adolescent de 15 ans, abattu alors qu’il était parti acheter de la farine pour le repas familial.
De son côté, le parquet a annoncé que trois soldats membres de la garde seraient inculpés ce jeudi pour leur « responsabilité présumée » dans la mort du père de famille.
Sur un autre registre, le chef de l’opposition au Venezuela, Henrique Capriles, a accusé les autorités de l’avoir empêché de quitter le pays pour se rendre à New York où il devait rencontrer le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.
« Je ne vais pas pouvoir assister à la réunion avec le Haut commissaire aux droits de l’Homme », a affirmé M. Capriles dans une vidéo diffusée jeudi en direct sur internet depuis l’aéroport international de Maiquetia, à Caracas.
Il devait rencontrer vendredi à New York avec le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.
Les manifestants réclament l’organisation d’élections pour chasser le président Nicolas Maduro et son gouvernement du pouvoir, accusant le successeur d’Hugo Chavez de faire sombrer le pays dans la dictature.
Le Venezuela est secoué depuis le 1er avril par une vague de manifestations et de violences dont le bilan s’alourdit chaque jour.
Mercredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une réunion d’urgence pour examiner la situation politique et humanitaire grave au Venezuela, qui vit depuis six semaines au rythme de vagues de protestations pour contester la situation politique, économique et humanitaire dans le pays.
Jeudi, les États-Unis ont placé sur leur liste noire financière huit membres de la Cour suprême vénézuélienne, dont son président, accusés d’avoir aggravé la crise politique du pays en affaiblissant l’autorité du Parlement.
