En visite en Arabie saoudite pour sceller de nombreux accords et une plus grande coopération, Vladimir Poutine est resté de marbre face à l’hymne russe massacré.
Impassible, comme toujours. En visite officielle à Riyad pour évoquer une coopération renforcée avec l’Arabie saoudite, le président russe Vladimir Poutine ne s’est pas ému d’une prestation pourtant déroutante de l’orchestre militaire saoudien qui a interprété l’hymne russe, un carnage sonore. Espace, culture, santé, hautes technologies et agriculture : une vingtaine d’accords et de contrats, prévoyant des investissements pour des milliards de dollars, ont été signés à l’issue de pourparlers entre Vladimir Poutine et le roi Salmane.
La visite du président russe avait pourtant commencé sur une fausse note. Après un accueil en grande pompe par des coups de canon et une parade de cavaliers saoudiens arborant le drapeau des deux pays, l’hymne russe a été joué devant les chefs d’État à l’entrée du palais royal. Si l’on ne peut nier que l’orchestre local a engagé toute sa force et sa sincérité dans l’interprétation de l’hymne grandiloquent, le résultat porte à sourire.
Le président russe n’en tiendra pas rigueur à son hôte saoudien, même s’il porte une attention toute particulière à l’hymne national de la Fédération de Russie. Vladimir Poutine est effectivement à l’origine de son instauration, ou plutôt de sa restauration, collaborant au grand retour, critiqué à l’époque, de la musique composée par Alexandre Aleksandrov, celle qu’avait utilisée le Parti bolchevique en 1939 et qui fut adoptée en 1944 par l’Union soviétique jusqu’à sa chute. Le Kremlin a même participé directement à la réécriture des paroles (adieu les références à Lénine) de ce nouvel hymne qui remplace depuis 2000 l’hymne sans paroles des années 1990.
L'hymne national #russe tourne à la cacophonie lors d'une visite de Vladimir #Poutine à Riyad
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Entente pétrolière
« La Russie attache une importance particulière au développement de liens amicaux et mutuellement avantageux avec l’Arabie saoudite », a assuré le maître du Kremlin. « Nous sommes impatients de travailler (ensemble) sur toutes les questions qui permettront d’aboutir à la sécurité, la stabilité et la paix, de lutter contre l’extrémisme et le terrorisme et de renforcer la croissance économique », a affirmé le roi Salmane devant son interlocuteur russe. Ce dernier avait déjà fait l’éloge de ses « très bonnes relations avec le roi, comme avec le prince héritier » Mohammed ben Salmane, dans un entretien à des chaînes de télévision arabophones diffusé à la veille de sa visite. Vladimir Poutine s’est en outre entretenu avec le prince héritier de la « coopération bilatérale » et de divers dossiers régionaux, « en particulier la situation en Syrie et au Yémen ». Sur la Syrie, « il est important pour la Russie qu’un pays arabe participe au règlement politique », observe l’analyste politique russe Fiodor Loukianov, car jusqu’ici « seuls trois pays non arabes » sont impliqués, la Turquie, la Russie et l’Iran.